LA 1ACI FW501SI
CIATIMIHHT n m N WHIM AJITIQCB.
Jusqu'ici nous «tous tu le mouvement de tioo du monde slave s'opérer du sud au nord, de flllyrie vers la Russie et la Pologne. Ces migrations, dont le commencement remonte an moins au quatrième siècle avant Jésus-Christ , ne paraissent s* arrêter que vers le troisième siècle de notre ère. Alors le mouvement commence à s opérer en sens inverse, et le flot slave se met à refluer du nord an sud et au sud-ouest, — des Karpathes russes et transylvaniens vers l'Illyric, la Bohème, la Germanie. La cause qui détermina cette révolution fut le triomphe des hordes nomades dans la Scythie européenne, où à force de cruautés elles réduisirent les Slaves au désespoir et les poussèrent à se replier vers le midi, et à envahir l'empire romain.
UNIT* PWMTÎVl M LÀ RACI SUVB. 7ft
Ce fat sons le règne de Constantin qne les Sarmates de la stepe, avee leur roi Rosimund, conduisirent peur la première fois leurs tributaires slaves en Myrte, ~» leur fournissant ainsi , à leur insu , l'occasion de délivrer de l'oppression romaine les tombeaux de leurs pères. Mais les Illyriens de cette époque , confwdus avec les Grecs, reçurent assez mal leurs frères dn nord. Vaincus et poursuivis jusqu'au-delà du Danube par Constantin, les Sarmates n'obtinrent la paix qu'après s'être engagés à fournir au vainqueur quarante mille soldats, chaque fois qu'ils en seraient requit. Ces Sarmates et leurs sujets slaves semblent avoir habité la Valacbie et la Transylvanie actuelle, cFeè ils s étendaient vers la Vistule et en Russie jusqu'à des limites inconnues. — La tyrannie ne se maintient qu'à la condition de s'appuyer constamment sur fel force et la victoire. Vaincus par les Romains, vaincus en outre par leur voisin Alarik, roi des Goths, ks Sarmates, après avoir perdu leur prince Visumar dans une grande bataille oontre les Goths, en furent réduits à armer leurs esclaves même, c'est-à-dire ks laboureurs serbes. Les Sarmatœ servi défirent l'armée gothique ; mais fiers de leur triomphe , ils ne voulurent plus être serfs. Sous le nom de limigantes, ils a' emparèrent du pays qu'ils venaient de délivrer, fondèrent le premier état serbe ou slave historiquement constaté, et chassèrent leurs anciens maîtres vers l'empire romain. Les seigneurs sarmates ( sarmake iomini ), au nombre de 300,000 , furent ac-
"* LI MOKM SLÀT1.
cueillis par Constantin, qui leur distribua des terres <v. T h race, en Macédoioe, et dans la Pannonie.
Il parait que cette république d'esclaves des limitantes fut de courte durée. Si l'on en croit Ammien Marcellin, ces Sarmate, servi n'étant pas habitués à se gouverner eux-mêmes , durent appeler chez eux, pour conduire leurs affaires, la tribu germanique des Quades. Les Quades apprirent bientôt à joindre à leurs armes teu toniques la lance, Tare et les flèches empoisonnées des Sarmates , et se rendirent redoutables aux Romains par leurs brigandages. Il fallut que l'empereur Constance marchât contre eux en personne. A yant passé le Danube , il les battit partout, et força leurs chefs à venir dans son camp implorer leur pardon. Bientôt les strvi vinrent en foule se prosterner au pied du tribunal de Constance, et le proclamèrent leur maître suprême. — Nais l'empereur ayant exigé d'eux qu'ils reçussent de nouveau leurs anciens seigneurs les Sarmates émigrés, un cri d'indignation s éleva du milieu de ces esclaves affranchis. Voyant dans César un complice de leurs oppresseurs, ils se jetèrent sur lui avec rage, en poussant le premier cri slavon, qui soit constaté par les historiens : Jforeha, assommez-le. Ce mot est du slavon très pur: en illyrien, moriti signifie encore aujourd'hui exterminer.
Constance n'échappa à la mort que par le dévouaient de sa garde prétorienne, qui se fit égorger tout entière, pour favoriser sa fuite. Cet événement avait
en lieu dans le cartel romain d'Acimincum, aujourd'hui Petervaradin. Le pays de ces servi, situé entre la Transylvanie et le Danube, et traversé par la Theiss, est encore actuellement habité par des Serbes , qui descendent , selon toute vraisemblance , des fameux servi qui prononcèrent le mor-eha contre César. L'armée impériale exerça contre eux d'atroces représailles ; toutes leurs terres le long de la Theiss furent distribuées aux Sarmatce domini, dent le principal chef, Zizaîs reçut même de l'empereur le titre de roi. Mais toutes ces mesures furent inutiles : le cri d'insurrection, le mor-eha, que les Servi avaient poussé, s'en alla retentir dans tout le nord slave. Les Serbes de la Russie et de la Pologne accoururent au secours de leurs frères du Danube ; et la lutte se trouva engagée pour des siècles entre ces Serbes et les .Romains.
Les insurgés prirent peu à peu le nom de Moraves. Ce nom, dont l'origine certaine est inconnue, parait toutefois se rattacher au fameux cri de Mor-eha, lancé par les Servi du Danube contre leurs oppresseurs. En sanskrit, Marana signifie la mort; en vieux slavon, la déesse Morena était le génie des funérailles. Il ne serait pas impossible que les révoltés slaves, qui s'appelèrent Moraves, eussent pris ce nom , à peu près comme dans ces mêmes lieux on voit au moyen-âge les bandes illy rien nés en lutte avec les armées turques, s'appeler dans leur désespoir héroïque les légions de la mort. Quoi qu'il en soit, la dénomination de Ho-
7t U MONDI SUYt.
rave remplaça pour quelque temps le nom de fleritt) comme désignation générale de la race slave. En effet, quand on veut arriver à préciser retendue de la Grande Moravie, Velika-Morava ; on lui trouve, il est vrai, des frontières certaines du côté de l'empire romain : mais dans le nord la Moravie , ou plutôt bs Moravies se succèdent les unes au* autres jusqu'à des limites indéfinies.
En vain les campagnes de Grèce et d'Italie se remplissaient d'esclaves sannates ou aerbest En vain ta Servi , faits prisonniers, et vendus comme du bétail, inondaient tous les baiars d'esclaves du monde civilisé. Ges Serbes , auparavant laboureurs si paisibles , en devenant Moraves, semblaient changer de nature. L'acharnement avec lequel ils se précipitaient dei stepes de la Russie et de la Pologne dans l'IIljrfe romaine, ne peut bien s'expliquer que par la pressas terrible que ces peuples éprouvaient alors dans leurs stepes natales, de la part des hordes asiatiques. Les tribus turco-ouraliennes des Huns, des Avares, des kosares, et euliu des Pctchcnegues ou Polovtsi, — descendant les unes du Caucase, les autres du Volga,— poussaient devant elles les Slaves vers le midi et l'occident, et dans leur irruption les entraînaient souvent avec violeuce au sud du Danube.
