Toraek, Histoire de fa ville de Prague, t. I, p
2. L'acte d'érection a été plusieurs fois publié, notamment parFrind, Die Kirchengeschichte Bôhmens, t. II, Prague, 1866.
celui.de Sazava occupé par des moines bénédictins. Ces mo'nes devaient célébrer Toffice en lanp^ue slavonne « ob reverentiam et memoriam gloriosissimi confessoris heati Jeronymi StrydoniensiSy docloris egregii et translatons interpretisque eximii sacras Scripturae de ebraïca in latinam et slavonicam linguas, de qua siquidem Slavonica nostri regni Boemiœ idioma sumpsit exordium prîmordialiter et processit ».
Le nom de saint Jérôme dans cet acte de fondation nous explique pourquoi la partie glagoli* tique du manuscrit de Reims a été considérée comme ayant fait partie de la bibliothèque de l'illustre docteur. Charles IV dans ce curieux document répète une légende qui avait cours chez les Slaves occidentaux et dont l'existence est confirmée par de nombreux textes. Saint Jérôme était dalmate. Il écrit dans une de ses lettres qu'il a traduit TEcrilure pour le peuple de sa langue, linguœ meœ. On a appliqué ce viese aux Slaves de Dalmatie, sans réfléchir que du temps de saint Jérôme il n'y avait pas encore de Slaves en Dalmatie. L'origine de l'alphabet glagolitique était au Moyen Age, elle est même encore aujourd'hui assez mystérieuse.
En Tatlribuant à saint Jérôme, non seulement
L'ÉVANGÉLIAIRE SLAVON de REIMS. 233
on lui donnait des lettres de noblesse, mais encore on lui assurait la bienveillance et le respect des souverains Pontifes naturellement enclins à se défier des innovations. Cette tradition était courante chez les catholiques dalmates et dans les pays voisins; ainsi le manuscrit célèbre connu sous le nom de Glagolita Clozianus (Manuscrit du comte Cloz) porte cette mention : « Isli quinterni hic intus ligati scripti fuerunt de manu propria S. Jheronimi * ».
Innocent IV dans un document de 1248 * appela la Glagolica littera sj)ecialis a S, Hieronymo. Aujourd'hui encore à Rome un chapitre croate est établi auprès de Téglise Saint-Jérôme des lUyriens. Ces Ulyriens sont des Slaves, mais encore une fois ils ne Tétaient pas à Tépoque de saint Jérôme. En 1493, les habitants de la Carniole fondèrent à Aix-la-Chapelle un confessionnal slave pour les pèlerins de leur pays et ils le placèrent sous le patronage des saints Jérôme, Cyrille et Méthode \ Au xvi*' siècle la langue des manuscrits et des livres glagolitiques est même