Le Rappel, 30 mai
D’où il résultait évidemment que les radicaux et radicaux-socialistes pouvaient se rallier, sans crainte, au programme de Saint-Mandé.
Les socialistes-ministérialistes se trouvaient ainsi compromis, accaparés avec leur programme et choyés comme des enfants prodigues par les radicaux, que la présence des Vaillant et des Guesde écartait jusque-là du parti socialiste.
« On se retrouve », disait le Petit Sou , ironique L
« La cassure de Lyon nous ravit, disait un député du groupe radical-socialiste. Nous 1 attendions et notre rêve de voir venir a nous V iviani et quelquesuns de ces amis est aujourd’hui réalisé. Aussi bien, rien ne nous séparait et l’entrée de Millerand avait aplani les quelques aspérités qui pouvaient exister entre eux et nous 2 . »
Cependant un député, du parti deM. Vaillant, abandonnait les blanquistes à leur intransigeance et passait avec armes et bagages au ministérialisme. C était M. Breton, le disciple favori de M. Vaillant. Il accusait aujourd’hui son maître d’avoir appelé l’affaire Dreyfus « ce fumier qui a pourri les meilleurs citoyens » et d’avoir empêché l'union entre tous les socialistes, et, à l’appui de son dire, il citait cette phrase brutale de l'ancien membre de la Commune : « Comment voulez-vous que nous lassions l’union avec des gens que nous ferions fusiller demain, si nous étions au pouvoir 3 ? »
M. Breton fondait immédiatement une fédération
j . Petit Sou du 1 er juin 1901.