Mouvement Socialiste du 15 avril
« Millerand sort de la lutte, ni exclu, ni blâmé, mais triomphant.
« Cette évolution décisive est si bien comprise par les radicaux, que l’un de leurs chefs déclare, dans le Siècle , que « dé- « sormais, nul cabinet réformiste ne pourra se constituer, sans « faire au parti néo-socialiste une place parmi ses membres ». — La Dépêche de Toulouse affirme également que le Congrès de Bordeaux a rendu plus intime la pénétration des radicaux et des néo-socialistes.
« Cependant ce congrès a mis fin à l’équivoque qui se maintenait, à travers les précédents Congrès, grâce aux ordres du jour équivoques, auxquels personne ne comprenait rien.
« Il faut, conclut le Mouvement Socialiste , que les militants socialistes, encore égarés dans le confusionnisme réformiste , — ceux du moins qui sont soucieux de leur dignité, — s’en séparent sans retard et qu’ils rejoignent le seul parti socialiste, dont ÿtAh Jules Guesde et Vaillant sont restés gérants. »
Il y aura donc un parti parlementaire, composé de députés et d’aspirants-ministres, et un parti de socialistes « soucieux de leur dignité », n’ambitionnant pas les postes élevés, parce qu’ils ne4>euvent y attein dre. Une brutale division séparera les deux camps, et M. Jaurès, ayant semé sur sa route tous les empêcheurs de danser en rond, célébrera, enfin seul, la bienfaisante unité.