‹ Le monde slaveChapitre 48 sur 67 · Traduit en français i)ar M. île Berwick · texte numérisé non relu

Traduit en français i)ar M. île Berwick

tion du jeune Ivan : de là, chez lui, une brutalité et un penchant à la défiance qui paraît moins étrange quand on en comprend la cause primordiale.

En 1547, Ivan, âgé de quatorze ans, fut déclaré majeur. Pendant plusieurs années, il obéit à l'influence salutaire de deux personnages que les Russes vénèrent encore comme les bienfaiteurs de leur pays. Sylvestre et Adachev. Aidé de leurs conseils, Ivan réforma les abus qui, pendant sa minorité, s'étaient introduits en Russie, fonda le corps des streltsi, établit des imprimeries en Russie, entra en relations avec Elisabeth d'Angleterre, soumit Kazan et les Cosaques du Don.

Il avait épousé la princesse Anastasie Romanovna ; elle mourut en 15G0. Sa perte troubla la raison d'Ivan, du moins on aimerait à le croire pour l'honneur de l'espèce humaine. On lui persuada qu'elle était l'oeuvre de Sylvestre et d'Adachev : il écarta ces vertueux conseillers, quitta Moscou et se retira dans une sorte d'abbaye de Thélème, la Sloboda Alexandrovskaïa, dont il était abbé, et qui devint le théâtre des plus ignobles débauches et des plus liorril)les cruautés. Les récits de voyageurs contemporains nous en ont laissé le tableau. Ivan fait périr ses principaux généraux, il massacre les habitants de villes entières qui, à tort ou à raison, avaient attiré sa colère; il épouse cinq femmes l'une après l'autre; il va jusqu'à tuer son fils aîné Ivan! Mais ces forfaits ne restent pas sans châtiment : le roi de Pologne , le roi de Suède, les Tatai'es, se précipitent sur la Russie, et le tyran, épuisé par ses excès, meurt à l'âge de cinquante-trois ans, bourrelé de remords, laissant à un héritier incapable, un État en ruines et un nom détesté.

Ce sont ces derniers jours d'Ivan que le poète russe

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