ALLIANCE COMMUNISTE RÉVOLUTIONNAIRE
Les « évadés » de l’Allemanisme, dont ils ne pouvaient supporter la minutie inquisitoriale et les règlements despotiques, trouvèrent, devant eux, ouvertes les portes du parti blanquiste, qui est bien le parti le plus large et le plus accueillant, par la bonne grâce du citoyen Vaillant.
M. Vaillant sut offrir aux députés et aux conseillers municipaux qui abandonnaient un Parti, dont ils réprouvaient la discipline sévère, non pas d’entrer dans son clan après en avoir adopté le règlement de vie, mais de s’allier avec le Parti blanquiste, pour former un nouveau Parti d’union, que l’on dénomma Y Alliance communiste révolutionnaire.
Cette Alliance, fondée au mois de février de l’année 1897, est constituée sur le statut dont voici le texte :
« Depuis longtemps, le prolétariat réclame le groupement de toutes les forces socialistes et révolutionnaires.
c( A chaque occasion et de plus en plus unis dans le même combat et les mêmes idées, nous constituons, pour répondre à cette volonté, Y Alliance, socialiste communiste et révolutionnaire .
« D’accord entre nous pour seconder l’organisation économique et syndicale du prolétariat, pour activer son action politique ; résolus à entraîner dans la voie révolutionnaire le peuple, qui doit au plus tôt assurer la conquête de ses libertés et de ses droits, par la substitution de son gouvernement direct à celui de
ses délégués et maîtres ; résolus à précipiter la destruction du régime capitaliste et rémancipation de la classe ouvrière, par l 7 avènement de la République socialiste, nous concerterons désormais librement nos efforts.
« Certains qu’il n’y a d’union possible et féconde que par et dans la- liberté, nous resterons libres, indépendants les uns des autres ; maintenant l’organisation, le programme, la politique qui a fait notre force et qui fait aujourd’hui notre accord.
« Ainsi nous n’en serons que mieux à même de lutter ensemble et d’offrir, à ceux qui mettent au-dessus de toute pensée personnelle et de coterie l'intérêt général de la classe ouvrière et du socialisme, les conditions nécessaires d’action concertée et de lutte victorieuse du parti de la Révolution. »
Les organisations et les groupements qui composent Y Alliance sont l'ensemble des comités qui constituent le Parti socialiste révolutionnaire (blanquiste), le comité du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire (allemaniste) du XX 0 arrondissement, la Fédération des Ardennes (anciennement allemaniste), la Fédération de la Côte-d’Or, la Fédération de l’Ain, la Fédération du Jura, la Fédération du Doubs.
L Alliance comptait douze députés dans la Chambre de 1898 : MM. Allard, Breton, Chauvière, Coûtant, Dejeante, Groussier, Lassalle, Létang, Poulain, Sembat, Vaillant, Walter; cinq conseillers généraux de la Seine: MM. Berthaut.Faillet, Landrin, Thomas, Veber (Adrien) et de nombreux conseillers municipaux de province, en majorité dans les villes de Commentry, Vierzon-village, Bezenet, Domérat, Desertines, Mareuil, Fumay, Malakoff, le Kremlin-
LE PARTI SOCIALISTE DE FRANCE. 89
Bicêtre; en minorité à Toulouse, Tulle, Caliors, Yierzon-ville, Saint-Claude, Saint-Ouen, Gentilly, Saint-Quentin.
Dans la Chambre de 1902, Y Alliance comptait un député de plus. C’étaient : MM. Allard, Bouveri, Cliauvière, Constant, Coûtant, Dejeante, Delory, Dufour, Sembat, Thivrier, Vaillant, Walter et Adrien Veber, passé du conseil municipal au Parlement.