AVANT-PROPOS XI
Rome, cela va sans dire, a laissé l’empreinte la plus profonde : Italie, Espagne, Gaule, Roumante. — L'Italie est le prolongement de Rome; pourtant « la vie régionale suivit son cours nalurel, tendit vers un particularisme qui était dans la logique des choses, car celle contrée toute en longueur, quoique aujourd'hut politiquement unie, présenie toujours, du Nord au Sud, des différences qui n’échappent méme pas aux observateurs superficiels (1) ». — En Dacre, la romanisation s’est faite par l’armée; et, s’il subsiste là une « Roumanie », il semble que ce soit par la fixation de l’élément romain (2). — En Espagne, après des luttes acharnées, la romanisation a été assez efficace pour que la métropole ait reçu de celte province des souverains et des liiérateurs. La plupart, il est vrai, élarent de famille immigrée. Ce sont les rois barbares et l’Église qui ont contribué à mainienir la langue et certaines instilulions romaines : « Rome n'avait même pas réalisé l’unité de l’Espagne, dépourvue d'institutions communes, de iout centre moral; comment s’en élonner quand, aujourd’hui encore, dans celte pérunsule, scindée en deux royaumes, — dont le plus grand miné par le régionalisme, — subsistent loules les cloisons que la nature a élevées (3) P »
Par contre, Rome a réalisé l’unité gauloise : elle a eu sur les institutions, sur la culture et l’industrie, sur la religion, l’instruclion, le goût des Gaulois, une influence réelle et profonde, — élayée, au surplus, dans le Midi, sur l’hellénisme. D'’esprit vif, de parole facile, ambitieux, estimés de César et trailés par lui humainement, les Gaulois se sont soumis à Rome sans trop de peine, mais en cherchant et en réussissant à prendre une large place dans l’Empire. Et c’est un Gaulois, ancien maître des offices et préfet de Rome, Rutilius Namalianus, qui, au V° siècle, clôt la littérature latine profane par un des plus éclatants éloges que Rome ait inspirés :