Mais là encore les Slaves rencontraient dans les guerriers germains d'autres ennemis non moins acharnés. Mous çvons déjà plus d'une fois constaté la rivalité originelle entre les deux grandes races germain*
UNITÉ PRTMITIYI D8 LÀ ÎU€E SLAYI. 79
fBê et slave. Noos lavons vu naitrc aux borda de la Yisttde, où elle est, on peut le dire, éternelle; puis, 1 survivant à la nationalité même, elle est allée se développer jusque dans le prétoire des Césars romains. Cette rivalité > qu'il est toutefois assez difficile de démêler dans les ténébreuses annales de F 11 ly rie romaine, nous allons la voir enfin se dérouler sur une vaste échelle dans le monde barbare. La plus puissante nation germaine, la nation des Gotbs avait poussé si loin ses conquêtes parmi les Slaves du nord, fue son empire s'était enfin scindé, comme la Germanie des temps de Marbod et d'Hermann, endeui monarchies distinctes, sous deux dynasties héréditaires : Mlle d'Orient on des Ostrogoths, entre le Dniestre et le Don, et celle d'Occident ou des Visigoths dans la Dacie, le long du Danube. Les Vandales étaient venus èe la Baltique se joindre aux Goths sur la mer Noire;* et tous ensemble faisaient une guerre acharnée à ceux des peuples de la Scjthie qui n'étaient pas encore sous leur joug. Enfin, vers le milieu du quatrième siècle* le puissant Ermanrik étant parvenu à centraliser sous son sceptre toute la grande nation des Goths, s'en alla offrir aux Slaves et aux Sarmates encore indépendants un duel à mort1.
Si la hache des fils d'Hermann avait bien su trouver le défaut des cuirasses romaines, comment nau-
1 Post Erulorum cœdeni, Ernmnaricus rex in Venetos arma convertit, qui qaaoïf is armis disperiti , sed numerositate pollentes, primo résister* Mtbutar, (Jorotndés.)
80 LE MONDI SUVf •
rait-elle pas réussi à briser la lance encore mal exercé» des Slaves? Après vingt ans de combats, de 330 à 350, les Slaves fureut donc totalement réduits en servitude. En s* appuyant sur eux, Ennanrik étendit ses frontières en occident jusqu'à la Theisz et à l'Oder ; en Orient jusqu'au Don, au Volga et à la Scandinavie. Tout ce qui en Europe n'obéissait pas aux Romains, faisait partie du colossal empire gothique. Si Ton en croit le grand panégyriste des Gotbs, Jornandès, aucune des peuplades slavones, divisées alors en trois grandes branches, Yenëtes, Antes et Slaves, n'échappa au joug <T Ennanrik.
L'histoire ne dit pas comment ces tribus de laboureurs étaient traitées par leurs seigneurs goths; il paraîtrait toutefois que le sort de ces serfs de la glèbe n était pas des plus doux, puisqu'en 375 les hordes de r Oural ayant, sous le nom de Huns, franchi le Volga et attaqué les Goths , on vit aussitôt les se déclarer pour ces émigrants d'Asie, dans d'obtenir d'eux un traitement plus liumaiu que criui qu'ils recevaient des Goths. La terreur qu'inspirait en occident cette race d'hommes en* cwy inconnue, a porté Jornandès et ses successeurs à représenter les Huns sous une forme effrayante. IVapnfc Sidoine Apollinaire (an 472) ces guerriers avaient de» tttes énormes, des nez aplatis, de petits **u\* îc nK::tou sans barbe, le teint cuivré. C'est sur ^ petulunes o*$trée$ que se sont appuyés de Gui- $**$ et beaucoup de savants français pour soutenir
tJHITÉ PE1MTTTVE DE LÀ RACE SLAVE. 84
l'origine mongole des Huns, appelés par eux du nom chinois de Hinngnu. Mais rien dans l'antiquité grecque et latine ne justifie cette immense innovation historique qui ne tend à rien moins qu'à boulverser toutes les données admises sur le mouvement de fluctuation des races, et sur leur époque de consolidation dans l'Europe primitive. Aucun texte des historiens, soit grecs soit romains, ne peut faire soupçonner une irruption aussi récente que le serait celle-ci d'une race de l'extrémité de l'Asie jusqu'au cœur de l'Europe. Nous croyons donc que les Huns ont nécessairement appartenu à l'une des trois races, slave, turque et finnoise, qui au temps des Grecs peuplait déjà exclusivement cette moitié de l'Europe, appelée la Scythie; puisque les Gotbs ou Germains ne séjournèrent jamais en Scythie assez longtemps pour y devenir aborigènes et cesser d'y être une race étrangère. Je cherche à laquelle des trois races aborigènes de la Scythie les Huns ont dû appartenir.
Il est impossible qu'ils aient été Slaves , car tous les portraits qu'en tracent les historiens ne s'accordent nullement avec le type bien connu des premiers Slaves; il faut donc qu'ils aient été Turcs ou Finnois. Or, la race turque ou proprement scythique a été connue dans l'antiquité sous une foule de noms ; les Grecs qui depuis qu'ils existent ont eu constamment à lutter avec elle, la connaissaient mieux que toute autre; et l'arrivée des Huns n'eut pas été pour eux une chose nouvelle, si les Huns avaient eu le langage et les mœurs u. a
M li m osdi «un.
des Tares. Noos sommes ainsi tout naturellement <xhh duits tcts les Finnois, comme vers la race d'où les Hans ont dû sortir.
De toutes les races européennes celle des Finnois est incontestablement la moins connue; c'est celle dont T origine offre le plus d'obscurités. Tacite qui les place auprès des Vendes ou Slaves , les considéra comme une race de brigands et de nomades, errants entre les cités germaines et les camps au moins disciplinés des Turcs ou Sarmates. Je cite le texte même; on verra qu'il s'applique merveilleusement aux Huns.
« Venedorum et Fennorum nationes Germanis au Sarmatis adscribam, dubito : Feunis mira ferocitas, fœda paupertas, non arma, non equi, non Pénates : victui berba, vestitui pelles, cubili humus. Solain sagittis spes, quas, inopia ferri, ossibus asperant. Idemque venatus viros pariter ac feminas alit. Passim enim comitantur, partemque praedae petunt. Kec aliud iufantibus ferarum imbriumque suffugium, quam ut in aliquo ramorum ueiu contegantur. Hue redeunt juvenes, hoc senum receptaculum. Sed bestius arbitrantur, quam ingemere agris, inlaboraredomibus, suas alienasqne opéras spe inetuqoe versare. »
Les témoignages de Procope, de Jornandès et dp Paul Diacre concordent en tout point avec celui de Tacite.
