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III. PLANTES TERRESTRES

Les rares débris de plantes terrestres que nous a conservés la marne ne peuvent nous donner que des notions fort incomplètes sur la flore de cette époque.

Dans le bois carlmnifié, les troncs d’arbres sont abondants, il est vrai, mais les restes de feuilles sont très-rares, et tellement en lambeaux qu’on se demande si elles ne sont pas venues de fort loin, apportées et battues par les flots.

La côte parait donc avoir été déserte; d’autre part, les nombreux Insectes terrestres phytophages (qui se nourrissent exclusivement de végétaux) qui appartiennent aux Coléoptères sylvicoles, feraient conclure à une riche végétation ligneuse. Il serait possible cependant que les forêts aient été éloignées des côtes, et que les Insectes soient parvenus dans la baie par le flottage avec les bois entraînés par les courants.

Les troncs d’arbres proviennent en grande partie de Cycadées, ainsi que le démontrent leur sommet arrondi et émoussé et les grandes écailles dont ils sont recouverts (PI. V, fig. 8-9). Parmi les restes de feuilles retrouvés, on peut reconnaître celles d’un Pterophyllum et d’un Nilssonia (PI. IV, fig. 12, 13, 14; PI. V, fig. 10). A ces Cycadées il faut ajouter deux Conifères. On a découvert un beau rameau de l’Araucarites peregrinus Lindl. sp. (PI. IV, fig. 15); cette espèce ressemble beaucoup à l’Araucaria imbricata, bel arbre du Chili méridional. Les rameaux étaient garnis de feuilles imbriquées, c’est-à-dire se recouvrant les unes les autres ; elles étaient pointues à leur extrémité et pourvues d’une nervure médiane très-forte. L’arbre devait être grand, bien ramifié, et son feuillage d’un vert sombre.

L’autre Conifère, Thuites fallax Hr. (PI. IV, fig. 16) avait des feuilles

LE LIAS EX SUISSE

opposées, comme le Thuya de nos jardins ; elles se terminaient en une sorte de pointe recourbée en dedans, et étaient pourvues aussi d’une nervure médiane.

La forêt était, paralt-il, exclusivement occupée par ces deux Conifères et par les Cycadées.

La végétation herbacée qui couvrait le sol de la forêt, se composait uniquement de Fougères; elles sout figurées PI. IV, fig. 3 à 9. — Il est vrai qu’elles ne nous sont parvenues qu’en lambeaux, et qu’elles ne peuvent être reconnues qu’à leur tissu nerveux. L’une d’elles, le I’hlebopteris polypodioides (l’I. IV, fig. 8), a été retrouvée dans le lias anglais et à Ilalberstadt; elle avait de grandes feuilles ramifiées, et rappelle les Woodwardies de notre époque; une autre, le Camptopteris Nilssoui Stb. (PI. IV, fig. 5), se fait remarquer par son tissu de nervures irrégulières; il avait des feuilles à lobes grossièrement dentelés. C’est l'espèce dont nous avons rassemblé le plus de feuilles éparses.

Parmi les Pecopteris (PI. IV, fig. 4, 6, 7), le I‘. debilis llr. (fig. 4) a des lobes très-étroits, profonds et fort obtus. Le Pecopteris osmundoides llr. (PI. V, fig. (i) ressemble à une espèce vivante (üsmunda regalis L.). Le Sphenopteris Renggeri (PL IV, fig. 3) nous a laissé quelques feuilles, mais plus petites ; elles sont allongées, ovales et crénelées.

Une feuille coriace appartient aux Sagenopteris grncilis Hr. (PI. IV, fig. 9, 6 gross.); elle a l’apparence d'une feuille de Légumineuse, mais ses nervures fines et disposées en treillis indiquent, une Fougère.

Tandis que ces Fougères se cachaient sous l’ombre des forêts, les Prêles et les Roseaux occupaient probablement les rives du fleuve.

Nous avons trouvé des cloisons et des nœuds de l’Equisetum liasinum llr. (PI. IV, fig. 10). Les cloisons sont pourvues de.dents allongées, ponctuées et à pointe émoussée (fig. 10 a); la section des nœuds (fig. 10 c, d) fait reconnaître que la taille de l’espèce liasique devait à peine dépasser celle des Prêles actuelles.

Quant aux Roseaux, on a trouvé un morceau de feuille du Bambusium liasinum llr. dont la l’I. V, fig. 7 donne l’extrémité ; elle est sillonnée

INSECTE» DE SCHAMBELEX.

de nombreuses nervures longitudinales ; entre deux fortes nervures, on en distingue 2 à 4 fines (PI. V, fig. 7, morceau de feuille grossi), ainsi que cela se voit chez notre Phragmite ; mais il manque une nervure médiane plus forte.

Nous avons aussi trouvé de longues tiges cylindriques pourvues de nœuds (PI. V, fig. 7 c) qui ont, je pense, appartenu à la même plante. La substance ligneuse est transformée en charbon, et l’on ne saurait en reconnaître la structure ; cependant, on peut juger que la tige n’était pas creuse, mais qu’elle formait au contraire une masse solide, comme on le voit de nos jours chez quelques Graminées arboiescentes, (elles que la Canne à sucre.

De petits morceaux de feuilles étroites, avec une forte nervure médiane, provenaient probablement d’une Cypéracée (Cyperites protogæus, PI. IV, fig. 18), qui a dû vivre dans les endroits humides et marécageux.

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