‹ Le monde slave, voyages et littéatureChapitre 3 sur 47 · INTRODUCTION. XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XV

dictionnaires; la langue tchèque est, jusqu'à nouvel ordre, inaccessible sans Tintermédiaire de Tallemand. Il est fort resTettable (lue les Tclièques n'aient pas encore songé à publier une grammaire et un dictionnaire franrais-liohème. Il fnul. aujourd'hui, plus que jamais, que les Slaves et la France se rapprochent et jettent, pour niii-i dire un pont par dessus l'Allemagne.

Les autres dialectes slaves soid plutùl du domaine de la philologie que de la littérature proprt'iiiciit dite. C'est une étude de luxe que les spécialistes seuls pourront se permettre. Il ne faut pas croire que Ton sache toutes les langues slaves pour en posséder uno qiu'lconque. Des panslavistes. plus enthousiastes que philologues, affirment que tous les Slaves s'entendent entre eux sans avoir étudié leurs grammaires respectives; sans doute^ ils peuvent comprendre certains mots usuels; mais la réalité est (piun Tchèque et un Russe, s'ils veulent suivre une conversation, soûl obligés dt' la Icnir «ju .dli-iiiiuid mi ru tV;niçais.

La similitude, pai'fois littérale, dt- Oirmes et df's mots, loin de far-ililcr rintelligence des textes.

XVr LE MÛXDK SLAVK.

la compliquo do difficiiUés d'autant plus redoutables, qu'au premier al)urd ou ne les souproinie pas. C'est ainsi, pour emprunler un exemple à noire lansrue. que le niot allemand /'oss, qui désigne un nol»le destrier, correspond au Iraneais j'osse, qui est, eonune on sait, la plus grosse injure que l'on puisse adresser à un cheval. Les faits de ce aenre amènent, dans les relations entre les Slaves, les quiproquo les ])\uè bizarres. Je me rappelle avoir rencontré un joui", à la fi'ontière de Russie, un Slovaque qui se rendait à Pétersbourg; persuadé par quehjues slavomancs de son pays que tous les -Slaves se comprennent entre eux, il enlamo. avec le dounniei' iiiosconUc. rmo conversation dont celui-i'i ne comprit pas le moimbe mot. Je mé trouvais là, licni'cu^iMiKMil. pour stM'\ ir dlinterprète. Je n'étais point slave de naissanc(\ mais j'avais étudié' des grammaires et des vocabulaires, ce que n'avaionl l'iit ni l'ini ni r;iulir dt^s deux inb^i"lo('ul(Mus.

An\ langU('> \ i\ ant('> (jue nous venons de signaler, il convifMil (rajoid(;r une laiiLiut' morte, (pii joue ciit'/ los Slaves un iiMi' analogue à celui du latin clic/ nous, le slavou ou slave ecclésiastique (hirchpushrn'isrh). que Ton appelle ;m-si nnléfn

IXTRODL'CTION. XVII

slav?. Cet idiome n'est point, comme on pourrait le croire, une lançrue-mère d'où dérivent les idiomes slaves modernes^ c'est simplement une sœur aînée, c'est l'ancienne langue des Slaves Bulgares, dans laquelle l'apôtre ('vrille traduisit le§ écritures au neuvième siècle.

Adoptée tour à tour par les diflférents peuples orthodoxes (Bulgares, Russes, Serbes), elle prit sous la plume des copistes des formes ou des vocables qui lui étaient primitivement étrangers. Aussi est-il peu de monuments où l'on puisse se flatter de la trouver dans sa pur(Mé primitive. Le ]ilns ancien est rKvangile dit d'Ostromir, écrit en 10^)7 pour un magistrat de NoVgorod-la-Grande. Scliafarik fuit rt-Muonler cei-tains textes jusqu'au onzième siècle; on n'a rien trouvé que l'on puisse croire antérieur à cette époque. A partir du Ireizième siècle el du (|iialnr'/ième siècle, les manusri'ils sont fort nombreux : dans les pays slaves on l'ail ('lia(|U(' jour des découvertes intéressantes au point de vue de la religion, de l'histoire ri dr la ]>hilologie. Un manusci'it paléoslave, écrit jadis à Prague. envoy(' à ('onstanlinoph; à la suite des guerres hussites, fut acheté par le Cardinal de Lorraine en cette ville, et donné p&r lui à l'égliso

XVIII LK Mu.NDK SLAVE.

cathédrale de Reims. Cûinnie persuuiie ne pouvait comprendre les caractères mystérieux tracés sur .ce parchemin, on hii prêta des vertus particuUères^ et il devint le texte officiel de IT. vanille sur lequel les rois prêtèrent le serment du couronnement.

Une des particularités de cet Évangile, c'est qu'il est écrit en deux caractères difTéreiits; il y a en effet deux anciens alphabets slaves. Tun dit Cyrillique (du nom de son iuvenleur pi'ésumé, saint Cyrille), Tautre dit Glo (joVitiiiiie , dont, l'origine prête encore à diverses conjectures.

Chez les Bosniaques catholiques, l'alidiabel cyriUique prit au seizième siècle quehpies formes nouvelles; Talphabet glaooli(i(pii'. employé dajis un certain nombre (hî nianuscrits, n'est plus en usage aujourdiuii (pie dans certaines portions de la I)id!iudi('. L'alphabi-l russe dérive de Talphabet cyrillique, avec lequel il a le même rapport que le carach"'re romain avec le gothique. Les autres peuples slaves ont .Klopli' Taphabet latin, complété par des signes diacriliipies particuliers. Cependant, en Ruhême, en Moravie, en Silésie et en Saxe, on imprime encore en caractères allemands des livres populaires. Ainsi, même

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