Nom slave de la Moldau
2. Toniek, t. Il, p. 67, d'après la chronique de Benes de Weitmil : Fontes rerum Bohemicarum^ t. IV, p. 545.
Slovanech, rue des Slaves*. Notre Evangéliaire <lc Hoims ne servit point en ce jour solennel, puisqu'il est postérieur à la mort de Charles IV arrivée en 1378. Les prêtres croates et les Tchèques qui s'étaient joints à eux ne se contentèrent pas des manuscrits déjà existants; ils en écrivirent de nouveaux. Les Tchèques eurent même l'idée d'écrire des livres tchèques, par exemple en 1416 une bible tchèque, en caractères glagolitiques. Cette innovation trouva heureusement peu d'imitateurs. La langue tchèque n'aurait rien gagné à être défigurée par l'alphabet glagolitique, l'un des plus difficiles à lire de l'Europe. Jean Hus, quand il réclama pour elle une place dans le culte chrétien, se garda bien de lui imposer cet alphabet aux formes bizarres.
Les moines du monastère slave» Croates ou Tchèques, ne donnèrent pas toujours aux fidèles Texemple de la concorde et de la discipline. En 1367 quelques-uns d'entre eux veulent quitter la communauté; l'archevêque les y maintient par la crainte de l'excommunication. Un
1. Au témoignage de Tomek, t. III, p. 106, il existe une histoire manuscrite (de la première moitié du xviii® siècle) : Clironicon monasleru slavorum ordinis Sancti Benedicli in Emaus ad sanctiim Nicolaum. Ce ms. est aujourd'hui conservé au monastère de lircvnov.
peu plus tard, la communauté entière s'insurge contre Tabbé, Tarchevêque a grand'peine à maintenir Tordre; au bout de deux années de luttes l'abbé finit par avoir cause gagnée. Un moine appelé Brdo (sans doute un Croate) quittait le monastère pour vivre chez lui, un autre, resté inconnu, s'enfuyait avec une femme mariée *.
Pendant les guerres hussites, le monastère, situé dans un faubourg, eut à souffrir à diverses reprises des opérations militaires (Tomek, IV, p. 39, 53, 61). On sait le nom de quelques-uns des prêtres hussites qui Toccupèrent. Il eut pour curé (presbyter), de 1432 à 1434, Pierre l'Anglais, autrement dit Payne. En 1435, un certain Gallus porte le titre d'économe et d'administrateur du monastère des Slaves. Au mois de septembre 1436, le monastère reçoit la visite d'un prélat français, Philibert, évoque de Coutances. Ce prélat, qui avait pris part au Concile de Bàle, fut envoyé en Bohême par le Concile (1433) pour rétablir la paix religieuse. Il y réussit et fît signer les fameux compaclata. Il remplit les fonctions de légat pontifical et d'évêque. Le jour de la fête de saint Jérôme, patron du monastère,