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On les a signalées depuis longtemps, et les études les plus récentes (1) ont pu seulement accumuler les exemples, les preuves; iln’y avait plus guère de pièce nouvelle à introduire dans un dossier terriblement chargé. L’empire s’est tué luimême, lentement ; son affaiblissement interne (2) a précédé celui de ses frontières ; et il n’en pouvait être différemment, puisqu'il représentait la plus grande force du monde;ilne devait périr que de ses plaies.
Rome est partie d’une visée de lucre : à toute époque cette conviction s’est fait jour qu’un groupe restreint devait asservir les autres, profiter de leur travail et de leurs biens. L’Urbs primitive a d’abord méprisé la banlieue, puis la ville agrandie a traité en inférieure la péninsule ; à celle-ci enfin il a fallu des privilèges sur les autres territoires. Chaque conquête, conçue comme une entreprise à bénéfices, devait s’exécuter aux moindres frais ; en conséquence, Rome a poussé jusqu’à l’absurde le principe de l’économie des moyens (3); les facilités grandes rencontrées dans la soumission d’un Orient
(1) CIIT: CCI; LXIV, p.236-29:;CXXXIV, p. 330-392 ; XVII, LXXXIV (1900), p. 1 et suiv.; CXC bis, p. 478-487.
(2) Cf. le tome XVIII.
(3) C’est même sur la faiblesse des effectifs que s’appuie PAIS, CLXXITI, p. 55-98, pour affirmer le caractère défensif de l’impérialisme romain,
abâtardi étaient pour l’encourager dans l’emploi continu d’une semblable méthode, insuffisante en quelques cas. Tout l’effort militaire de l’État ne se prononçait pasforcément dans un sens unique; il menait simultanément diverses opérations dont plus d’une aurait pu être ajournée. On évitera toute comparaison avec les énormes effectifs engagés dans la récente guerre européenne ; mais le système trivialement dit « des petits paquets» fut encore de règle sous l’Empire, malgré d'immenses ressources. Les plus gros contingents ont été réunis lorsque deux prétendants se disputaient le pouvoir; les puissantes armées sont avant tout celles des guerres civiles; pour les luttes au dehors, on se contente de forces plus réduites. Le type de ces expéditions, ambitieuses par les visées, hésitantes par la mise en œuvre, est celle qui sous Auguste fut lancée contre la Germanie. La même faute fut commise chaque fois qu’on marcha vers la Perse, pour uné riposte ou une attaque. Ainsi avortèrent des plans, dont le succès, du reste, n’eût fait que provoquer de nouvelles complications.
Quant aux raisons profondes qui peu à peu arrachèrent à Rome ses conquêtes, elles sont d’ordre divers; nous rappellerons en peu de mots celles qui doivent être ailleurs (1) l’objet d’un commentaire plus étendu.
Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes est une notion moderne, récente, qui n’effleura jamais l’esprit des anciens. On ne s’étonnera donc pas d’une certaine facilité à se soumettre, au moins chez les nations les plus évoluées, mais qui a pour corollaire une fidélité molle, résignée plus qu’active, une tendance à compter sur le pouvoir souverain, qui doit être partout présent. L'empire est fondé sur la suprématie de la race latine, qui ne forme qu’une faible part de la population totale. Le droit de cité romaine a pu être distribué avec une libéralité croissante ; il n’a fait en province, hors quelques
() T. XVIII et XXXI.
cercles de notables, que des assimilés incomplets, qui respectent l'empire, ne songent point à s’en détacher en masse (1), mais ne vont pas envers lui jusqu’au véritable dévouement. I] n’y a eu dans les divers gouvernements aucune grande poussée insurrectionnelle collective et générale, mais les essais de séparatisme individuels, les coups d’audace de quelque ambitieux ont rencontré souvent de larges complaisances, dès qu’ils semblaient en voie de réussir. D’ailleurs, tout prétendant ne se posait-il pas en champion de la cause romaine P Les Césars sont des dieux, mais sans généalogie; quiconque prend le pouvoir en deviendra un à son tour ; nul sceau ne l’a marqué par avance. Il n’y a, pour la transmission du titre d’Auguste, aucune règle fixe et constitutionnelle ; on l’obtient par la victoire sur ses rivaux, et le Sénat se borne à ratifier la décision des armes. Cette vérité redoutable se manifeste dès le premier siècle du principat, qui ne fait en cela que continuer la dictature militaire.
