J IV AN
Pauvre enfant ! et quand donc ai-je cessé de t’aimer?
MEIRIMA.
Jivan. si tu ne me trompes pas, nous pouvons encore tout réparer. Je sais comment gagner mon père : dis seulement une parole, et nous serons heureux pour toujours. Avec le nom et la fortune de mon père, avec ta bravoure et ton génie, tu seras le premier seigneur de la Bosnie. Et, si tu es las de la Bosnie, Alipacha est assez aimé à Stamboul pour que les portes brillantes du Divan s'ouvrent aisément à son gendre. Tu siégeras à côté du sultan. Amour, fortune et puissance, je t’apporte tout, ô mon Jivan ! Peux-tu me refuser ?
JIVAN.
Ta voix, les discours, tes baisers, feraient descendre un ange du ciel... laisse-moi, je ne puis sacrifier ma foi... je ne le puis.
MEIRIMA.
Garde en ton âme la foi que tu voudras *. Prends seulement un nom turc ! Oh ! tu peux le faire sans rien sacrifier !... Ne me réponds pas non ! La foi est-elle donc si forte chez vous? Vous lui sacriliez tout. Moi aussi je lui immolerais tout, mais non pas mon amour. Devant lui je *10 vois plus rien dans le ciel, plus rien sur la terre, fardonne-moi»