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DE PARIS A l'HAGLE. iW
pose de deux parties bien distinctes : l'une appartenant au style gothique, l'autre au style ilalien de la Renaissance. Les caveaux de la première ont longtemps servi de prison. La seule vue de l'édifice inspirait un respect religieux aux habitants de la cité. « Quand tu passes devant l'église, disait la mère à son enfant, dis un pdicr ; quand tu passes devant le Kathaus, dis-en deux. >> La grande salle du Ralhaus est ornée de fresques par Albert Durer; une d'entre elles représente le mauvais juge sous les traits de Midas coiffé d'oreilles d'une. Il est assis entre l'Ignorance et la Mauvaise Foi ; la Calomnie traîne devant lui par les cheveux un pauvre diable qu'accompagnent les figures allégoriques du Préjugé, du Mensonge, etc. La Vérité lente vient la dernière, à la fin du lugubre cortège. Arrivera-t-elle jusqu'au juge ? Vno inscription j)einle sur la muraille explique l'intenlion de l'artiste :
Elus manns red est ein Inilli nnl Man soll di tevl hœren bed.
« Le témoignage d'un seul n'est qu'un demi-témoignage ; il faut entendre les deux parties. » A côté de cette invitation à la justice, voici le triomphe de la force et de la souveraineté personnifiée par Maximilien ; il s'avance traîné sur un char maguifiijue, précédé des trompettes de la Ijonne ville et de ses minnesingers. Le génie de la Renaissance anime déjà cette œuvre qui annonce l'aurore de l'art iiouvenu. Popula-
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risée par la gravure, elle a inspiré plus d'un artiste eu Italie.
Comme l'iiôtel de ville, l'église de Saint-Sébaldus appartient à deux styles différents : elle est mi-romane, mi-gothique. L'extérieur n'offre guère de remarquable que la Porte des Mariées (Brautthnrei. Elle est surmontée d'une dentelle ogivale ornée des statues de la Vierge et de saint Sébald, des ciuij Vierges sages et des cinq Vierges folles. Ingénieuse et paternelle leçon donnée par l'église aux jeunes épouses qui franchissaient le seuil du saint édifice. Saint-Sébald est aujourd'hui temple protestant; mais ainsi qu'à Saint-Laurent, Tornementation intérieure est toute catholique. Les Krafft, les Stoss, les A\'oIgemuth l'ont embellie à l'envi. Si \e Sacraments Hœus/cin fait l'orgueil de Saint-Laurent, Saint-Sébakl a pour parure le tombeau de son patron, le plus précieux trésor de l'art allemand : c'est l'œuvre du grand fondeur Pierre Vischer (jui, aidé de ses trois fils, mit treize ans à l'élever.
Le cercueil du saint, revêtu d'or et d'argent, est porté par de gigantesijues limaçons. Il est entouré de plus de quatre-vingts figures représentant des apôtres, des génies, des animaux, chaos étrange où l'artiste a su garder l'ordre et riiarmonie. Sur la base de la châsse où lepose le saint, est représentée la vie de Sébald, né prince de Danemark et mort apôtre de la Germanie. Dans un coin, l'artiste, suivant la pieuse coutume du temps, s'est figuré lui-même avec son tablier et son marteau. Le tout est surmoulé d'un immense baldaquin à triple coupole supporté par d'élégantes colon-