‹ Le monde slave: études politiques et littérairesChapitre 37 sur 39 · Terres Vierges · texte numérisé non relu

Terres Vierges

visite des grandes villes, des musées, des paysages classés. La Finlande avec ses lacs et sa cascade dlmatra, la Crimée avec ses montagnes et sa côte d'azur, le Caucase avec ses populations pittoresques et ses cimes neigeuses Tattireront particulièrement, mais il n'aura pas vu la Russie proprement dite. Elle a bien son charme avec ses grandes forêts dormantes, ses plaines infinies, ses étangs glauques, ses villages déjetés, ses villes polychromes sur lesquelles étincellent lés coupoles d'or et d'argent, ses kremlins dominés par les tours pyramidales qui flanquent les blanches murailles crénelées. A ceux qui veulent connaître la vraie Russie, je conseille de l'aborder par Pskov où ils auront tout d'abord la sensation d'un monde nouveau, de pousser jusqu'à Pétersbourg, — qu'ils n'oublient surtout point d^admirer les îles et de contempler un coucher de soleil sur la Neva, — puis de gagner l'ancienne Novgorod et le lac Ilmen» enfin après un arrêt à Tver, d'établir leur quartier général à Moscou.

C'est là que bat vraiment le cœur de la Russie, là que le voyageur intelligent et instruit peut avoir sans cesse des impressions nouvelles soit qu'il s'attarde au palais du Kremlin, à la maison

des boïars Romanov, aux sanctuaires splendides, extraordinaires, comme celui du bienheureux Basile ; aux riantes campagnes de Sokolniki ou du parc Petrovsky, soit qu'il aille flâner à la tour de Soukharev, étudier Fart russe au musée Tretiakov, visiter les Iliady^ dont le luxe moderne me fait regretter Tancien Gostiny-Dvor ou qu'il s'oublie à contempler les ballets des grands théâtres, à savourer les opéras des maîtres nationaux, la musique des tziganes, ou, s'il en est capable, à écouter les incomparables artistes du petit théâtre, ou, pour descendre à des plaisirs moins nobles à déguster la cuisine russe au Bazar Slave ou à Y Ermitage.

Qu'il n'oublie pas surtout d'aller saluer au nord de Moscou, sur la ligne d'Iaroslavl, l'incomparable sanctuaire de la Trinité et s'il a la bonne fortune d'assister à quelque pèlerinage, il pourra se glorifier d'avoir vraiment vu un spectacle nouveau et savouré des sensations inconnues. Je n'oserais lui conseiller de pousser jusqu'à Arkhangelsk et pourtant les îles Solovetsk avec leur monastère mériteraient aussi une visite. Mais je tiens compte du temps et je veux ménager la

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