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FLORE DES ILES JUKASSIQUES

plus larges; de là, elles vont se rétrécissant. La fig. 95 donne seulement un morceau d’une feuille plus petite, mais appartenant à la même espèce, le Zaïnites Renevieri.

Ces localités du canton de Vaud étaient donc terre ferme à l’époque du jura supérieur, ainsi que le prouve un banc de houille qui, de là, s’étend à VVimmis, non loin du lac de Tlioune, à l’extrémité nord du Gastlose, près de Jaun, sur les deux côtés de Klus et sur les pentes du llolzersfluh, près de Wcissenburg, Erlenbach et Wimmis. Les charbons ne peuvent provenir que de plantes terrestres; il a donc fallu une terre ferme pour les produire ; on trouve, il est vrai, des animaux marins dans ces endroits, mais il ne faut pas oublier que nous avons devant nous un pays de côtes. Les animaux sont les mêmes que ceux du jura blanc supérieur tportlandien) ; les plantes que nous avons décrites sont également très-caractéristiques du jura blanc supérieur. La même Fougère a été retrouvée dans le jura blanc de la Souabe (à Nusplingen) et dans la haute Italie (à Rozzo j ; elle appartient à un genre qui forme un type spécial des terrains jurassiques. Nous pourrions ajouter à ces plantes terrestres une Equisétacée : l'Equisetum veronense Zign. ? dont on a découvert quelques courtes tiges dans les argiles à Opalinus de Iletznau et de Mois, mais dont la détermination n’est pas parfaitement certaine; trois Cycadées, dont une espèce : le Zamites feneonis, a été signalée ailleurs, dans le jura blanc ; toutes appartiennent au genre Zamites qui a occupé une place importante dans la flore jurassique.

Si nous pénétrons dans les pays voisins qui ont conservé des plantes terrestres, nous en trouvons près de Nusplingen eu Wurtemberg, dans le nord de la Bavière dans le fameux gisement de pierres calcaires lithographiques de Solenhofeu, en Angleterre dans le Yorkshire, et dans l’ile de I’ortland, en Italie, dans le Itozzo véronais. En Angleterre comme eu Italie, il y avait de nombreuses Cycadées dont la forme est analogue à celle des Zamites du sud de l’Afrique, et qui caractérisent la flore de ces pays. Avec elles apparaissent quelques Conifères : une espèce de Pin, plusieurs Araucariens et une forme d’arbre qui rappelle le genre austra-

LA MER JURASSIQUE

lien Arthrotaxis (Arthrotaxites). On a rencontré à Solenhofen et à Nusplingen, de nombreux rameaux de ce dernier couverts de feuilles squammiformes; cet arbre était donc commun dans les forêts de ces contrées.

Si nous comparons maintenant la flore de cette époque avec celle du lias, nous trouverons entre elles plusieurs liens de parenté, quoique les espèces en soient bien distinctes. Les arbres feuillus n’apparaissent pas encore ; les Lycopodiacées arborescentes aussi bien que la plupart des Equisétacées ligneuses, si communes aux époques carbonifère et keupérienne, ont disparu pour faire place à la végétation ligneuse gymnosperme dont les formes vivent maintenant dans l’hémisphère sud.

Ainsi que les lies madréporiques actuelles des mers du sud, nos lies de la mer jurassique avaient une flore très-pauvre. Quant à leur faune, on ne connaît jusqu’à présent que quelques Amphibies ; par contre, les calcaires schisteux lithograplfrques de Solenhofen et le jura anglais nous ont transmis un nombre remarquable d’espèces. A cette époque, de grands Orthoptères sautaient sur le sol ; des Libellules géantes se balançaient dans les airs et quelques Termites construisaient leurs nids de terre*; il y avait également un nombre considérable de Myriapodes et

* J’en ai vu dans le Musée de Harlem deux espèces (dont l'une très-grosse et belle), provenant de Solenhofen et une autre dans celui de Munich, inscrite à tort sous le nom de Tineites lithophilus. I^e Dr Hagen a fait connaître récemment une espèce parente des espèces tropicales, mais plus grosse que tous les Termites vivants (Termes héros Hag.). Ce même savant a fait des recherches consciencieuses sur les Névroptères de Solenhofen : il en a décrit 37 espèces dont 57 appartiennent aux Libellules. Elles représentent en partie des genres éteints, et en partie aussi des genres vivant actuellement en Amérique et dans la Nouvelle- Hollande (Petalia, Petalura et Phenes). Quelques espèces atteignent une taille considérable, car leurs ailes ont une envergure de 15 à 50 centimètres. Les Ephémères et les Pcrlaria sont représentés par des espèces trèsremarquables, et des genres (Chrysopa et Nymphes) qui ne se rencontrent maintenant que dans l’hémisphère austral. Les Orthoptères ont donné quelques Blattes et quelques Mantes énormes ; les Hémiptères, de grandes Bélostoma, des Nèpes et une Punaise de bois qui a presque deux pouces de long.

En Angleterre, on a trouvé des Insectes à Stonesfield, près d’Oxford et dans le purbeck (entre le jura et la craie). Ce sont des Blattes, des Sauterelles, des Termites, des Libellules et de nombreux Coléoptères, parmi lesquels la famille des Buprestes est la plus riche ; de plus, des Punaises d'eau et de bois, de nombreuses Cicadelles, quelques

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