POLYPIERS DU JURA
plus remarquables et les plus largement représentées. Nous pouvons les diviser en trois classes principales d'après leur apparence extérieure:
1° les Polypiers gros et à forme de dôme;
2° ceux à forme d’arbrisseau;
3” ceux à forme de coupe.
Les premiers offrent eux-mêmes une grande variété de formes. Les Isastrées à calice de 6 à 7 pans, profond et arrondi en coupe à la base; l’Isastræa helianthoides de Tiidi est représentée PL IX, fig. 7, de grandeur naturelle. L’axe du calice est occupé par un point central (columclle), où convergent les cloisons dentelées partant de la muraille extérieure. Les arêtes qui séparent les différentes chambres, sont tranchantes et d’épaisseur variable. Cette espèce et 8 autres du même genre ont été trouvées dans le Jura.
Les Stylinies, PI. IX, fig. 8 (morceau de la Stylina castellum E. H.), ont des chambres rondes, serrées les unes contre les autres, à bords relevés et à côtes externes nombreuses. L’ensemble du Polypier a l’apparence d’une pelote ronde, irrégulière et de la grosseur de la tête. Les chambres ont un diamètre de 4 millimètres et demi ; au centre, une columelle verruqueuse relie les cloisons. A I’orrentruy, on a découvert 17 espèces de ce genre qui existe encore. Dans cette localité, les Microsolenies sont encore plus communes ; leurs côtes externes sont très-abondantes et étoilées. La M. expansa compose à elle seule des rochers entiers.
Les Méandrines ont une forme qui leur est propre ; elles se distinguent par la disposition méandrine du bord supérieur de la muraille ; la Meandrina rastellina (Dendrogvra rastellina Et. ) est très-répandue à Porrentruy, et souvent une espèce voisine, la M. subrastellina Et., offre des spécimens d’un pied et demi de diamètre.
Dans la deuxième classe : Polypiers à forme d'arbrisseau, le genre des Thecosmilies est le plus riche. Ce sont de gros troncs très-ramifiés, avec branches et rameaux formant des touffes de 10 à 18 pieds de largeur et de longueur. Nous pouvons voir sur la planche (p. 152) le Th. irrcgula-
LA MER JURASSIQUE
ris à branches très-étendues, le Th. crassa Orb. à rameaux élevés, le Th. trichotoma dont les troncs et les rameaux épais [mussent réunis par trois. Une espèce analogue : le Confusastræa dianthus Et. fonne des arbrisseaux bas et munis de gros rameaux (sur la planche, il se trouve devant l'Isastnea et derrière un Ptérocéras). Il y a encore les Cladophyllies, les Rhabdophvllies et les Isocores, qui se ressemblent entre eux. Ils croissent en arbrisseaux avec de longues branches cylindriques qui chez les Isocores font l’effet de buissons.
Les Montlivalties possèdent des formes remarquables; ils ont l’apparence d’un cône renversé, terminé à la partie supérieure par un grand calice rond et muni de nombreuses cloisons (un groupe du M. grandis est représenté dans le coin de droite de la planche).
Nous avons comparé plus haut les bancs de Coralliaires aux forêts; cette comparaison est juste à plus d’un titre. Dans ces bancs ainsi que dans les forêts, beaucoup d’animaux trouvent un gîte et leur pâture. Dans les interstices et entre les troncs et les branches des forêts de Polypiers, les Éponges, les Étoiles de mer, les Oursins et les Mollusques trouvent d’abondantes retraites. Beaucoup y cherchent simplement un abri, tandis que d’autres font leur nourriture des Polypiers eux-mêmes. Les Holothuries, qui habitent en grand nombre les mers tropicales, vivent de Polypiers, qui sont aussi la proie de plusieurs Poissons. Dans l’Océan indien, à travers l’eau transparente, on voit de grandes troupes de Poissons d’un bleu brillant (espèce de Spams) qui, comme un troupeau de Mammifères au pâturage, vont brouter les bancs de Coraux.
Notre mer jurassique réunissait aussi les mêmes animaux, et les bancs de Coraux renfermaient une multitude d’êtres animés. Les Éponges et les Oursins étaient les plus communs ; ils ont joué un grand rôle dans la faune de notre mer jurassique. Entrons dans quelques détails sur leur compte.
Tout le monde connaît les Eponges par l’éponge du commerce ; mais les bas-fonds et la zone moyenne en produisent beaucoup d’espèces qui sont moins connues ; elles ont une grande variété de formes, et tapissent