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FAUNE CRÉTACÉE

de l’autre ; elles sont guillochées de cercles concentriques très-rapprochés. Lorsqu’elles sont un peu polies, elles présentent, principalement sur les bonis de la face concave, des stries en forme de rayons (fig. 1 15 c). La face convexe est garnie de pores qui sont, eux aussi, distribués en cercles concentriques et disposés en rayons arqués partant d’un bord et aboutissant au bord opposé en se croisant mutuellement (fig. 115 b). L’Orbitolina lenticularis Blum. sp. (fig. 115 a) se rencontre dans un banc marneux brun-jaunâtre appartenant à l’aptien de la Perte-du- Rhône, où elle forme une couche de '/, à 1 pied ; elle apparaît aussi à la IYesta (Val-Travers), à Sainte-Croix et dans les Alpes vaudoises; nous en trouvons en grande quantité dans l’urgonien des cantons d’Appenzell et de Claris. C’est donc une espèce caractéristique de cette époque, et facile à reconnaître.

Les Madrépores, qui jouèrent un rôle si important dans la mer jurassique, se retrouvent en partie avec les mêmes genres (Astræa, Lithodendron). mais nous ne connaissons pas de bancs de Coraux de quelque importance provenant de l’époque crétacée ; nous trouvons il est vrai sur la Kaserenalp, dans le canton de Schwytz, sur la Meglisap, Oehrli et Siegelalp, dans le canton d’Appenzell,des colonies plus ou moins grandes de Coralliaires, mais nulle part ils ne forment des roches considérables; ils disparaissent complètement du crétacé du Jura, quoique les bas-fonds de ces localités semblent avoir dû leur être favorables.

Les Eponges marines, en revanche, sont abondantes ; ainsi de Loriol en a décrit 31 espèces du néocomien du Salève ; elles appartiennent à 16 genres.

Les Crinoïdes sont beaucoup plus rares que dans les mers antérieures ; on peut citer les Pentacrinites, dont une espèce : le P. cretaceus Leym. a été trouvée dans le canton d’Appenzell.

Les Oursins sont beaucoup plus importants pour la faune marine crétacée que pour les précédentes ; on en a trouvé de nombreuses formes ; quelques étages sont même caractérisés par les espèces qu’on y rencontre.

Les Cidaris, que nous avons déjà appris à connaître (page 161) n’ap-

L’ÉPOQUE CRÉTACÉE

paraissent pas en quantité aussi considérable que dans la mer jurassique, mais ils ont encore une grande richesse de formes, et présentent une diversité remarquable dans leurs radioles lisses, verruqueux ou striés, en massue, en fuseau ou pyriformes. Ces Cidaris ue sont cependant qu’une suite des formes de l’éi>oque jurassique, tandis que les Spatangen présentent une série nouvelle et qui caractérise spécialement la faune des Oursins de cette époque, la? test est mince et sillonné par une dépression profonde en forme de rigole, qui lui donne l’apparence d'un cœur. L’un des cinq champs ambulacraircs occupe la rigole; mais il est très-souvent rudimentaire. La bouche sans dents est excentrique. Le genre le plus important de notre faune est le Toxaster, spécial à la craie ; il se distingue de tous les autres par ses champs ambulacraires arqués. Le Toxaster Brunneri Mer. (fig. 1 IG a, b) est commun dans le néocomien supérieur de nos Alpes ; sur les pentes rocheuses du Drusberg (canton de Schwytz) il y a des armées entières de cet animal marin ; il gît en grand nombre aux Kurfürsten (entre llrisi et Frumsel ) et au Sentis. Le Toxaster sentisianus Des. présente une aire analogue ; M. Escher de la Linth l’a rencontré au Sentis, aux Firenbiinder et au Gliirnisch dans une couche inférieure au néocomien ; il se trouve également en grande quantité dans le valangien, au pied du Pilate.

Le Toxaster complanatus Ag., proche parent du précédent, apparaît dans le néocomien de la zone jurassienne ; il ne manque pas dans les Alpes, et M. le professeur Desor l’a rencontré au pied du Pilate, dans le canton d’Unterwald; il fréquentait aussi la baie méditerranéenne, ainsi que la mer Gallo-britannique (on en connaît du nord de la France, de l’Angleterre et de l'Allemagne); il possédait ainsi une area très-étendue.