La population italienne, nous l’avons dit, n’a pas vu que la gloire dans la domination du monde ; elle s’est proposé pour fin le bien-vivre, et ce besoin d’existence large, de luxe raffiné, a eu des conséquences comme il en produit encore aujourd’hui : les richesses comptent bien moins lorsqu’elles se divisent ; de là une réduction, instinctive ou systématique, de la descendance ; une dépopulation toujours aggravée a sévi sur l’Italie à la fin de la République, et jusqu’au bout s’est
prolongée, en dépit de toutesles mesures prises pour l’enrayer;
le centre de l’empire, son cerveau et son moteur essentiel, s’en est trouvé amoindri. Mais le mal a peu à peu gagné toutes les provinces (2). Puis elles ont connu à leur tour ce qui avait d’abord rongé principalement l’Italie : la guerre civile ne tue pas seulement, elle ravage. Et ses effets se sont unis à ceux d’un régime économique détestable qu’on ne peut manquer de mentionner.
(1) F. HAVERFIELD, XXII, V (1915), p. 252 et suiv. — (2) CCI, I, chap. v.
Le système de la cité, d’où Rome s’est élevée aux proportions d’un État gigantesque, lui avait paru le meilleur pour asseoir sa suprématie (et du reste il se pratiquait dans l’Orient grec de temps immémorial). Mais ce n’est point par générosité ni simple complaisance qu’elle consacra, développa les autonomies locales. Celles-ci n’y trouvèrent pas que des avantages : le pouvoir central eut là des cadres tout prêts pour l’exécution de ses volontés, pour l’assujettissement des peuples aux charges qu'il leur imposa. Méthode sans originalité au surplus, puisqu'il l’empruntait aux monarchies hellénistiques. Il en remarqua les commodités, non les funestes conséquences déjà très visibles. La classe riche eut donc le monopole des magistratures ; elle fut responsable de la rentrée de l’impôt. Ingrate mission, et toujours plus lourde, car les finances de l’État furent définitivement obérées le jour où toute conquête cessa, et tout butin avec elle; la dernière bonne prise fut celle de Trajan en Dacie. Nous savons déjà qu’à la basse époque on déserta les fonctions municipales, que les curies se vidèrent et que l'État prit cette mesure déplorable de parquer chacun dans sa classe et ses attributions. Rien n’y fit; l’impôt rentrait mal, parce que les petits propriétaires étaient appauvris par les guerres civiles, les invasions, le vagabondage et l’arbitraire des taxes. On en vit réduire volontairement leur production (comme en Turquie certains paysans coupaient leurs oliviers plutôt que de verser une dîme enflée sans mesure), d autres s’enfuir chez les barbares (1) ou se mettre dans la clientèle des sénateurs, gros propriétaires en fait indépendants et rebelles aux contributions.
Auprès des champs dépeuplés, les villes n’ont pas meilleure figure ; beaucoup déchoient et plus d’une disparaît. L’artisanat, qui en avait fait la prospérité, a été frappé à mort par les guerres continuelles et l'insécurité, qui entravent les échanges,
(1) Zbid., I, p. 295.
par la monnaie avilie, par la diminution de la richesse privée et son abusive concentration. Les constructions de remparts dans chaque ville, à la fin du im siècle, ont tari d’autres activités. Tout cela pour une protection imparfaite : ces ceintures de murailles entourent généralement, non point le territoire entier de la cité, mais une sorte de réduit de médiocre étendue; elles retardent l’ennemi, exaspèrent sa rage, le rendent plus acharné contre les campagnes ouvertes, renforcent par suite l'hostilité, depuis longtemps aiguë, entre les citadins et les ruraux, ces derniers soutenus par l’armée, qui ne se recrute plus que parmi eux (1).
