‹ Le monde slave: études politiques et littérairesChapitre 31 sur 39 · Gœttingue · texte numérisé non relu

Gœttingue

Evangelia slavonica lingua exarata, religiose Remis servata, quœ reges Galliœ coronandi prœstando jusjurandum tangere solebant, furor tumultuantium, proh dolor! igni tradidit.

Dans le dernier chant de son poème la Fille de S lava, intitulé VAchéron et publié en 1832, KoUar dévoue aux châtiments les plus terribles les ennemis de la race slave \ Parmi eux fîgurent les Jacobins qui ont détruit TEvàngéliaire de Reims. Kollar leur consacre un sonnet tout

entier.

Pleine de poutres, de rouleaux, de coins, une guillotine frappe ma vue; vers elle se dirige une caravane de Sans-culottes et de Jacobins.

Qui donc amène ici ces sacrilèges dans l'enfer slave ? Ah! oui, je m'en souviens.

Ils viennent en foule de Reims où ils ont pillé Tantique Évangile slave de l'église cathédrale.

Sur lequel les rois lors de leur couronnement prêtèrent durant de longues années le serment pour la gloire de Slava ^.

Schafarik dans son Histoire des littérateurs slaves % Kopitar dans la préface de son Glagolita Clozianus (1836) gémissent également sur la perte du manuscrit. Il avait bien failli en effet

1. Voir sur Kollar mon volume Paisses cl Slaves (1'" série), p. 277 et suiv.

Page 1