Ptolémée cite aussi les Finnois (*/vwu) comme une nation établie auprès des Venèdes sur les bords de la Vistule. Quant au Romain Tacite, il parait placer ta
tmni pimmu t>g u mac slave. U
finnois iont à fait au fond du nord, là où ils arat tu» core^qjourd'bui ; ear après eux il ne voit que la fia du globe et le commencement de l'inconnu : ccMtra jt» fatafpia, dit-il, après avoir mentionné les Ftnm. En l'absence de monuments historiques nous sooh forcés d'avoir recours aux traditions populaires. les sagas Scandinaves pourraient fournir su* les premiers Finnois une riche moisson de f^its, qoi pour être mythologiques n'en sout pip moins £es flaira nationaux, Qn sait que les noms du difuu, demt*dicui
et géants de la poésie Scandinave représentent tour»
jours des tribus ou des races d'hommes. C'est ainsi que les Finnois ; figurent comme des gé^nta sons le nom de imtm ou itHnar. Ces géants appelés souvent les loups des rwbers, le peuple des cavernes, bebtr taient la taponie aotuelle, et ils faisaient ans Ases, primitifs héros de la Suéde une guerre (V extermina» lion. \J Edda nopime constamment du nom de têtu*? kêim les yastfis $mv\* h;perbom*us où sont dis, perses, dit il, les géants de la glace, des brouillards et
de la nuit, c'est- a -dire les Finnois. Le fils d'Odin, le terrible Tbor, parvient enfin à humilier uq peu la race des Icetunes , tuais sans pouvoir I4 soumettra, Ces hommes puissants contiquent donc 4' être la terreur <}es Ases qui leur attribuent une force miraculeuse, et une science profonde de la magie, dont ils se servaient partout pour la ruine des dieu} et des hommes.
Tout «4a m wm Wftutrç-H 99a m* «Ittonaut
84 Ll MONDE SLkSt
que peut le faire la poésie, les Finnois comme la race dominatrice de tonte la partie du nord appelée aojour- <T tari Russie? Et n est-il pas à croire que ce fat cette race qui, sous le nom de Huns, tomba au quatrième siède de F ère chrétienne en lutte avec Ermanrik et les Goths, dont elle détruisit l'empire; destruction qui ne fut que le couronnement de dix siècles d'efforts ignorés, destruction qui inspira plus tard la lugubre épopée germanique des Nibelungen, dernier écbo affaibli des triomphes d'Attila sur le monde germanique et romain.
L'idée que donne des Finnois la tradition slave est en accord parfait avec le texte de FEdda, et avec le rôle des Huns dans l'histoire. Les légendes slavones ne connaissent les Finnois que sous le nom de Tchoudes, mot qui en ancien bulgare signifie des géants et en serho-iUyrien des monstres ou des êtres prodigieux; d'ouest venu le verbe serbe et russe tchuditi st, s'étonner, être stupéfait. Encore aujourd'hui le Polonais appelle le lac de Peipus, lac des Tchoudes (czuckie jenoro).
Cependant, au dire de Tatichtchef, les peuplade* finnoises s'appellent si peu entre elles du nom de TcAoudes, et elles ignorent tellement ce mot, qu'elles n ont pas même dans leur langue de son pour le prononcer. Cette race autrefois si redoutable, que les Germains appellent Finnois, et les Slaves Tchoudes , s'appelait elle-même dans son idiome Suomi. De là est venu dans l'ancienne Pologne le nom de la
de Samo-Gitîe(Saino-Getia). Les Geiesou les Ietes ne sont peut-être que les lôtunes des Sagas Scandinaves : ce qui rappelle à la pensée les noms d'une foule de peuples de la Scythie ; Massa-Getœ, Thyssa-Getae, Mir-Getœ, Pieu-Gitae, Tyran-Gitae, Samo-Gete, ou Samo-Gi tiens. Et au sujet de ce dernier nom, il n'est pas sans intérêt de remarquer ï étrange erreur commise par le père de l'histoire, par Hérodote, qui, décrivant la Scythie, place au nord des Scythes laboureurs ou Slaves, les sauvages Andro-phages, race différente des Scythes par le langage , vivant au milieu d'une neige éternelle, et les seuls habitants du nord, dit-il, qui se nourrissent de chair humaine. Hérodote fut ici évidemment trompé par des Slaves des bords du Pont-Euxin, qui lui traduisirent le nom national fionois de Satno Getœ ou Samo-Iedes, en lui donnant par une interprétation rigoureusement slave, mais absurde, le sens de mangeurs d'hommes (samets, homme, et iedats, mangeur).
Ces prétendus anthropophages étaient en réalité de riches marchands, qui exploitaient les abondantes mines de l'Oural, et peut-être de la Sibérie, qui avaient des palais dorés et des villes florissantes tout le long du cours du Volga, là où sont encore aujourd'hui leurs descendants asservis, les Tcfafereinisses, les Mordvines, les Permiaks , les Mechtchares , etc. Cette race , savante dans les mystères de la métallurgie, est représentée chez les Slaves comme habitant le plus souvent les entrailles de la terre. La Sibérie est remplie de ses
86 le nom* mxn.
souvenir* et des débris de mi puissance Pu* ce côté donc les Finnois toodiaieht réellement Ml frontières ée h Chine , comme il* touchaient par la Vfetnle aftl nains de la Germanie, ri par ta Laponit à h Norvège*
Une aussi immense étendue de territoire explique très natmcllcaacht la formation (Tan empire colossal, comme le fnt celai <T Attila. Appuyée aux mers de glace dn pôle, et oceopaot à la fois les deux versants de rOural, la race Innoise couvrait et éractiait alternativement les stepes du Volga, où elle livrait nue bataille perpétuelle anx Santoates et aux Germains. Les grasses et verdoyantes stepes que ce fleuve parcourt étaient le point de mire de tons les peuples chasseurs du Caucase. Constamment aux prises avec eês belliqueuses nations, les Finnois se perfectionnaient forcément dans Fart militaire. Vaincus ils se repliaient sur le nord et vers la Chine ; victorieux, ils pouvaient sans quitter leurs foyers primitifs s'avancer an cœur de l'Europe, et semer les tifttes dfe là Baltique de leurs colonies, dont F Estonie «t là Livouie sont aujourd'hui les derniers restes.
