Voyez plus haut : Les Slaves du Sud et leur littérature
i. Arctkœ horulæ de latino rarnioliana litteratura. Vitebertria, ISM, in-foliQ.
LES OKitilNES Ut' PANSLAVISME. S'ill
Teste quelque connaissance de la langue slave ( slavica lingua). Or, la langue slave est répandue par la plus grande partie du inonde, sinon par le inonde entier... A la Cour du Sultan, les Janissaires parlent notre langue et écrivent dans notre alphabet cyrillique (il s'agit des Janissaires d’origine bulgare ou serbe). Notre langue est tellement répandue dans l’empire ottoman, quelle efface presque celle des Turcs euxmêmes 1 . Au nord, sous le pôle même, habitent les Moscovites. Bohoricz écrit moshovites et veut faire venir ce nom du mot Slovène mosh qui signifie un homme. Après les Moscovites, il mentionne les Iluthènes et tous les peuples que Ptolômôe groupe autour du golfe vénétique septentrional, et il énumère avec complaisance les Lithuaniens, les Polonais, les Bohèmes, les Lusaciens, les Vendes, les Serbes, les Bulgares, etc. « Tous ces peuples, dit-il, sont slaves et parlent slave. Peut-être, ajoute-il, prétendra-t-on, à cause de quelque différences de prononciation ou d’écriture, que ces peuples ne sont pas homoglottcs (parlant une
1. Ceci est encore vrai aujourd’hui. Dans « l’Exposé des motifs du projet de loi présenté à la Chambre des députés pour la création d’une chaire de littérature et de langues slaves au Collège de France » on lit que la Turquie a deux millions de sujets slaves. L'auteur du rapport, M. Salvandy, ne se trompait que de cinq ou six millions ! On lit dans le môme rapport que le serbe est parlé en Bohême ! D’aussi grossières erreurs étaient certainement les meilleurs arguments en faveur de la création du nouvel enseignement. (Voyez le Moniteur du 21 avril 1840.)
môme langue) ou qu’ils 11 e sont pas tous slaves. C’est comme si l’on prétendait que lesSouabes, les Misniens, les Saxons, les Flamands 11 e sont pas tous Germains; nous les reconnaissons pour Germains ; nous leur adjugeons une patrie commune à cause de la communauté de la langue. Pourquoi agir autrement vis-à-vis des Slaves? il y a certainement entre les dialectes slaves moins de dilférences de prononciation qu’entre les Misniens, les Saxons et les Flamands. » C'est là un langage d’une netteté et d’une précision incontestables.
Un peu plus tard, le philologue croate Frantchieh dans la préface d'un dictionnaire slave (slovinski), c’est-à-dire croate, publié eu 1G05, écrit: « Il n’y a pas, d’après ce que l’on sait jusqu'ici, de langue plus répandue dans le monde que notre idiome slave ; car il comprend une bonne partie de l’Europe et de l’Asie. » L’auteur se lance dans les recherches ethnographiques et affirme que les Bulgares sont originaires de la Moscovie, les Polabes et les Tchèques de la Polo-
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Krijanich, dont les travaux ont une si grande importance au point de vue historique et politique, s’occupait aussi d'études grammaticales. En 16G5, il acheva à Tobolsk sa grammaire slave qu’il avait, bien des années auparavant, commencée en Italie. I)e même que, dans son grand ouvrage politique, il compare entre eux les divers peuples slaves, de même, dans sa grammaire, il aborde l’étude raisonnée et comparative des différents dialectes slaves, et un lin—
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