EF
L’empire n’avait plus besoin de grandir davantage : ayant enfin gagné une suite ininterrompue de frontières naturelles, constituées par la mer, de puissants fleuves ou le désert, il était sage de s’y tenir. C’est ce qui ressort du célèbre testament (2), conservé dans sa copie d’Ancyre, où, tout en retraçant la série complète de ses succès, Auguste s’efforce à prendre figure de pacificateur plutôt que deconquérant. Personne cependant, répétons-le, n’a étendu commeluile territoire soumis, malgré sa renonciation tardive à toute la Germanie entre le Rhin et
() LIII, p. 75.
(2) E. KoRNEMANN, X XIII, XV (1917), p. 214 et suiv. Rapprocher les frazments retrouvés de la copie d’Antioche de Pisidie : David M. ROBINSON, 7e Deeds of Auguslus [extr. de l American Journal of Philology, XLVII (1926)].
l’Elbe. L'empire, ce fut la paix, mais pour finir, et un peu par force. On dirait que le fondateur du régime nouveau, très préoccupé de sa gloire individuelle, n’ait voulu abandonner à ses successeurs qu’une tâche moins retentissante de pure et simple conservation.
Il ne fut pas en tout l’héritier de César : il eut à cœur de maintenir la pureté inviolée et la suprématie de la race italienne ; aussi n’octroya-t-il qu'avec beaucoup de parcimonie la cité romaine aux provinciaux, et il prit des mesures pour éviter l’abus des affranchissements en masse. Il tint du moins à connaître exactement les ressources du monde romain et le nombre de ses sujets ; d’où la création du recensement, dont la périodicité était prévue; il ne faisait en cela que suivre Pexemple des Lagides, qui y avaient trouvé un instrument parfait de fiscalité.