De la lutte acharnée entre ces races résultaient des tarions, qui donnaient naissance à des peuples mixtes, à des nations mêlées d'éléments divers. Parmi tes peuples qu'on pourrait appeler bâtards , et qui pàràtoênt être moitié Finnois et moitié Sarmates ta Turcs, il faut placer les Spales du Don, anciens dottriliàtéfeu* des Slaves de la mer Noire ( si l'on en juge
UNITÉ PMOTIVK Dt LA RACE SLAVE. 87
pur le mot spalin , qui en slavon liturgique signifie in géant et nn maître ). Les Spales, avec qui les Goths luttèrent longtemps à rentrée du troisième sièele de notre ère, semblent avoir donné naissance anx Huns, par qui la race finnoise arriva enfin à ï apogée de sa puissance militaire.
La lotte entre les deux races finnoise et gothique Ait un caractère formidable. Vaincu par les Huns dans une grande bataille , ayant perdu l'élite de ses guerriers , Ermanrik , plutôt que de se confier aux Slaves* révoltés contre lui, se tua de ses propres tains, à l'Age do plus de cent dix ans. Le joug que les Ctfths avaient imposé à la race slave, se trouva ainsi brisé ; et la dictature militaire, dont la race germaine menaçait le monde, fut encore ajournée pour quelques
■HCVBS.
Mais les Goths ne pouvaient être si vite terrassés. On Voit le successeur dv Ermanrik, Vithimir, périr flans nue nouvelle bataille contre les bordes d* Asie, coalisées avec les Sarmates Alans et Boxalans, et à ce qu'il semblerait aussi avec les indigènes slaves. lies seigneurs goths se sentirent alors saisis d'un tel effroi, qu'ils se précipitèrent pêle-mêle au nombre de plus d'un million vers le Danube, implorant de l'empereur Valens la permission de passer ce lleuve et d'aller s'établir comme sujets des Romains dans les campagnes incultes de la Thrace et de l' lllyrie. Ils passèrent, con-J doits par Alatheus et Saphrax, et s'établirent en Mésie, comme avaient déjà fait sous Constantin les Sarmatœ
domini. Hais le gouverneur de Mésie, qui semble avoir été Slave, à en juger par son nom tout illyrien de Lufiicin ( lïubicin ), persécuta de mille manières ces réfugiés , au point , dit-on , de les forcer à vendre leurs propres enfants pour acquitter les impôts. Les Goths, ameutés par un de leurs princes, Fritigern, appelèrent à eux leurs compatriotes de T autre rive du Danube, qui accoururent en foule et se mirent à ravager la Mésie. Lupicin ayant attiré leurs chefs pour une conférence à Marcianopolis, leur donna un grand festin, et essaya de les enivrer pour les faire prisonniers. Mais Fritigern et les autres princes goths, Fépée à la main, se frayèrent audacieusement un passage à travers la ville , et ayant rejoint leur armée, exterminèrent les légions de Lupicin.
D'innombrables essaims de Goths, après avoir saccagé toute la Thrace , assiégeaient Andrinople , lorsque l'empereur Valens, avec une faible armée principalement composée de Grecs , vint leur présenter la bataille, an 378. Il fut enveloppé; tous les siens périrent, et lui-même en se défendant fut, dit-on, brûlé vif dans une chaumière. Les vainqueurs se répandirent dans toute l'IUyrie, et occupèrent les ports même de Dalmatie. K' osant attaquer de front, avec ses troupes démoralisées, ce débordement de barbares qui, chassés de chez eux par les Huns, cherchaient une nouvelle patrie ou la mort, l'empereur Théodose, successeur de Valens, se eontenta de harceler daus une foule de petits combats le dictateur des Goth6, Friti-
grni , qui périt enfin dans une rencontre obscure. L'habile Théodose put alors faire agir la corruption : il gagna au prince goth de la dynastie des Amales, nommé Modar, qui se chargea de faire la guerre pour les Romains contre ses compatriotes. Enfin le roi des Vîsigoths lui-même, Athanarik, que les Huns avaient chassé des Karpathes, et poursuivi jusqu'au Danube, Athanarik demanda la paix et se rendit à Byzance. Tous les petits princes ses vassaux imitèrent son exemple ou s* enrôlèrent dans l'armée romaine ; et après quatre ans de règne, le grand Théodose avait complètement terminé la terrible guerre gothique. Quant à son allié Athanarik, il se livrait immodérément sur le Bosphore à tous les plaisirs que peut procurer un pays civilisé; enfin ce dernier roi goth des pays slaves périt des suites d'une orgie. Les Slaves se trouvaient en quelque sorte vengés par les Romains.
Cependant la race germanique ne renonçait pas encore à prendre une éclatante revanche. L'année 380, les Longobards émigrant de la Germanie, firent, suivant une tradition conservée par Paul Diacre , invasion dans le pays d' An thaï b et de Vanthaïb, c est-àdire chez les Antes et les Vendes, entre le Dniepre et la Don. Cette expédition parait coïncider avec une autre invasion du prince ostrogoth Vinithar dans la même contrée, où d'abord vaincu, il fiuit par triompher, et fit prisonnier le roi des Antes, Booz. Gomme pour mieux prouver le mépris que lui inspiraient les Slaves, le prince goth traita Booz ainsi qu'un chef
§• U VOKDI SLÀVS»
d'enclaves ; ne le jugeant pas digne de périr par la bâche, il le fit crucifier avec ses fils et soixante-dix des principaux de sa nation, en 384 '. Mais le roi des Huns, Valamir, arriva comme vengeur de son alHé Booz, et tua lui-même tf un coup de flèche Vinitbar, dans une bataille.
Je constate ces faits parce qu'ayant été trop peu remarqués des historiens occidentaux , leur oubli a donné lieu à bien des méprises sur l'origine, la forée et rétendue de ce qu'on appelle si improprement la nation des Huns. Cette prétendue nation n'était qu'un ramas de quelques hordes principalement turques, et non pas mongoles, comme on le croit en France. Après leur victoire sur les Goths , ces hordes ayant une forte organisation militaire , se trouvèrent naturellement les protectrices absolues des vastes région* habitées par les Slaves, qu'une longue servitude et leurs goûts agricoles avaient déshabitués du métier des armes, et livrés d'avance pour ainsi dire comme une proie à toute armée étrangère qui saurait envahir leur pays. De là vient le concours en apparence si dévoué, prêté forcément par les Slaves à toutes les entreprises des Huns. De là viennent ces immenses armées qu'Attila put , durant un quart de siècle, lancer vers tous les points de F Europe. Ces armées se composaient de raïas slaves, au service de leurs maîtres turcs et huns. C'est mal connaître l'Orient que de croire qoe
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UNITÉ PRIMtTlV* DS LÀ RACE SLÀVB. M
de pareilles marges d'hommes aient pu être fournies par les hordes misérables des déserts d'Asie. La seule riee slftve possédait assez de ressources pour alimente* de telles armées. Ainsi l'oppression des Slaves a seule rendu possibles les triomphes d'Attila. Ainsi (ott ne doit pas se lasser de le répéter) c'est r oppression des Slaves qui a successivement produit tous les fléaux qui ont fondu de l'Orient sur l'Europe.
