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LA FORMATION DE L’ŒUF

phère renfermée dans le sac embryonnaire d’un ovule, pour qu’on puisse assister dans tous ses détails à la formation de l’œuf.

Dans leCycas, il se produit, comme l’ont indiqué ces savants, quelque chose de très particulier. Le grain de pollen qui germe ici directement sur l’ovule (p, fig. 11) produit un tube pollinique (ïp, fig. 11) s’enfonçant dans les tissus du nucelle, partie essentielle de l’ovule où s’est formé le sac embryonnaire, mais il n’arrive pas jusqu’à l’oosphère. Il débouche dans une cavité creusée dans le nucelle et qui se trouve au-dessus des oosphères. Cette cavité est remplie d’un liquide sucré (/s, fig. 11) provenant de la destruction des cellules qui l’a formée.

Lorsque le tube pollinique l’a atteinte, son extrémité arrive dans la cavité au contact du liquide sucré ; alors l’extrémité du filament pollinique y dissout sa paroi, et les deux anthérozoïdes («', a", fig. 11) qui ont été transportés jusque-là, suivant toujours l’extrémité du tube pollinique dans son parcours, sont déversés dans le liquide sucré où ils se mettent immédiatement à tourbillonner comme fie petits animalcules.

Voilà qui semble bien extraordinaire! Et cependant cette découverte a été vérifiée par tous les observateurs. Le botaniste américain Webber en a donné une description très détaillée pour les Zamia , plantes très voisines des Cycas, qui ont des anthérozoïdes relativement gros, et même visibles à l’œil nu. En faisant germer artificiellement des grains de pollen, Webber leur a fait produire des anthérozoïdes qu’il voyait ensuite nager en tournoyant dans un verre d’eau sucrée.

D’ailleurs, comme l’avaient montré les auteurs

HISTOIRE BE LA FLEUR

Fig. 10. — Anthérozoïde de Zarnia montrant la rampe spiralée garnie de cils vibratiles (grossi 70 fois).

de la découverte, chacun de ces petits corps porte une sorte de rampe en spirale (fig. 10) qui est régulièrement garnie de fins prolongements de la matière vivante de l’anthérozoïde.

Ces filaments protoplasmiques sont des cils vibratiles analogues à ceux décrits si souvent dans les cellules animales.

Grâce à cette rampe spiralée, garnie de cils vibratiles qui battent le liquide dans le même sens, l’anthérozoïde tournoie dans l’eau sucrée à la manière des Infusoires, ces petits animaux qu'on trouve en si grand nombre dans l’eau des mares ou des ruisseaux.

Or donc, pour en revenir au Cycas, lorsque les anthérozoïdes, apportés pour ainsi dire de l’extérieur, grâce au tube pollinique (/;;, fig. 11), jusque dans la cavité du tissu de l’ovule, sont mis en liberté dans le liquide sucré, ils y nagent en tous sens. Il suffit que l’un d’eux (a', fig. 11) atteigne une oosphère (o, no, fig. 11) pour que la combinaison, la conjugaison se produise entre ces deux éléments, l'un mâle (celui qui se déplace), et l’autre femelle (celui qui reste immobile).

Et maintenant, comment un anthérozoïde peut-il rencontrer l’oosphère?

Il faut savoir que. dans le Cycas, le sac embryonnaire contient un tissu (end, fig. 11) dans lequel sont découpées de petites bouteilles en forme de gourdes renfermant chacune une oosphère. Ces sortes de bouteilles ont été découvertes par Robert Brown qui les avait désignées sous le nom de corpuscules ( corp , fig. 11). Le col de chaque bou-

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