‹ LE MONDE ROMAINChapitre 54 sur 91 · BLEMMYES · texte numérisé non relu

BLEMMYES

NUBAE .

DODÉKHMASCHOENE Hiéra SykaMminos Premis

É/THIOPIE

Carte VI. — L'Egypte romaine,

‘résidence habituelle de certains fonctionnaires. Le nome Arsinoîïte (1), très vaste, et qui, situé dans le Fayoum, avait une grande importance économique, se subdivisait en trois pariies, wepües ; lui à part, tout nome n’avait qu’un stratège. Pourtant tous n’étaient pas de même étendue, car chacun se divisait en téra:, {oparchies, deux habituellement : l’inférieure et la supérieure (à ävw, ÿ xärw), parfois trois, avec une intermédiaire (ñ uéon), ou même davantage — dans l’Arsinoïte par exemple.

Le fractionnement du territoire s’arrêtait ensuite aux diverses agglomérations qui le couvraient en nombre énorme [30 000 suivant Diodore (2), qui visita l'Égypte en 60 av. J.-C.]. D'ailleurs, au temps de l’historien Josèphe, sept millions et demi de gens payaient la capitation, à laquelle échappaient les Grecs et les Romains; d’où un total de huit à neuf millions d'habitants sur une surface restreinte : une masse grouillante, répartie entre une nuée de petits bourgs de quelques centaines d’âmes, comparables aux villages modernes de fellahs, sauf que cette densité ne se retrouve plus dans l'Égypte d’aujourd’hui.

De villes, fort peu à Pépoque romaine, si nous songeons à la cité (rôkK), avec ses rouages qui en font un État en miniature. C’est la seule contrée où les Romains n’aient point eu le désir, aient même évité de développer la « vie municipale ». Un régime tout différent avait assuré la prospérité du pays au temps des Pharaons ; les Lagides y étaient restés fidèles ; Rome les imita, maintint sans plus les trois réhex antérieures, Alexandrie, Ptolémaïs, Naucratis, jusqu’au jour où Hadrien, pour honorer son favori noyé dans le Nil, fonda en 130, vers le lieu où l’éphèbe avait disparu, Antinoé ou Antinooupolis. 4

Toutes les autres localités n’étaient, en droit, que des vil.

(1) V. MARTIN, V, VI (1913), p. 137-175.

(2) Diop. Sic., I, 31,7.

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lages (1) (xGux), sans personnalité juridique ni biens communaux avant le 1° siècle, entités administratives fondées uniquement sur le lien obligatoire établi par la loi entre tous ceux qui avaient même lieu de naissance. On s’efforçait d’ailleurs de réaliser un certain équilibre entre les populations rurales des diverses xGuu, en transférant au besoin les paysans d’une xéurn dans une autre (1). Quant aux métropoles, la finale de leur titre ne doit pas faire illusion : le mot xwuérolc, dont use Strabon, en indique l’insignifiance. Elle s’ajoutait notamment à un nom divin, à titre honorifique (Crocodilopolis, Hermoupolis, Nilopolis). Toutefois la métropole du nome jouissait d’une situation de fait bien plus relevée que les autres villages. Outre sa population supérieure, qui avait conduit à une division en quartiers (2) (äuooè«x, avec des amphodarques), elle avait, à défaut d’assemblées délibérantes, des magistrats locaux, et des services impériaux s’y trouvaient réunis.

Les limites de l'Égypte romaine ne se prêtent qu’à une détermination approximative. Du côté asiatique, elle finissait vers Rhinocolura (El-Arish). A l'Ouest, elle comprenait encore, un peu nominalement, les nomes de Libye et de Marmarique, dont la population devait être clairsemée et mal fixée au sol; aucun des deux ne participait aux bienfaits de l’inondation. Les oasis du désert avaient le même caractère de simples annexes; la domination romaine s’étendait, comme la grecque, aux carrières arabiques à Est du Nil et aux ports disséminés sur la rive africaine de la mer Érythrée : Arsinoé, Myos Hormos, le Port blanc (Asuxdc Aurv), Béréniké. Au Sud, la délimitation put d’autant mieux varier qu’il n’y eut jamais de lîmes égyptien ; cette bande frontière, réseau de routes et de postes, pouvaitelle se borner à la zone cultivable, si resserrée dans la région des cataractes P et où l’arrêter au delà P

(1) CXL, p. 91 etsuiv., 208 et suiv. — (2) CXC, p. 212. (3) Voir, à titre d'exemple : Hermann RINK, S/rassen und Vierlelnamen von

Oxyrhynchus, Diss, Giessen, 1924.

Nous avons vu que les Romains s’en tinrent d’abord à un protectorat sur la partie de la Nubie voisine de leur frontière de Thébaïde, mais que les entreprises des indigènes imposèrent un autre parti. On annexa donc la région des douze schœnes (Awdexkoyovos)ou cent vingt stades, de Syène à Hiéra Sykaminos (Maharrakah). Même, un moment, à la fin du n° siècle, Prémis (Ibrim) fut occupé ; fort en amont de l’ancienne Nubie, il s’est retrouvé un édifice fortifié remontant à Septime-Sévère, —. ambitions sans lendemain. — La Basse-Nubie, semble-t-il, n’eutmême pas un sort distinct ; elle fut simplement rattachée au nome le plus méridional. Quand Dioclétien confia aux Nobades la mission rétribuée dont nous avons parlé, il abandonna le Dodékaschæne et reporta la frontière plus au Nord (1).

Cet empereur ne sectionna guère l'Égypte ; il en sépara seulement la Libye Inférieure, unie dans le même diocèse à la Supérieure (ancienne Cyrénaïque); la Thébaïde commença désormais un peu plus au Sud, et le reste, vallée et Delta, fut divisé en deux gouvernements selon une ligne Nord-Sud: Égypte proprementditeàl’Ouest, Herculienne du côté de l'Asie. Selon d’autres, ces provinces nouvelles se confondaient avec les anciennes épistratégies (2). Puis, en 341, se détache PAugustamnique à l’Est. Une province séparée (Arcadie) est constituée en 386 par le Fayoum. Et bientôt Thébaïde et Augustamnique se subdivisent, comme le Delta, qui va comprendre Égypte I et Égypte II. Mais cela nous mène à l’ère byzantine (3).

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