Pendant que les sultans des Huns , eu réunissant peu à peu sous leur sceptre tous les Slaves de là Scjthie, se préparaient silencieusement à envahir lé inonde ; de leur côte les Goths repoussés de leurs conquêtes trans-danubiennes, continuaient de se précipiter par masses innombrables sur l'empire romain. En mourant, Théodose laissa le troue des Césars si ébranlé, qu'il crut devoir confier la garde de ses deux enfants mineurs à une armée barbare , commandée par Stili- Oon, héros de la nation, moitié slave et moitié germaine, des Vandales. Avec le règne d'Honorius en ocddetot, et d'Arcadius en orient, commença la période des expiations pour les anciens maîtres du monde. Deux hommes, à la fois eunuques et sophistses, Rnfin et Eutrope, amènent Bysance au penchant de sa raine. Pour couvrir ses odieuses concussions, Eutrope fait déclarer les ministres d'état aussi sacrés que la personne impériale. Le peuple grec qui s'était jusqu'ici vengé des traîtres par des sarcasmes et la liberté de la parole, tomba dans une muette consternation, dont soreftt profiter les Gbthfc disséminée tout
M LE MONDE SLAYI.
autour de l'empire en colonies militaires. Leur principal chef, Alarik, envahit la Dalmatie, l'Albanie, et enfiutoutle Péloponèse. Appelé par Arcadius, Stilicon accourt <f Italie avec sou armée vandale et gauloise. Il bat près de Corinthe et enveloppe dans son camp, Alarik. 11 comptait le réduire par la famine ; mais le rusé Alarik parviut à s'échapper avec une partie des siens ; et entrant à ï improviste dans Byzance dégarnie de troupes , il força Arcadius , ou plutôt l'eunuque Eutrope, à lui donner à titre de gouverneur toute la vaste lllyrie, dont les citadelles se remplirent ainsi de soldats gotbs. Bysaoce même fut, en haine d'Eutrope, livrée par les généraux grecs à une garnison gothique, venue de la Pbrygie sous les ordres de Gainas. Toutefois ces barbares devinrent bientôt tellement odieux aux citoyens de Constantinople, que le peuple s insurgea fpoutaneawnt contre eux, et en tua sept mille dans un s**l jour. Gainas ralliant les débris de son armée, et poursuivi par un autre barbare, Fravitta, s'enfuit vers le Danube. Mais il trouva sur ce fleuve le roi des Huns, lldin> qui lui barra le passage et le tua eu 401. La position des Gotbs dans 1 empire grec u était plus tenahle : ils se voyaient pris entre les Grecs et les Huns, et de plus hareetes en flanc par les Slaves du Danube. Leur cbrif, Alarik, résolut do tenter un coup de dé- «espoir ; il les reuuit tous eu un corps compacte ; et se frisant proclamer roi, alla se jeter sur l'Italie. Malgré StUkwi* qui fit plus d'une fois i prouver d'horribles défaites i ces ïmigiam germains; ils finirent cepeo-
vmri primitive dk î.à kace slave. 93
dant par fonder en ooeidcnt plusieurs états fameux. Quant à l'orient il se trouva pour jamais délivré de leurs invasions ; et la question ne se débattit plus dans cette partie du monde qu'entre les Grecs et les Slaves.
Les peuplades Slaves à l'entrée du cinquième siècle venaient de subir presque toutes le joug des bordes bunniques. Pendant que les Huns étaient occupés à subjuguer ceux des Slaves qui résistaient encore, l'empire grec put jouir d'une paix profonde, qui dura près de quarante années, grâce au génie d'une femme, la célèbre Pulcbérie, sœur de l'empereur Théodose II. Il semblait que l'énergie romaine se fut partout réfugiée dam des femmes. Pendant que Pulcbérie gouvernait avec gloire l'Orient , pour son frère, le faible Théodose II, un autre génie féminin, Placidie, soutenait m Occident la grandeur romaine et le trône de l' impuissant Honorius. Cependant le règne de Placidie en occident eut une fin malheureuse. Ses deux principaux généraux, Aëtius et Bonifacese firent une guerre acharnée. Aëtius déclaré ennemi de l'empire par suite de cette guerre, se réfugia en Pannonie, chez les Huns, an milieu desquels il avait passé sa jeunesse comme Mage. Ce peuple avait alors pour princes deux héros redoutés, Ruï et Rugila, auxquels les Grecs payaient un tribut annuel pour en obtenir la paix. Après la mort de Ruï, ses deux neveux, Attila et Bleda, s'emparèrent du pouvoir. Bientôt ayant fait périr son frère! l'ambitieux Attila se trouva seul à la tête de
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toos les Huns du Danube, qai en y comprenant kl Slaves subjugués , formaient an corps parfaitement aguerri de sept cent mille combatants. C'était beaucoup plus de soldats que n'en pouvaient alors opposer les deux empires d Orient et d* Occident réunis. Ayant en mùu les moyens de conquérir le monde, Attila en eonçat naturellement la pensée.
Ce monarque qui avait, dit-on , le type difforme propre à la race mongole, mais qui possédait en même temps toute la hante intelligence politique et les capacités militaires propres à la race turque, s'enfonça dans k nord, acheva de subjuguer les peuples slaves jos* quau Volga; puis, tournant le Caucase, descendit I Enphrate et attaqua la Perse. Obligé toutefois de fcùrr nttnùtr, il alla décharger sa colère sur les Grec d Auùocbc et de r Asie-Mineure. Ayant vaincu l'arma impérial* pies de la ville de Margus , il exigea quf T impôt annuel de srpt ceuts livres d or que lui payait Bysauce, fut triple, et Bysance obéit. Rentré daus son camp au bords du Danube, ce formidable tyran œ tarda pas à armer de nouveau contre Byzauce, ails btùkrSirmium* Marciauopolis, Xisse et Sardika, et inonda de ses hordes pillardes toutes les provinces depuis la mer \oùv jusqu'à T Adriatique. Tbéodose II, vaincu dans trois grande* batailles, implora la paiaet retint ajtrài atoir payé déformes frais de guerre» Au 4^6/ lue\i.iecctjeudaiitv tobscuiv cité d'Azyme en Thrace, osa réùster seule au conquérant qui s' intitulait dans m foreur le/Ira* de Dim. Tons les assauts
trani primîtivi de la race slavï. Mt
# Attila ne réussirent pas à l'emporter ; il fallut que le vainqueur de l'Orient traitât d'égal à égal avec cette poignée de braves, et laissât aux Azymiotes leur liberté et leurs imprenables remparts.