En résumé, discordes graves entre les classes sociales; devant l’anarchie administrative, une sorte de lassitude universelle ; enfin l’État est atteint dans ses forces vives par la transformation graduelle de ce qui avait été sa principale armature, l’armée, dont toute la force réside dans l’élément barbare.
Faut-il regretter cette ruine d’un régime et d’une domination ? La question revient à celle-ci : la soumission à Rome de tant de territoires a-t-elle été pour eux un bienfait?
On répond le plus souvent par l’affirmative ; ilest cependant des critiques amers, par qui s’exprime l’horreur de tout impérialisme (2). Fatalement insatiable, tel nous est apparu celui des Romains : il y a eu dans leur politique extériew® comme une sorte d’engrenage, et les dirigeants, presque toujou,'s, se laissaient porter par l’occasion.
(1) M. RosTOVTzErFF, XXVIII, XXVII (1923), p. 233-242; CXC bis, Préface.
(2) Déjà le philosophe allemand HERDER (Rev. arch., 1924, II, p. 249). Littré disait : « César ne fonda qu’une décadence terminée par uné catastrophe. » Aujourd’hui, surtout C. JULLIAN, CXLII, VI, fin; Albert GRENIER, Les Gaulois, Paris, 1923, Conclusion. Cf. encore R. VON PŒHLMANN, Aus Alterlum und Gegenwart, 2. Aufl., München, 1911, II, p. 262.
Tu regere imperio populos, Romane, memenlo :
He tibi erunt artes.
(Æn., VI, 851-852.)
C'était là un axiome plus ancien que Virgile. Nous n’avons pas à revenir sur les méthodes de conquête ; Montesquieu (1) les a jugées sans injustice ni mansuétude. Reste à apprécier seulement si les nations subjuguées trouvèrent compensation aux libertés perdues.
On vante avec raison (2) certaines conséquences, heureuses pour les sujets, de mesures prises dans un autre dessein, en vue de maîtriser le monde et de l’exploiter. Les voies romaines, militaires ou autres, ont créé des facilités, jusque-làinconnues, à la circulation des hommes et des denrées. L’outillage économique, — déjà très avancé, il est vrai, dans les pays d'Orient, — a progressé encore, et les races que l’hellénisme avait à peine touchées ont dû aux Romains, à cet égard, de précieuses leçons, qu’eux-mêmes se bornaient à transmettre. Certains travaux publics, de très vaste envergure, tels queles aqueducs, ont porté la richesse à des terrains jusque-là sacrifiés. Le large emploi de la monnaie romaine et de la langue latine sur les marchés les plus lointains aidait aux transactions, bien que la première fût de mauvais aloi et la seconde déshonorée au début par des agioteurs louches. L’instruction a gagné au moins la classe aisée dans bien des contrées où l’ignorance avait été générale (3); le confort, le luxe extérieur ont pénétré dans des cités nouvelles. Beaucoupde provinciaux, ajoute-t-on, puis presque tous, ont acquis la cité romaine ; reconnaissons toutefois qu’ils n’y avaient avantage que parce qu’ils dépendaient de l'empire romain.
(1) Grandeur et décadence des Romains, chap. vi.
(2) CXXXIV, p. 296 et suiv.; add. The Legacy of Rome, edited by Cyril BAILEY, Oxford, 1923.
(3) CLXXII, p. 175-205.
