‹ Le monde végétalChapitre 19 sur 88 · GESNER ; CÉSALPIN ; BAUHIN ; LE « GENRE · texte numérisé non relu

GESNER ; CÉSALPIN ; BAUHIN ; LE « GENRE

il ne les étudia pas au point de vue purement théorique et philosophique, comme l’avaient fait les savants grecs; il laissa de côté toute considération relative à leurs prétendues vertus merveilleuses ou médicales. Ne s’occupant que de leur forme et de leur organisation, il choisit, pour les décrire, 840 végétaux types et les répartit en quinze classes d’après les ressemblances ou les différences qu’elles présentent entre elles.

Malheureusement, comme on l’a vu plus haut, Césalpin avait des idées inexactes sur la constitution et le rôle de la fleur, qui lui firent attribuer à la forme du fruit et des graines une trop grande importance. Certains des groupes de sa classification correspondent toutefois plus ou moins à ceux de sa classification actuelle.

Quoi qu'il en soit, l’ouvrage de Césalpin eut une grande influence. La question de la classification générale des plantes était loin d’être résolue, mais elle était nettement posée. D'ailleurs, les adeptes du grand naturaliste italien amenèrent de nombreux perfectionnements à l’ordre qu'il avait établi.

Césalpin désignait les plantes, non par une longue description, mais par une brève phrase latine permettant d’en condenser les caractères essentiels. Un de ses contemporains français, Pierre Belon (15.17-1574), les déterminait par des phrases encore plus courtes, souvent même par deux mots seulement, un subsiantif suivi d'un adjectif. C'est ce qui a fait dire quelquefois, avec exagération, que Belon est le créateur de la nomenclature binaire dont Linné devait être plus tard le réel fondateur.

Comme, en France, on élève facilement des monuments aux grands hommes et même aux pe-

LA CONSTITUTION DES GROUPES

tits, Pierre Belon a sa statue au Mans, tandis que l’illustre Andrea Cesalpini n’est pas encore immortalisé par le marbre en Italie.

D’autres travaux de premier ordre furent exécutés parallèlement à l’œuvre de Césalpin, en Flandre et en Suisse. Leur intérêt principal réside dans l’essai d’une méthode meilleure pour établir les divers groupes de végétaux. Au lieu de ne considérer presque qu’un seul organe, comme le faisait Césalpin, plusieurs botanistes firent de premières tentatives pour chercher à tenir compte de l’ensemble des caractères, tout en laissant prédominer ceux tirés de la fleur.

Le naturaliste flamand, Mathias de L’Obel *, répartit les plantes en quarante-quatre tribus fondées sur ces ressemblances de tous les caractères. Son ouvrage, chef-d’œuvre d’impression de la célèbre imprimerie Plantin à Anvers, renferme près de 2.500 figures gravées sur bois.

Gaspard Bauhin (1560-1624), né à Bâle de parents français, professait, ainsi que son frère Jean Bauhin, les mêmes principes que de L’Obel. Comme ce dernier, il débute par les plantes dont l’organisation est la plus simple, pour terminer par les plus complexes. Toutefois, il traite à part les arbres et les arbrisseaux, et, ne sachant pas distinguer les Cryptogames, il les introduit çà et là dans sa classification de la manière la plus étrange. L’importance de l’ouvrage de Bauhin, intitulé Pinax theatri botanici , auquel il avait travaillé

1. De L'Obel, connu sous le nom de Lobelius, est né à Ryssel (Flandre) en 1538 et mort à Londres en 1616. Tout le inonde connaît les Lobelia, petites plantes à fleurs bleues, qui lui sont dédiées, et qu’on cultive en bordures dans les jardins.

RAY ET TOURNEFORT ) GRANDES DIVISIONS 47

pendant plus de quarante années et qui fut publié, en 1620, peu avant sa mort, réside surtout dans le grand nombre d’espèces nouvelles, trouvées par lui dans ses voyages ; ces plantes y sont décrites en phrases condensées et dépassent le nombre de 6.000.

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