, L'infortuné Théodose II mourut prématurément, accablé de la douleur de ses défaites. Sa sœur, la belle et pieuse Pulchérie, qui s était vouée jusqu'ici à la virginité, se décida enfin pour sauver sa patrie, à donner à la fois sa main et le trône, au plus expérimenté des généraux d'alors, au vieux Marcien. Quoique âgé de soixante ans, Marcien ne craignit point de marcher en personne contre Attila. Le fléau de Dieu dédaigna de l'attendre; et, conduisant ses bandes innombrables vers l'Occident, il envahit la Gaule où l'appelaient les Vandales. Mais la race germaine avait à venger la déroute des Goths de la Scythie. Toutes les peuplades du Bbin se joignirent donc à Théodorik, au roi des Francs, Mérovée, et au général en chef des légions romaines , Aëtius. Toutes ces forces réunies du monde occidental atteignirent enfin l' immense armée d' Attila, où se trouvaient également représentés tous les peuples de l'Orient. Cette bataille, livrée pour ainsi dire entre deux mondes, eut lieu en 451 dans les plaines de Cbàlons. Les Huus furent, sinon vaincus, au moins repoussés. Biais quelques mois après, Attila renouvelait sa demande en mariage de la belle Houoria, sœur de Valciitinien II, avec la moitié de l'empire pour dot; et recevant un nouveau refus, il franchissait les Alpes, emportait d'assaut Aquilée, dont il faisait dis-
paraître jusqu'aux fondements, conquérait Milan, et forçait les habitants latins de la Vénétieàs enfuir sur les Ilots des lagunes, où ils bâtirent quelques buttes de pêcheurs, qui plus tard devinrent Venise. Enfin il se préparait à saccager Rome, quand le pape Léon, en habits pontificaux, vint au devant de lui et l'arrêta. Le barbare raconta depuis qu'il avait cru voir dans les airs au-dessus de la tète de Léon, saint Pierre et saint Paul, armés d'épées flamboyantes, et prêts à le frapper, s'il faisait un pas de plus en avant. Attila ramena ses troupes gorgées de butin dans la Honnie danubienne (aujourd'hui Hongrie); et ne pouvant avoir la main d'Honoria, il solennisa un nouveau mariage avec une princesse inconnue, dans sa capitale formée de buttes et de tentes, et qu'on croit avoir été située près, de Tokaï.
Au milieu du luxe extraordinaire de ses officiers, Attila affectait la plus austère simplicité : il était vélo de bure, et mangeait dans des plats de bois, en présence des ambassadeurs des plus grands empires du monde qui venaient implorer sa protection. Mais à l'occasion de son mariage, il oublia sa sévérité accoutumée et mourut des suites de l'ivresse. Pour dérober ses os à F exécration de l'avenir, ses amis lui donnèrent pour sépulture le lit d'un fleuve, dont ils détournèrent momentanément le cours. Ses trois fils s étant partagé son immense et éphémère empire, deux d'entre eux périrent misérablement : le dernier, Dengesik, attaqué par les Grecs, fut vaincu et tué ; et sa tête en-
UNIT* PR1I0TIVI DI LÀ RàGE slavi. 97
voyée à Gonstantinople y fut exposée en 469, comme on trophée. Les débris de ces hordes refoulées jusqu'au Don, s'y maintiennent encore quelque temps sous les noms de Hunogures , Uturgures et Kuturgures ; puis elles disparaissent de l'histoire.
Les terribles campagnes d'Attila avaient ébranlé jusque dans ses bases l'empire romain ; ce n'était plus qu'un lion mourant. Ce qu'on pourrait appeler le coup de grâce lui vint des Germains. Depuis longtemps les Césars n'habitaient plus la ville, et n'avaient plus d'antre capitale que leur camp. Borne était tombée dans un isolement profond ; toute la vie politique du monde civilisé s'était concentrée dans Byzance. Saisissant donc le moment où les généraux byzantins luttaient contre les enfants d'Attila, les princes germains s'élancèrent sur l'Italie et réduisirent Borne en cendres. Puis Odoacre, à la tète des Hérules , déposa le dernier César, Bomulus Augustulus , et se proclamant lui-même roi d'Italie, eu 476, mit ainsi fin pour toujours à la domination romaine.
On ne peut , en finissant ce tableau , se refuser à dire un mot de l'étrange système adopté par Yeneline, Bulgarioe, et autres historiens russes contemporains, pour -expliquer le grand mouvement des invasions barbares, et les triomphes d'Attila. Ce mouvement, suivant eux, fut le fruit d'une première et gigantesque lutte de la race slave opprimée contre les deux autres races de l'Europe, les Germains et les Celto- Latins. Attila, à les en croire, ne serait rien moins nu f
fê If MOKDf SUVt.
Ijùe le ptttûiet tsar de toutes les Russie*, t'avânt-couteur des tsars modernes, destinés à devenir, (Tune manière pins durable, les dominateurs du monde. Pour prouver qu'Attila et les siens étaient cforigitte slave, et parlaient bien et dûment la langue tusse, lés savants moseotites citent tous les noms slaves de peuples et de princes que ce premier autocrate dd ttord traînait trethblatita à sa suite. Ils font dériver lé uoib du frère d* Attila, de Bleda, du slavon vlad (comme dans Vladislat , Vladimir). Enfin le nom même de stravâ, en slâvon repas funèbre, donné aux funérailles d'Attila , leur parait prouver clairement que le nom du conquérant était russe.
