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TRANSFORMATIONS DE LA FAUNE TENDANT LE CRÉTACÉ

tout à coup avec le néocomien, et que pendant la formation urgonienne il n’y en eût plus trace sur la terre; en effet, nous la retrouvons dans les gisements aptiens avec d’autres espèces, mais qui, d’après M. l’ictet (du moins pour Sainte-Croix), s’écartent beaucoup de celles du néocomien avec lesquelles aucune n’est homologue. Du reste, les Céphalopodes seuls font défaut dans cet étage ; car les Bivalves, las Univalves, les Oursins, les Poissons ne manquent ni dans les Alpes, ni dans le Jura. Il ne se produisit par conséqnent, à cette époque, aucune circonstance contraire à la vie animale qui puisse justifier cette disparition*.

Dans l’aptien, les Céphalopodes ne sont pas abondants : ils revêtent cependant des formes variées. Ce sont das Ammonites, des Nautiles et des Belemnites qui, pour la plupart, s’arrêtent à cet étage, et dont quelques espèces seulement persistent dans le gault. Ce dernier étage est riche en fossiles et se divise à Sainte-Croix en trois sous-étages : l’inférieur, le moyen et le gault supérieur. L’inférieur et le moyen ont plus d’espèces en commun que le moyen et le supérieur ; ce dernier est trèsremarquable par la richesse extraordinaire des formes qu’il renferme. Sur 40 espèces de Céphalopodes, la plupart s’y rencontrent ; les genres Anisoceras et Scaphites y apparaissent pour la première fois ; mais les espèces des genres Hamites, Ptychoceras et Baculites du gault moyen sont modifiées en partie dans le supérieur. Sur 18 espèces d’ Ammonites, deux se trouvent déjà dans le gault moyen : A. latidorsatus et A. Raulinianus ; tandis que la plupart des Belemnites et des Nautiles sont répandus dans les trois sous-étages. Nous voyons par là qu’à Sainte-Croix, durant le Gault, plusieurs espèces sont survenues, d’autres se sont éteintes ou modifiées pour laisser leur place aux suivantes ; il y eut ainsi un renouvellement continu des formes.

* U est remarquable que les Céphalopodes manquent justement dans les gisements où l'on ne rencontre pas de grains cloritiques. L'eau de la mer dut donc avoir d'autres propriétés pendant le néocomien et le gault que pendant la formation du schrattenkalk. Dans le seewerkalk oii les grains verts manquent également, les Ammonites sont rares. On pourrait peut-être expliquer ce fait remarquable par une composition spéciale de l'eau de mer.

• L’ÉPOQUE CRÉTACÉE

Le cénomanien clôt, à Sainte-Croix, la série des formations crétacées. Il renferme des espèces toutes différentes de celles du gault et môme du gault supérieur. Le nombre des espèces y devient très-restreint, et c’est dans cet étage que disparaissent progressivement et totalement les Ammonites et les Belemnites ; on ne les retrouve plus dans les étages supérieurs de la craie ; ils ont disparu pour toujours de la scène de la vie.

A Sainte-Croix, ainsi que dans tout le Jura, ce sous-étage constitue l’étage supérieur du terrain crétacé. Dans le nord de la France, au contraire, il y a encore 3 étages supérieurs : le Turonien puriteukaUc), le Sénonien (ou Craie blanche) et le Danicn. On ne sait pas encore au juste si le seewerkalk se rapporte à un ou plusieurs de ces étages. Il est probable que, pendant les derniers temps de l’époque crétacée, un bras de mer aura occupé ces parages et y aura laissé ces dépôts ; on arrivera probablement avec le temps à résoudre cette question.

Cette rapide inspection du développement de la faune, telle que nous l’ont conservée les gisements de Sainte-Croix, nous apprend que chaque étage possède non-seulement un mélange spécial d’espèces, mais une collection de formes qui lui est propre. Chaque étage renferme une faune particulière qui a, il est vrai, des points de ressemblance avec celles des étages voisins, mais sans se fondre insensiblement avec elles. Si nous comparons l’ordre de succession des espèces de Sainte-Croix avec celui d’autres localités de notre mer crétacée, nous distinguerons bien en général un développement analogue ; cependant, le mélange des espèces l’a modifié dans plus d'une localité et le passage d’un étage à l’autre est plus sensible.

C’est ainsi qu’à la Perte-du-Rhône l’aptien et le gault ont plus d'espèces en commun qu’à Sainte-Croix. Dans ce dernier endroit, la faune du gault supérieur est différente, pour toutes les espèces, de celle du cénomanien ; tandis qu’on remarque au Col de Cheville, au pied des Diablerets, dans le canton de Vaud, un étonnant mélange des espèces de

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