Le Toxaster oblongus Del. sp. était également très-répandu dans l’aptien; mais le Toxaster Couloni Ag. et T. granosus Orb. avaient un canton très-restreint et ne fréquentaient que les côtes jurassiennes de notre mer.

Un genre voisin, Micraster, donnait le M. polygonus Ag. dont l’area était la même que celle du précédent, tandis que le M. cor anguinuin

OURSINS l)U LA CRAIE.

Fig. 117. Fig. 116b.

Fig. 116 a.

Fis. 116. Toxaster Brunneri Mor. — Fig. 117. Ananchytes ovata Laoi.

Lain. sp. se rencontre dans le seewefkalk du Sentis et d’Untenvald, ainsi que dans la craie blanche du sud et du nord de l’Europe. L’Holaster subglobosus Lesk. sp. est très-commun dans le terrain crétacé supérieur; l’H. L’Hardyi dans 1e néocomien; l’H. lævis Del. sp. au contraire est restreint au gault de la zone jurassienne.

Nous ferons, à propos des Oursins, la même observation qu’au sujet des Céphalopodes, à savoir : que beaucoup d’espèces appartiennent exclusivement aux côtes sud de notre mer crétacée, et d’autres exclusivement aux côtes nord, tandis que d’autres, communs aux deux côtes, s’avançaient jusque dans la Méditerranée ; plusieurs avaient en même temps pour patrie l’Allemagne, l’Angleterre et la France et habitaient toutes les mers européennes. Les Oursins apparaissent aussi à des époques déterminées, et chaque étage a ses espèces propres, comme nous l’avons vu plus haut. Quelques genres ne se voient que dans un étage spécial de la craie, ainsi les Stenonia, Otïaster, Pilula et Ananchytes n’ap-

L’Kl’OylE CKÊTACÉE.

partiemicnt qu’à la craie supérieure, et surtout l’Anauchytes ovata Lam. (fig. 117), Oursin très-caractéristique et qui peut servir de guide; ou le trouve dans le seewerkalk d’Unterwald, de Calanda et des Fàhnern; il se rencontre en Europe presque partout où il y a de la craie blanche. Les Ananchytes sont de grands Oursins dont tous les champs ambulacraires ne sont pas réunis en forme de pétale comme ceux des autres Oursins cordiformes.

De même que pendant l’époque jurassique, les Mollusques forment encore ici le contingent le plus important de la population de notre mer crétacée. Le tableau (page 217) démontre que les Céphalopodes crétacés rivalisent par le nombre de leurs espèces avec ceux de l'époque jurassique; si les Ammonites n’atteignent pas le même chitfrc, les Nautiles en revanche sont devenus plus nombreux; avec les Turrilitcs, Baculites, l’tychoceras et les Hamites apparaissent des genres entièrement nouveaux. Les nombreuses formes de ce groupe à coquilles droites, recourbées ou enroulées seulement à leur extrémité caractérisent en général l’époque crétacée. Cette famille possédait déjà dans la mer jurassique une remarquable richesse de formes ; cette modification des genres continue pendant la période crétacée et de nouveaux types viennent même s’y ajouter. L’ Ammonite n’est plus seulement enroulée en spirale sur un même plan, type que nous avons vu dans le jura ; elle prend dans le crétacé l’aspect de cornes, de bâtons, elle s’enroule en vis ou à la façon des Escargots. Ainsi donc, avant de disparaître pour toujours des faunes vivantes, ce remarquable type de Mollusque possédait encore une grande variété de formes.

La famille des Calmars est plus commune dans la zone alpine que dans la jurassienne, du moins toutes les espèces observées jusqu’à présent dans la dernière l’ont été dans la première, la plupart aussi dans le bassin méditerranéen. L’espèce la plus fréquente est la Belemnites pistilliformis Bl. qui caractérise le néocomien.

La famille des Nautilides nous a transmis 21 espèces, en partie à coquilles lisses, comme nous les connaissons déjà, en partie aussi à coquil-

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