Partant de ces premières données, YenéHne en conclut que les victoires d' Attila furent dues au besoin senti par tous les Slaves de reconquérir leur indépendance sur les Gotbs et sur les Romains , et de venger enfin F humanité du joug que lui avaient imposé lés Césars. Se montrant partout comme un libérateur , rapportant , disent-ils , aux peuples fatigués des exactions et de la luxure romaines, un gouvernement glawe, tf est-à-dire sans impôt et sans police , et la vie simple et patriarcale des stepes, Attila n'eût pas de peine à triompher. Après a voir affranchi dû germanisme tous les Slaves septentrionaux, il passa chez les Slaves illyriens, que le latinisme courbaitsods un joug de fer; il les délivra tous, depuis les embouchures du Patittlte jusqu'aux Alpes d'Italie, a Mais il ne votilut pas, dit yeneUne, agir envers eux comme un maître ; il se COQ-
unité mmRfi M La u<5i suvi. M
tebta d'être leur bienfaiteur. En digne patriote ilité, 0 donna à chacuuè de ces peuplades une tonstltûtion, ta gouvernement national, et des princes de le** êabg* prétégés, sans être sujets, du monarque rttéée, obli* géa seulement à être le* aoAflédérés à perpétuité dé la Basai*.... Léi guerres deB Huns eurent un imméttéé résultat* celui de réveiller eu Europe l'amour de la H* berté, et dé ranimer partout l'ordre légal, que lés ltotttttios Étaient étoffé... Magnanime héritier AN Ce* tara et des Sélpions , Attila savait éttt élément , il épargna Borne a la prière du pape LêOrt... Compare' ble à Charlemagnè et aux pliis grands rois,... posant gn pied éur le Volga et l'autre sur le Rhin, ....** gWttd homme, vainqueur dé l* Europe et de l'Asie, a étéëa* lomnié par toutes les nations qu'il aVatt iaavéee... (Test ainsi, 6 histoire, que tu traftsfotfUès «tttVftlt en despotes les monarques les plus bienfttaanté ! . « ; Cruelle parque, pourquoi ne lui as-tu pas permis de subjuguer
toute la race humaine? »
Je n'en citerai pas davantage*. Par tas quelques lignes, chacun Jugera du reste. Il n'est pas jusqu'à ta nation française qui , selon Venellné, fie doive sa nais* sanee I Attila, par suite, à ce qu'il paraîtrait* d'une alliance passagère qu'un traitride la fatattl* mérovingienne avait conclus avec ee barbare. (Test à et point de folie qu'un patriotisme outré oouduK quelquefois les écrivains russes.
La preuve que eet Attila, présauté si aoUriuisamaut par Veuulina oouuae un prototype de rampamt M*
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colas, était encore moins Slave que les Romanof , c'est que la race slavone , momentanément centralisée par ce premier conquérant turc , refoula aussitôt après la mort d'Attila, ses enfants dans le désert, et fit disparaître sa dynastie , sans qu'elle ait même laissé de vestiges. Si Attila avait eu du sang slave dans les veines, peut-on supposer que les fidèles Slavons auraient répudié si complètement sa race? N'est-il pas évident au contraire que la horde dont ce fléau de Dieu était le chef, s'était emparée du monde slave par voie de conquête , et qu'elle ne cessa pas d'y rester étrangère? Je ne conclus pas de là que les Slaves ne prirent aucune part aux grandes expéditions des Huns ; ils furent forcés au contraire d'y prendre une part très active. Aussi est-ce d'Attila que datent toutes les grandes émigrations slaves du nord et de l'est vers le sud et l'ouest de l'Europe ; — migrations qui déplacèrent les deux races slave et germanique sur une vaste étendue de territoires.
L'oppression ou du moins la nullité politique dans laquelle languissaient les Slaves, ayant facilité l'entrée des Huns dans la Scythie européenne, Attila put ainsi concevoir le plan de se porter comme le vengeur des Slaves contre leurs seigneurs goths et romains; et des lors l'humiliation des deux races germaine et latine fut décidée par le conquérant. Les Slaves n'y opposèrent aucune résistance ; pouvaient-ils songer à combattre les Huns, puisque ce n'eût été qu'au profit de leurs propres tyrans? Ce fut alors que commença la
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grande inoudation de l'Europe latine par les Germains que les Huns refoulaient du nord et de l'orient. Bejetés bientôt bors de leur propre pays, se voyant menacés sur tous les points, les Germains cherchèrent à mettre entre eux et les Huns de vastes déserts ; et les Slaves du nord, essentiellement colonisateurs, se répandirent comme des torrents vers ces espaces rides.
Dès la fin du deuxième siècle de notre ère, on les voit déjà descendre des Karpathes , sous le nom de Karpi, Karpicolae ou Rharvati, livrer aux Romains de nombreux combats, et s'établir enfin d'une manière légale, à l'entrée du quatrième siècle, dans la Dacie et la Pannonie , auprès de leurs frères illyriens. Peu à peu les Goths, expulsés par les Huns de tout le littoral de la mer Noire, y furent remplacés par des colonies slavones. Quand les hordes nomades se furent emparées avec Attila de tout le cours du Danube, les colons slaves suivirent pour ainsi dire ces bordes, comme les prières boiteuses d'Homère suivent l'injure, pour repeupler le désert et réparer les dévastations que commettaient partout les nomades.
La période des migrations slaves du nord-est vers le sud et vers l'ouest a duré depuis la fin du quatrième siècle jusque vers le milieu du septième, où les Croates, venus de la Russie rouge, franchirent le Danube, et colonisèrent la Croatie actuelle. Quant aux Slaves de la Vistulc, ils avaient déjà commencé leur mouvement de migration vers l'occident dès le troisième siècle, a la suite des guerres romaines qui avaient chassé
4M t* iP9ftP IfcèHI-
dae rivages de Y Elbe, de l'Oder et de 1» Baltique, la* peuplades germaines indépendantes, mtroomancs, gépidea, burgondes, vandales, et enfin les Suèves eux* mènes. Après s'être entassés quelque temps dans la Bobép* et la Moravie actuelle, les débris de ces peuplades obstinées à rester libres, se voyant repousses de leur asile par les Huns, envahirent la Bavière, la Franconie et tout le oours du Mûn, Leurs anciens territoires abandonnés échurent alors, comme les bords 4a Dtombe , aux émigrants slaves. Ceux qui s'établirent entre la Vistnle et la Bnss, prirent le nom do Forasses on Prosses ; les Slesaees eouv rirent la Silésie, les Polabes les rives de la Labe ou de l'Elbe, et les Poaaéraniens occupèrent la Pomorée (le littoral de la mer.) Au sixième siècle, les historiens regardent déjà l'Elbe comme formant la frontière entre les Serbes ou Mates et les Suèves , plus tard les Saxons. Cent ans après , les Serbes ont franchi l'Elbe et occupent sons le nom de Sorabes tout le pays entre ce fleuve et la iaale, qui les séparait de la Thuringe.
Ce qu'il y a dans ces faits de plus remarquable, c'est que l'occupation successive de tant de contrées dorant près de quatre siècles, arrive sans que les historiens mentionnent aucune guerre importante soutenue par les Slaves. Et cependant la moitié de r Europe tombait en taur pouvoir depuis de If Volga jusqu'à l'Elbe, depuis la Baltique jusqu'à la mer Êgé*. Les autres races a* étaient épuisées en luttes acharnées; les tribm alttet te trouvèrent leqles pw |eqr jnulti-
tmrrt pwmitivi m u sace slave, f et
Me en état de remplir les vides faits par la guerre ; ft elles les remplirent sans en chasser personne. De si vastes conquêtes opérées avec la charrue pour seule arme offensive, sont un événement sans exemple dans f histoire du inonde. Opérées par le fer et la flamme, çts conquêtes auraient exalté l'enthousiasme des historiens ; ils n'en ont rien dit parce qu elles n'étaient pas sanglantes.
