‹ Le monde slaveChapitre 5 sur 67 · I.M l!OI»l CTIO.N. XIX · texte numérisé non relu

I.M l!OI»l CTIO.N. XIX

polonais. K. Holïmaii, (itic je citais avec rloLrr et tioiil j'analysais certaines parties.

L"iiiventeni- dn touranisme des Husses ne ni'avail jamais panloiuu- de ne point m'ètrc associé ii sa canipatrne eliniourapliiqiie contre les « Moscovites ». Il allait répétant partont qn(\j"étais le plus grand ennemi de la Poloume. puisque je irlusais de propager une théorie qui devait la rétablir à coup sûr et en même ti-nqts garantir l'avenir de riùu'ope. Hélas! les peuples malheureux ne mampient jamais de sauveurs: il en est de vraiment désintéressés, il en est dont Théroïsme va jusqu'au martyre. L'émigration polonaise en a IVturni d'admirables exemples. Il en est d'autres qui s'identifient si bien à leui' patrie (pi'elle devient leur chose; comme ce cabotin silllé dans Tartuffe qui s'écriait : « Les mallienreux! ils osent silller Molière », ils mettent au conq)te de leur pati'ie tout le bien ou le mal qu'on dit de leur piètre personne. (Tétait le cas de mon gi-and ennemi. vS'il avait In iioileau. il eût certainement pris pour devise le.-, tieux vers légendaires :

Oui ircstiiiio Colin, irc^liiiif [i,is >un i-ni. VA n'a siiivaiil l'.uliii. ni Dii'ii. ni lui. ni lui.

L'api)ai-ition de mon volume lui fournit une excellente occasion tl'assouvir une lois pour toutes des rancunes longuement accumulées. Il avait inventé une théorie qui excluait les Russes dn monde slave; il me lit l'honneur de m'en prêter une, (mi vertu de laquelle j'excluais à mon tour les Polonais de ce même monde. Cette ineptie lut prise au sérieux par quelques nads et gravement inipi'iiuéo à Varsovie par un ronqiilali'ur d'Lucyclopédie. Je suis resté indifl'érriil à ces proc<''dés ou la naïveté le dispute à la mauvaise l'oi. .le liens à r'e (pi'on sache cependant <pie je ne les ai point ignorés. Ils constituent un synq)tônie très caractéristique de ces maladies mentales qu on a observées dans notre siècle chez

W INTIIODI'CTIOX.

les Slovomancs de Bolicnie >, chez les Slavophiles et les Nihilistes de Russie, chez les faussaires de chants hisloriques - eu Bohème, en Sorl)ie, en Buliiarie, chez les ilhiuiinés si noudjreux (Towianski, Wroiiski -^ etc.) de rémigration polonaise. Ces accès de délire ne s'expliquent que trop aisément par les malheurs d'une race, toujour.^ entravée dans révolution de ses destinées, toujours en lui te pour la conquête de l'indépendance ou de la lii)erté.

Je songeais à ces trou])h's psychi([ues quand j'écrivais dans la prélace de mon volume :

« Le conllit des dogmes, des idées, des passions est si violent dans le monde slave et autour de lui, qu'il faut s'armer d'une triple cuirasse d'airain et de sang-froid avant d'y pénétrer. » Et je comparais ce monde à la forêt « sauvage, âpre et forte » où s'égara le Chantre de la Divine Comédie et dont le souvenir renouvelait sans cesse sa terreur. Depuis un cpiart de siècle on l'a fouillée dans tous les sens cette forêt profonde: chaque jour de nouveaux explorateurs s'engagent sous ses ombres épaisses; on s'y égare beaucoup moins cju'autrefois. Elle a cependaid encore plus d'un secret à nous livrer.

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