LA FORMATION DE L’(EUF
une influence à distance? Une partie de la substance du tube pollinique, de la fo villa des anciens auteurs, se mèle-t-elle à la substance de l’oosphère pour former l'œuf?
Ce phénomène de la fécondation n’était pas d’une netteté suffisante, et Duchartre pouvait encore avoir le droit de dire, en 1875, à son cours de la Sorbonne : « Il est vrai que l’embryon de la future « plante provient de la vésicule embryonnaire, et « cela seulement lorsque le tube pollinique est venu « influencer cette vésicule. Mais il y a encore dans « ce phénomène de la fécondation quelque chose « de magnétique et de mystérieux qui est loin <». d’être éclairci. »
Vers cette époque, Warming, en Danemark, porta ses investigations vers la partie principale de l’ovule, et étudia en détail l’origine et la formation du sac embryonnaire. Un peu plus tard, Strasburger, en Allemagne, mettait en évidence la composition presque absolument constante des éléments qui se forment au nombre de huit dans le sac embryonnaire et déjà signalés par Ilofmeister fig. 8). Trois se groupent au sommet; trois se groupent à la base; les deux autres restent imprécis quant à leurs limites, mais leurs noyaux se trouvent entre le groupe des trois cellules du sommet et celui des trois cellules de la base. Ces dernières ont été nommées antipodes; parmi les trois cellules du sommet, la médiane est Y oosphère (iq, fîg. 8, et plus loin o, fig. 12), la seule cellule reproductrice femelle qui puisse former l’œuf proprement dit; les deux cellules voisines ont été appelées synergides (u0, t’3. fig. 8, et plus loin s et s', fig. 12). Celles-ci ne jouent le rôle de cellules femelles que chez quel-
HISTOIRE DE LA FLEUR
ques plantes exceptionnelles. Quant aux deux éléments intermédiaires, ils s’accolent souvent entre eux (n, fig. 8) et deviennent le point de départ de la formation de l’albumen. On sait que l’albumen est ce tissu vivant qui entoure l’embryon, et qui est digéré par lui pendant son premier développement. Dans le grain de Blé, par exemple, l’embryon est la jeune plantule avec laquelle on peut fabriquer le gluten, tandis que l’albumen, riche en amidon, fournit la farine.
Il est très remarquable de constater chez la fleur de toutes les plantes supérieures cette uniformité presque absolue dans la production de leur sac embryonnaire. Dans toutes les fleurs, depuis le Lis jusqu’au Topinambour, ou depuis l’Épinard jusqu’au Blé, on trouve ces huit éléments du sac embryonnaire : les trois antipodes, les deux éléments intermédiaires d’ou sortent l’albumen, les deux synergides, et l’oosphère qui formera l’œuf sous l’influence de l’extrémité du tube pollinique (voyez fig. 8, fig. 12 et fig. 15).
Mais tout cela ne nous dit pas quelle est cette influence ? Le mystère magnétique n’est pas encore approfondi.
Ën 1896, les savants japonais Ikeno et Hirase découvrirent que dans certaines plantes telles que les Cycas (si souvent cultivés dans les appartements pour leurs grandes feuilles persistantes ressemblant un peu à celles des Palmiers), le tube pollinique contient des éléments distincts, dont deux d’une forme très spéciale sont transportés à son extrémité. Ces deux éléments, nommés anthérozoïdes, ne sont autre chose que des cellules reproductrices mâles; en effet, il suffit que l’un d’eux vienne à se combiner complètement avec une oos-