‹ LE MONDE ROMAINChapitre 29 sur 91 · CXCVIII · texte numérisé non relu

CXCVIII

(2) Cf. H. FerTiG, Spanien, Land und Leute in dem letzien Jahrhundert vor Christus, Bamberg, 1902.

(3) XLVII, VIII, col. 2026 et suiv.

s L’'ESPAGNE 175

resque est signalé très anciennement chez les Ibères ; ils étaient hospitaliers, fidèles à leur parole, dociles au chef accepté, sensibles aux procédés courtois et, quoique prêts à exposer leurs vies, ménagers de celles des autres; les traits de cruauté

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MAURÉTANTES

Carte IT. — L'Espagne romaine.

n’abondent pas dans leur histoire. Très individualistes, ils respectaient la liberté d’autrui ; il n’y eut jamais beaucoup d’esclaves en Espagne. L’intelligence avait plus de prestesse que de pénétration ; l’imagination était vive, mais gâtée par une pente à l’emphase et au langage précieux. Au total, une tendance à se replier sur soi-même et à repousser l'influence étrangère. Le mot de patriotisme prend même à l’égard des Ibères

un sens étroit; ils bornaient leur regard à une très petite patrie (1), le clan auquel ils appartenaient. Et, destinés par là à ne former que de menus groupes sous les armes, ils étaient moins habiles à la bataille rangée qu’aux rapides chevauchées, à la guerre de surprises, ce que l’on nomme aujourd’hui d’un nom de là-bas la guerilla, à laquelle les femmes elles-mêmes étaient capables de prendre part (2).

Il fallut à Rome deux cents ans (218-19) pour s’assurer la possession paisible de cette contrée, alors que, pour la Gaule, sept ans devaient suffire. Est-ce donc que les Ibères montrèrent des qualités supérieures à celles des Gaulois? Les généraux qui commandèrent en Espagne n’étaient pas tous des incapables, le nom de Scipion n’y fut pas amoindri, et six chefs d’armée, en quinze années seulement, obtinrent sur les Ibères le triomphe, qu’on ne décernait pas complaisamment. Mais il y avait en Gaule de larges groupements; vis-à-vis d'eux une opération ou une négociation conduisaient à des résultats d'importance. En Espagne, au milieu d’une poussière de clans, sur un terrain partout accidenté, à quise prendre P où obtenir une décision ?P D’ailleurs les troupes engagées n’atteignaient point aux effectifs dont César disposa en Gaule.

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