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LE LABORATOIRE DE SVALOF

laquelle les éleveurs donnent le nom de « pedigree ».

11 découvrit ainsi qu’il se produisait de temps à autre, chez les diverses céréales, des variations brusques. Un échantillon anormal, à épis très serrés par exemple, produit des graines, et ces graines sont pour la plupart autrement constituées que les graines normales. Il en provient des exemplaires qui ont acquis de nouveaux caractères, et, fait très important, ces caractères se maintiennent par hérédité, quel que soit le milieu extérieur. On voit qu’un parallélisme remarquable se maintient entre ces résultats et ceux obtenus par De Vries.

Nilsson a donc pu réellement créer des espèces nouvelles, ou plus exactement assister à leur création naturelle, se produisant brusquement à la suite d’une anomalie de la plante mère.

Alors, si parmi les espèces ainsi créées, il en est qui présentent des qualités toutes spéciales pour la culture — et c’est ce qui a lieu pour un certain nombre d’entre elles — les agriculteurs se trouveront en possession d’une espèce de semence bien supérieure à celles obtenues par sélection. Ils auraient à leur disposition, soit une sorte de blé donnant toujours et dans toutes les circonstances la même proportion de fécule et de gluten, soit une sorte d’orge permettant d’obtenir un malt régulier pour la fabrication de la bière, etc. C’est ainsi, par exemple, que l’une de ces sortes obtenues par mutation à Svalof présente une pureté de 97 à 100 p. 100, tandis que les meilleures races correspondantes, obtenues en Hongrie par sélection, n’ont qu’une pureté de 59 à 76 p. 100.

On comprend que ces découvertes de Nilsson, conduisant à de pareils résultats pratiques, aient

CRÉATION ACTUELLE DES ESPÈCES

eu un retentissement considérable dans le monde agricole de tous les pays et établirent la réputation du Laboratoire de Svalôf. Les subventions de toutes sortes se sont concentrées sur cet établissement, qui possède aujourd’hui des ressources très considérables, et auquel est annexée une exploitation agricole étendue, distincte d’ailleurs de l'administration scientifique du Laboratoire.

Mais ces nouvelles espèces élémentaires, formées à Svalôf, ne conviennent pas toujours aux divers climats de l’Europe ou de l’Amérique. Aussi cherche-t-on maintenant à en produire d’autres dans différents pays, d’après les procédés de Nilsson. En France, sur l’initiative de la Société des orges de brasserie, un jeune botaniste de talent, Blaringhem, s’est appliqué à chercher de nouvelles espèces qui conviendraient le mieux à notre pays. Aux États-Unis, en Allemagne, on a entrepris des études analogues.

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