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inauguration de l'Académie. On a pu juger de son loquence politique : voici quelques spécimens de son éloquence religieuse et littéraire.
Les rapports de la science et de la religion, tel était le sujet de son discours. Il débute par un parallèle entre les croyances du monde ancien et du monde moderne. Il rend en passant, à la tliéodicée de LeiJjnitz, un hommage qu il devait renouveler plus tard dans le Concile, au grand scandale d'un parti intolérant; à côté de Pascal, de Bossuet, de Cliâteaubriand et de Montesquieu, il n'hésite x^as à placer M. Guizot, dont les méditations sont, dit-il, une œuvre de merveilleuse beauté et de profonde sagesse. C'est à la littérature française qu'il emprunte la plupart des exemples qu'il invoque ; peu de prélats à l'étranger la possèdent mieux que lui : nos grands écrivains sont loués par lui eu un rare et magnifique langage.
Il faudrait tout traduire; je me contenterai de citer quelques passages qui donneront une idée de la manière oratoire de l'auteur. L'un traite du patriotisme chrétien :
« Si rhistoire élève jusqu'au ciel les patriotes qui s'oublient eux-mêmes et se sacrifient à riiitérêt de leur nation, qui Taimeiit d'autant plus qu'elle est plus malheureuse et jjlus abanJonnée, qu'elle a moins d'amis et de défenseurs qui sont prêts à tout souffrir, même la mort, il n'est pas douteux que ces grands génies n'aient dû à la croix l'esprit de dévouement et d'abnégation par lequel ils ont ressuscité leur peuple. C'est à la croi^ que ïimmovtel O'Connel a du ^a fe^v:.^.
» Tous ceux qui connaissent la vie et Toeuvre de ce grand homme savent qu'il a eu plus d'influence sur son pays et sur l'opinion publique en Angleterre, que ceux-là mêmes qui avaient le pouvoir en main, et cela, i non pas quand il prononçait ses admirables discours, (juand il relevait et les antiques et les nouvelles injures dont son peuple avait été victime, mais quaod il gémissait sous les voûtes obscures d'une prison. Cette force n'était que le reflet de celle qu'il avait puisée aux pieds de la croix.
» ... Dernièremenl, pendant mon séjour à Paris, j'ai lu dans le journal Y Univers que je dépense le bien de l'Eglise pour des entreprises mondaines. Il est facile de deviner de quelle source viennent ces accusations, et qu'elles sont dirigées contre notre Académie et notre Université.
» Grâce à Dieu, je ne suis pas le seul coupable : j'ai pour complice tout notre clergé, depuis le premier jusqu'au dernier; ce clergé sait que tout ce qu'on fait pour la foi tourne au profit de la science, que tout ce qu'on fait pour la science est à l'avantage de la foi. Que toute la nation sache bien que dans l'avenir nous ne nous laisserons détourner par aucune accusation, par aucune injure, de la voie que nous nous sommes tra* cée ; oui, nous remplirons avec conscience les devoirs de notre ministère; mais aussi nous développerons de toutes nos forces tous les intérêts qui touchent au développement matériel et moral de notre peuple, à soD existence et à son avenir. »
Les calomnies que Mgr Strossmayer relevait alorj
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.fièrement ne sont pas les seules qui l'aient attaqué; Q pourrait, en parcourant les journaux de Vienne et e Pesth, en retrouver bien d'autres, de celles qu'une lume honnête se refuse même à retracer: Mgr Strosslayer ne s'est jamais donné la peine de les démentir. l est trop haut situé dans l'amour du peuple croate et erbe pour avoir besoin de répondre. Je ne crois pas [u'il existe en Europe une pareille popularité. En Iroatie, en Dalmatie, en Slavonie, il n'est pas rare de 'eiicoutrer son portrait jusque dans les plus humbles chaumières. Au seul nom de Yévêque (vladyka), tous s'inclinent avec respect. Cette popularité s'étend jusque chez les orthodoxes de Serbie.
Ainsi qu'on Ta vu plus haut, Mgr Strossmayer est administrateur apostolique de cette principauté; en celle qualité, il a des relations avec le Gouvernement de Belgrade, et fait de temps en temps, dans cette ville, des visites pastorales. Je me trouvais à Belgrade en 1867, la popuiation était alors assez mécontente des niinistres du prince Michel : « Ah! si Vévêque savait cela, médisaient les Serbes, il donnerait de bons conseils à notre prince, qui les écouterait. f> Dans le courant de l'année 1869, Mgr Strossmayer est venu à Belgrade donner la confirmaition. La population tout entière lattendait sur le quai et le salua de ses acclamations i les mêmes manifestations avaient eu lieu à Prague quand l'évêque avait traversé cette ville en mai 1867, cependant à Paris.
L'empereur d'Autriche a récemment décrété la foniiation d'une université slave à Agram : c'est encore à
la libéralité de Mgr Strossraayer qu'est due l'inilialn de cette institution. Les Slaves du Sud, Serbe Croates, Monténégrins, pourront désormais recevc dans leur langue nationale l'instruction qu'ils étaie obligés d'aller chercher à Vienne ou à Pesth. Di veuille seulement que l'ouverture de cette univers ne se fasse pas attendre aussi longtemps que celle l'académie ^
Il serait difficile de relever toutes les bonnes œuv du savant prélat.
Il n'est guère de sociétés savantes du monde sL' qui n'en aient été l'objet. Les sociétés de Zara, Laybach, de Belgrade, de Prague ont inscrit le ii de Mgr Strossmayer sur la liste de leurs bienfaiteu Fidèle à la morale du bon Samaritain, Mgr Stro mayer ne distingue pas entre les catholiques et orthodoxes. Parmi les nombreux ouvrages publié; ses frais, je me contenterai de signaler un magnifie recueil de chants bulgares édité à .Agram et d jjme Dqy^ d'Istria a jadis entretenu les lecteurs de Revue des Deux-^Mondes.
Ami éclairé des aris, il a réuni dans son palais i collection de tableaux italiens dus, pour la plupj aux meilleurs maîtres et qu il a pa'r avance légués musée d' Agram.
Ce prélat, qui, au dire de V Univers et des cent listes viennois ou autres, dépense sa fortune à entreprises mondaines, s'occupe maintenant à b