VIII AVANT-PROPOS
Et précisément lesujet véritable de ce livre, cen’estpas Rome, c’est l’orbis romanus. Les deux tiers du volume sont consacrés à le décrire dans la diversité de ses aspects. Vaste el difficile entreprise que, depuis quelque cinquante ans, depuis Mommsen, personne n'avait abordée. V. Chapot a disposé, pour écrire ces pages, d’une documentation enrichie, mais éparse, et qu’il a su habilement mettre en œuvre. Il a fait un tableau à la fois plus sobre et plus complet, et sur certains pornts plus exact, que celui de lhistorien allemand, un tableau dont l’intérét est aussi vif que l'importance en est grande.
A peu près dans l’ordre de la conquête, on voyage à sa suite à travers cel empire « immense et composile ». Pour chaque région, on est renseigné sur la durée et les grands épisodes de la résistance opposée à Rome (il y en eut de farouches (1), et parfois, pour iriompher, Rome recourut à des procédés impitoyables ou déloyaux) : sur les caractères du pays, au point de vue ethnique et géographique (en ce qui concerne l’influence du sol, le rôle du climat, les « possibililés » économiques, notre tome IV trouve ici d’intéressantes confirmations); sur les divisions gouvernementales, sur les modes d'administration et d'exploitation (nous avons noté déjà l’opportune souplesse qui les rend extrêmement variables). — On constate l’ample développement de ce réseau de routes el de canaux qui resserrait les rapporis des peuples et facilitait entre eux le commerce, mais qui était destiné surtout à assurer le salut de la métropole, à faire du monde le magasin de Rome eï de Rome le marché du monde (2), Rome
(1) Viriathé, les Numantins, Vercingétorix, Hermann, Tacfarinas, le Décébale,. :
(2) Voir sur ce point L. Homo, l'Empire romain, pp. 804, 306.