ÉPONGES
le fond des mers de couleurs magnifiques , variant du bleu sombre au rouge ou au jaune soufré.
Nous ne savons pas au juste si les Éponges de notre mer jurassique étaient ornées de ces couleurs, mais il est permis de le penser. Ce que l’on peut dire, c’est qu’avec la même richesse de formes, elles présentent un nombre considérable d’espèces et se rencontrent dans tous les étages du jura. On en trouve qui ressemblent à des Champignons poreux, à des figues, à des cylindres, à des assiettes, à des coupes; les unes sont ratatinées ou criblées de trous, les autres sont déchiquetées ou en forme de nid avec l'extérieur veiné. Les fig. 62 et 63 représentent deux de ces espèces.
'Fig. liJ. * Fig. 6^{.
Scyphia obliqua. Cnemidium Goldfussi ;
trés-réduit.
Le Cnemidium Goldfussi (fig. 63) de Randen, connu depuis longtemps, a quelquefois */, pied de longueur et de largeur. Le milieu de la cavité circulaire sc resserre en entonnoir, avec un rebord épais d’un pouce. Le Scyphia obliqua (fig. 62), signalé déjà par Wagner. Scheuchzer et Lang, ressemble à une figue pétrifiée.
Ces Eponges en forme de bocal qui vivent encore de nos jours en grande quantité et sont représentées en partie par de très-grandes espèces, sont vides intérieurement ; elles ont l’apparence d’une coupe d’un tissu ressemblant à un nid composé de filaments entrelacés. Chez nos espèces actuelles, l’extérieur est muni de trous et de canaux irréguliers. Douze espèces environ ont été trouvées dans le canton d’Argovie (sur-
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tout près de Birmenstorf) ; dans le nombre il eu est plusieurs qui appartiennent aux genres Tragos. et Spongites, etc.
l/es Oursins étaient également riches en espèces dans notre mer jurassique. Thurmann. rien que dans le jura blanc de l'orrentruy, en a trouvé 75 auxquelles il faut ajouter un grand nombre d’autres des étages plus anciens. Tandis qu’à Schambelen nous n’avons rencontré que deux espèces à fins radioles, les roches calcaires du Jura présentent de nombreuses formes qui se font remarquer par leur grosseur et leurs radioles bizarres.
Les espèces les plus communes sont fournies par le genre Cidaris qui est encore représenté de nos jours et qui peut vivre jusqu’aux plus grandes profondeurs. Elles ont de grands radioles cylindriques, en forme de fuseau ou de massue, munis de radioles secondaires ou de verrues.
Le Cidaris coronnta (PI. IX, fig. 3, 4, '/, gr. nat.) est l’Oursin le plus commun du Lagern et du dura ; il se fait remarquer par sa forme aplatie et par de gros tubercules peu nombreux : il a des radioles pédoncules et d’un ovale allongé (fig. 3).
Le Cidaris Blumenbachii Ag. Des. (C. Horigemma Pli.) est très-répandu dans le calcaire corallien ; il est figuré dans le coin droit de la planche. L’Hemicidaris crenularis Ag. (PL IX, fig. 6, */* gr. nat.) est encore plus remarquable par ses radioles exceptionnellement grands, et en forme de massue, on rencontre fréquemment les radioles de ces deux espèces dans le jura blanc d’Argovie, de Soleure et de Neuchâtel, mais on peut rarement se les procurer fixés encore au test.
Le Rhabdocidaris nobilis Munst. (PI. IX. fig. 1, ’/, gr. nat.) de Randen en a de plus grands encore (quelquefois '/, pied de long), qui portent de forts radioles secondaires. Chez les autres Oursins du Jura, les radioles manquent; les tests sont seulement garnis de verrues; ainsi les genres Clypeus (Cl. sinuatus, PL IX, fig. 2, */> gr. nat.) et Pygurus, dont on a retrouvé de remarquables spécimens, et qui sont limités au jura et à la craie. Il faut ajouter aussi le genre Holectypus (Holectypus depressus Lcsk. sp., auparavant Discoidea); il se rencontre si fréquem-