Mais le point capital, au dire des Romains eux-mêmes, — et les modernes, habituellement, acceptent l'affirmation, — c’est cette PAIX ROMAINE, immense et bienfaisante, qui s’étendit à toutes les terres placées sous la même loi. Une restriction, il est vrai, s’impose immédiatement : cette paix majestueuse, la République l’a-t-elle donnée ? Dans l’opinion commune, elle est le fruit du principat, hâté ou amené, dans une large mesure, précisément par la situation mauvaise des provinces.
Que fut d’ailleurs au juste cette paix P On peut l’envisager entre États, entre groupes, enfin à l’intérieur de ceux-ci.
Certes, pour l’Orient en particulier, les temps hellénistiques sont une période d’âpres luttes, les grandes monarchies n’arrivant pas à s’accorder ; mais Rome a-t-elle épargné à ses provinciaux les suites de ses conflits avec les peuples qui se sentaient menacés? Est-ce sur l'Italie qu’a pesé la guerre de Mithridate? Sans doute ce sont les Romains à qui en voulait ce roi « philhellène », des Italiens qu’il fit massacrer ; maïs il a compromis les Grecs, provoqué contre eux des représailles, et toutes les hostilités se sont déroulées en Orient. Le pouvoir central n’a pas toujours à temps enrayé l’invasion des nations limitrophes, même sous le Haut Empire ; elle a déferlé plus d’une fois sur l’Asie Mineureet la Syrie du Nord. En Occident, la question se pose différemment : il ne s’y trouvait guère d’États à proprement parler; des confédérations de barbares se sont pourtant constituées, principalement sur le tard, et c’est bien souvent leur politique à l’égard de Rome qui a, au détriment des provinces, cimenté leur union.
Sous le nom de groupe nous entendons : à l'Est la cité, à l'Ouest la tribu ou État minuscule. Ici l’on croit saisir une action de Rome plus remarquable et plus utile. Il est reconnu qu’en Gaule, moins peut-être en Espagne, les peuples s’entendaient mal et se faisaient la guerre, qui leur plaisait du reste. Ces pratiques prennent fin après l'annexion ; un idéal nouveau de vie paisible est né à l'abri de la frontière du Rhin, défendue
avec énergie. Quant aux villes grecques, n’exagérons point la gravité de leurs disputes sous les rois dont elles subissaient la tutelle ; au surplus, elles recouraient déjà à l’arbitrage, que Rome favorisa. Mais ce qui contribua à nouer entre les cités des rapports pacifiques, et même cette concorde, cette Homonoia que constatent leurs monnaies (1), c’est la destruction en elles de toute vie publique; dès lors, les seules rivalités naquirent d’un vain désir d’ostentation, ou de titres pompeux que Rome elle-même décernait, en récompense des marques d’adulation.
Enfin les factions cessèrent à l’intérieur de chaque petit groupe. En Gaule, au temps de César, les classes élevées et un parti populaire s’opposaient régulièrement; c'était aussi depuis des siècles le ver rongeur des cités helléniques. Mais là encore la paix sortit de la déchéance : en imposant par principe la suprématie de l’élément aristocratique, ou pour mieux dire des « possédants », Rome élimina les discordes. Toujours, en somme, cette paix humiliante, simple effet de l’asservissement (2).
Les masses l’avaient à ce point subi qu’il leur importait avant tout d'échapper aux charges que la guerre fait peser sur Pindividu. Or, dès la fin de la République, l’armée est mercenaire; y entre qui veut pour y prendre métier ; aux réfractaires l’État ne demande point leur sang. Cette dispense générale dut contribuer à répandre l’impression qu’il laissait chacun à sa tâche et le protégeait sans son concours. Alors, autre point de vue, la paix c’était encore, aux yeux d’un pusillanime, la faculté de ne point se battre, même pour la patrie. L’armée professionnelle put à peu près suffire jusqu’au dernier des Antonins, et ce fut tout. Comment, après Commode, parler de paix romaine? (C’est de toutes parts un va-et-vient de
(1) Zwicker, XLVII, VIII, col. 2265 et suiv.