Observées dans leur ensemble, ces migrations sla-r vfs et germaines d'orient en occident, que nous avons Y» commencer d^jà 400 ans avant J.-C, et qui se prolongent jusqu'au septième siècle de notre ère, ea grand mouvement qui met dix siècles à s'acoomplir, f*t peut-être l'événement matériel le plus grave de r histoire du monde. Ce sont ces migrations qui ont garanti le repos et la civilisation de Y Europe, en y garantissant pour des milliers d'années une prépondérante absolue aux deux grandes races germanique ft slave.
J'avais commencé par montrer comme le berceau commun de toutes les nations slaves, l'illyrie, c'est* à-dire oe vaste carré compris entre l'Adriatique et la mer Noire, et qui s'étend en longueur depuis les montagnes de la Grèce jusqu'aux Karpathes de Transylvanie et de Pologne. C'est de là que nous avons vu Tfbekb , I*kh et Russ partir pour s'en aller peupler les stepes lointaines du nord j puis nous veuons de suivre les neveux de ces premiers émigraqts d' Illy rie, à leur retour de la Vistule, du Volga et du J)on, peut-être
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même des frontières de la Chine, pour occuper de nouveau en Europe leurs anciennes demeures, ces rives du Danube d'où les avaient chassés les Goths et les Vlaques ou Romains.
Ainsi voilà de grands voyages, accomplis par les Slaves, avant même leur organisation en corps d'états. Tout en devenant partout d'inoffensife laboureurs, ces peuples se montrent pourtant voyageurs et colons intrépides. Or ce que faisaient les premiers Slaves, les Busses de nos jours paraissent assez disposés à le répéter encore sur une plus vaste échelle. Bans celles des provinces moscovites où le servage n'existe pas, ainsi que chez tous les Slaves de la Turquie, on continue jusqu'à ce jour de voir des communes entières mécontentes émigrer dans leurs charriots, laissant leurs foyers vides, pour s'en aller au loin chercher des terres plus fertiles ou des propriétaires (dus humains. Pareilles aux antiques tribus, elles émigrent par centaines de familles, en s* écriant comme les Celtes du temps de César, ou comme les trois frères, Lekh, Tchekh et Russ : transportons ailleurs notre patrie, la terre ne nous manquera pas pour y vivre, suivant nos usages (po nachemu) , ou pour y mourir libres.
Demandez en Russie à un paysan où il demeure : s'il vous répond : tout pris d'ici, cela voudra dire à trente ou quarante lieues. Ces symptômes sont significatifs ; ils devraient faire réfléchir davantage notre vieux occident* si casanier malgré toutes ses locomo-
tives h vapeur, si cloué daus ses villes, si peu porté à mettre, comme le Moscovite, le feu à ses capitales, plutôt que de les laisser à 1' ennemi. Beaucoup d'historiens à Pétersbourg voient, comme on sait, dans l'empire des Huns la première manifestation de l'énergie russe, et comme une préparation à l'empire des tsars, empire également destiné à briser les nouveaux plans de conquête des Germains modernes, qui prétendent recommencer la domination des Goths sur le Danube et la Vistule. — C'est pourquoi, dit-on, le tsar doit, comme jadis Attila, soumettre à une centralisation militaire inflexible tous les paisibles Slaves pour les lancer encore, avec la mission des Huns, sur l'Europe dégénérée.
Telles sont les idées qu'entretient le cabinet russe. Contre ce menaçant avenir l'unique remède est l'émancipation des Slaves dans un esprit de fédéralisme et d'association avec les autres races : par là seulement le vieux monde qui s'écroule pourra se raffermir.
DEUXIEME TABLEAU
DBS ORIGINES ILLTRIENNES ET POLONAISES
I41PÀTHI6 1T DU nUPLB GUKRRIB1 DES KAMI OU K»OiATl
*aamèèrtë9ommm point êm éép*H àêê faaiM o*tio»f •!**•*.
La science place ordinairement dans les montagnes la berceau des nations; celui des Slaves, nous l'avons 4éjà démontré, se cache au fond des gorges qui descendent de la crête des Karpathes au Danube. Ces antiques Karpathes, le Kaprarw opoç de Ptoléraée, que quelques auteurs prétendent avoir été déjà connus 4" Hérodote, dans lequel on trouve mentionné un fleuve Karpis et une ile de Kar pathos ; cette gigantesque abaine forme réellement l'artère vitale du monde slave. pavant ces sommets granitiques, qui s'étendent de la $lésie prussienne à la mer Noire, et dont les demieffl racines vont se dérober à l'œil sous les murs de ftraatantinople, au pied de ces remparts naturels la twt#*pui*&ance des conquérants s* arrête. L'Autriche, la Turquie et la Russie n ont pu jusqu'à ce jour
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dompter qu'imparfaitement les montagnards des Karpallics.
Quant au nom même de ces montagnes, son origine slave ne peut être contestée. Aujourd'hui encore le mot khreb ou kborba signifie en illyrien une montagne et khrbet un dos : en russe , khrebet désigne une sucsession de sommets, comme l'uralskoï khrebet, le kamtchatskoï khrebet. Le nom de Krapaks, venu du polonais krepak et faussement donné en français à la chaîne entière, ne désigne dans le pays qu'un de ses plus hauts sommets. 11 est du reste assez singulier que le nom même de Rarpathes soit maintenant oublié des Slaves ; les Russniaks de la Hongrie seuls disent encore khrbi ou khorbi ; les autres Slaves disent généralement Tatry . Quelques auteurs polonais ont voulu faire dériver ce nom des Tatars ; mais Ghafarjik prouve qu'il est antérieur à l'arrivée en Europe des hordes de la Tartarie. Dans le diplôme de fondation de l'évêché de Prague, de l'an 973, conservé par Cosmas, on lit déjà : Montes quibus nomen est Tatri.
A u temps des Romains , quand tous les Serbes , ou Slaves alors connus, étaient devenus les serfs (servi) des maîtres du monde, la chaîne des Karpathes abritait dans son sein les dernières tribus libres. Les incursions de ces Slaves indépendants troublaient le repos des Césars, et ce fut pour l'empire romain une bonne fortune, lorsque cinquante ans après Jésus- Christ, sous l'empereur Claude, les Iazyges, venus de la mer iSoire sur la 1 issa en Hongrie, y subjuguèrent