‹ Le monde slaveChapitre 26 sur 67 · Le recueil des frères Miladinov · texte numérisé non relu

Le recueil des frères Miladinov

IN KVÈQLE SLAVi:. l.'Ki

carrière sul'lil à éclairrr le lecteur. ( MiOii me pei'iiielle cependant une rétlexion :

On a accnst- Mi,'r vStrossmayer croire un révolutionnaire: il Test, si c'est cire révolutionnaire que de défendre ce qu'on regarde comme le droil <■! la justice. On Ta accusé d'être panslaviste : c'est là un jiien gros mot, surtout dans la bouche de «eux qui n'en comprennent pas la valeur. 11 l'est, car il pi(''liiHl cpie les Slaves d'Autriche et de Tui'quie ont des droits égaux à ceux des autres races, (pi'il n'y n point dans le monde de peuple déshérité.

On l'a accusé d'être un andjilieux. Andiitieux dans quel sens? S'il avait voulu prêter les mains à des cf>mbinaisons cpril répudie, il tiendrait aujourd'luii un rang élevé dans les (>ouseils de l'Enqjire et il vit comme un curé de campagne dans sa petite ville de Diakovo: l'archevêché d'Agram est vacani aujourd hni ; il assure à son titulaire le chapeau de cardiiuil : la voix unanime du i)euple scrI)0-croate désigne Mgr Strossmayer à ces hautes fonctions; il choisit ce moment pour se mettre mal avec la curie romaine, lui qui déjà est loin d'èlre bien avec le ministère de Pest et le souverain de \'iennc '. On l'a accusé (:n(in d'être hérêli(|ue; mais dans celte séance mémorable du 22 mars, au milieu des voix qui criaient Daiiuttimus cudi ! une s'est élevée, la voix d'un évoque l'rançjais : At ego non damna!

Sans être bien profondément initié aux mystères du Concile, nous savons qui sont les alliés de l'évéque

1. Mgr Strossmayer n'a pas été [iroiiiu à l'arclievèché d'Agram. il n'a pn-; été nomme cardinal. .Mais tout le monde sali que I.'iiii \]i| lluHiurc d'une estime qni ne s'est Jamais démentie

136 LK .MONDT. SLA VI::.

slave el qui soiil ses adversaires. Eu ce uiomeut même. r.VutricUe est eu proie à uue crise (lui justifie toutes ses prédictions politiques. Si nous avions compétence pour parler du Concile, nous dirions aussi que l'avenir donnera raison aux doctrines religieuses de l'éminent |)i'élat. Mais nous laissons à daulres Fexamen des queslioiis llié()l(»gi(|ues, heureux si nous avons pu, dans cette esquisse, mettre en lumière une des plus nobles figures de iioli'(> temps.

Page 1