CONDITIONS DE LA VIE SOUTERRAINE
les cavités souterraines de serpents monstrueux, de dragons à ailes de chauves-souris, ou encore de gnomes et de fées, il fut admis au contraire, depuis la Renaissance jusqu’à la fin du xvni® siècle, que les cavernes sont complètement dépourvues d’êtres vivants.
C’est en 1768 que Laurenti découvrit le premier animal habitant les grottes, et quelques années après, en 1772, Scopoli publia la première description d’un végétal du monde souterrain. Ces deux savants firent ces études dans les célèbres grottes d’Adelsberg, en Carniole (Autriche).
A propos de cette faune et de cette flore des cavernes, plusieurs questions très intéressantes se soulèvent tout naturellement.
Y a-t-il des espèces d’animaux et des espèces de végétaux spéciales aux cavernes, et qu’on ne rencontre jamais à la surface du sol?
Un animal ou un végétal vivant à la lumière peut-il devenir cavernicole et réciproquement?
La lumière est-elle nécessaire à la vie? Les êtres peuvent-ils croître, prospérer et se multiplier dans l’obscurité complète?
Autant de questions qui intéressent la philosophie biologique et la physiologie.
D’autres préoccupations, conduisant à des conséquences pratiques, se rapportent aussi aux organismes qui vivent dans les excavations du sol.
Beaucoup de cavernes et de grottes sont formées par des cours d’eau souterrains, parfois par l'interruption d’un cours d’eau superficiel qui coule à travers le sous-sol sur une certaine longueur ; telle est la perte de la Lesse dans les grottes de Han (Belgique) ou la perte de la Piuka dans les grottes d’Adelsberg (Carniole).
LA VIE DANS l’oBSCURITÉ
Les bactéries, ou en général les microbes, peuventils vivre dans ce milieu ? En particulier, les espèces dangereuses qui sont la cause de la plupart des maladies contagieuses sont-elles tuées par l'obscurité complète? Sinon, sont-elles retenues par le filtre que constituent les couches de roches perméables traversées par le cours d’eau ?
Beaucoup de sources proviennent de cours d'eau souterrains, et leur eau a une origine de surface très lointaine. Faut-il se défier de ces sources, ou, au contraire, leur eau est-elle admirablement filtrée ?
On voit que de nombreux problèmes se trouvent déjà énoncés à l’occasion de ces études sur le monde cavernicole, bien que je laisse de côté toutes les questions d’ordre purement physiologique.