(2) Cf. CuirrorD H. MOORE, Transactions and Proceedings of the American Philological Association, XL VIII (1917), p. 27-36.
troupes, sans relâche, pour la lutte civile ou la guerre extérieure. Une seule paix pouvait venir, après l’écroulement final, celle qui tombe sur les ruines et les campagnes dévastées.
Parfois un dernier grief, d’ordre moins matériel, s’ajoute à ceux que nous avons examinés. On est convenu de célébrer l'œuvre civilisatrice de Rome : elle a, dit-on, arraché des peuples entiers à une condition toute voisine de l’état de nature, fixé des nomades, développé la vie urbaine et, dans les agglomérations nouvelles, répandu l'instruction, des habitudes sociales, le goût du luxe et même de l’art. Ce que l’on nomme la romanisation est fait indéniable, à moins qu’on ne Pexagère. La langue latine s’est substituée à de vieux idiomes et les nombreuses langues romanes témoignent de sa victoire. Les constructions qu’on voit en pleine Afrique révèlent de vrais foyers latins loin de l'Italie.
Mais cette culture s’est payée cher là où elle a pris racine : en faisant adopter ses idées, ses usages et le décor de sa vie propre, Rome a tué à jamais des âmes collectives, étouffé dans leur germe des civilisations originales qui allaient s’élaborer. Le monde n’eut jamais besoin d’un moule uniforme, d’un type humain cosmopolite, qui se constitue aux dépens de l’intelligence et ne saurait conduire qu’à la banalité — l’exemple romain est décisif.
On se prend à méditer devant cette critique, présentée à propos de la Gaule (1), à laquelle elle s’applique tout spécialement. On serait même très sévère pour la culture romaine si elle avait été imposée aux peuples conquis autrement que par la persuasion ou le libre contact (2). Or, elle s’est implantée sans effort partout où elle paraissait, en dépit de sa médiocrité
(1) Plus haut, p. 391. 4 (2) HarrEr, Classical Journal, XIV (1918-1919), p. 550 et suiv.
spirituelle et de ses plagiats, très supérieure a celle des milieux, si peu évolués, qui l’ont accueillie. De là vient que l'Orient lui a presque complètement échappé (1). Il est des provinces, les Maurétanies, certaines régions danubiennes, où l’on se demande si ce n’est pas une sorte de néant qui eût persisté sans elle. Il n’en va plus de même pour l'Espagne, la Gaule ou la Bretagne : des industries y prospéraient, obéissant aux instincts nationaux qui se manifestèrent toujours, malgré l’ascendant des vainqueurs, par certains traits spécifiquement indigènes, comme de rares étincelles crépitant sous la cendre. On alléguera que ce décor latin dans les provinces fut celui des purs Romains qui s’y fixaient et de la seule classe aisée, clientèle de la métropole (2). Pauvre objection, car, si l'artiste sort bien souvent des couches populaires, il a besoin des riches qui détiennent la commande; sa spontanéité est comprimée par avance, quand ce sont des poncifs qu’attendent de lui les gens fortunés.
Doit-on donc regretter tout ce qui, de l’ancienne Rome, est passé dans nos mœurs : systèmes et cadres gouvernementaux, théories juridiques, usages privés, et le reste? Ce serait noire ingratitude ; mais l’héritage latin, en grande partie perdu jusqu’à la Renaissance, pouvait nous revenir de la seule Italie, sans qu’elle eût par ailleurs, et pour des siècles, paralysé des élans variés.
L’embarras pour quiconque voudrait prendre parti en cette controverse, c’est la difficulté de mettre en regard ce qui a été et ce qui aurait pu se produire. Cherchons un cas concret. Rome a étranglé le celtisme de Gaule; mais elle n’a point touché celui de l’'Hibernie. Or, quel est pour l’Irlande le bénéfice de cette liberté P Elle ne s’éveille que lentement et après que le christianisme la visitée. Sous cette influence, latine