MEIR1MA
Oui, la jeune épouse va dormir dans la tombe son premier et son dernier sommeil.
OSMAN
Vierge, que veux tu dire? Est-ce un jeu ou perds-tu la raison?
MEIKIMA.
C’est un jeu, mais un jeu terrible. Oli ! je ne puis plus me soutenir.
î Elle s'étend sur le lit.)
OSMAN
Qu’as-tu?
[On entend des coups de fusil. Meirima relève la tête.)
. MEIRIMA.
Qu’est-ce que celte fusillade?
OSMAN
Ce sont les svats qui se réjouissent.
(La fusillade redouble.)
Non, ce ne sont pas les svats.
voix, dans les coulisses.
Accours, Osman! les heydouks fondent sur nous. Lèvetoi vite, si tu veux défendre ta liancée.
OSMAN
Ne crains rien, Meirima, nous allons les repousser. Reste ici.
(Il sort.)
meirima, seule.
Au secours! au secours! Il va venir, et j’ai bu le poison ! O Satan, voilà ton œuvre! Le poison me brûle les entrailles. Chérifa, où es-tu? O mon père, où es-tu? Tu abandonnes la fille? Mais que dis-je? Malheureux père, en ce moment même cent glaives sont tournés contre toi!
Elle essaie de sortir; elle tombe.
Des douleurs atroces me rongent les entrailles. C’est la mort... Mon Dieu, mon Dieu, rends-moi la vie... Il est trop lard, je meurs.
alipacha entre dans la tente le sabre à la main.
Tous les nôtres sont tombés ; ma place est ici auprès de mon enfunt.
MEIRIMA.
Oh! mon père, c’est toi? que je te voie encore! Fuis.
ALIPACHA.
Laisse-moi t’embrasser avant de mourir. Pardonne à ton père si, en mourant, il t’entraîne dans sa mort : c’est le seul moyen de sauver ton honneur.
MEIRIMA.
Oh! ne m’embrasse pas! Maudis-moi : perce-moi de ton yatagan.
jivan entre le sabre à la main.
Où est-elle?
ALIPACHA.
Jivan! toi vivant... parmi les hevdouks?
jivan.
Toi ici!
ALIPACHA.
Prêt à mourir plutôt que de te laisser arriver jusqu’à elle,