‹ Le monde végétalChapitre 8 sur 88 · GERMINATION D.U POLLEN · texte numérisé non relu

GERMINATION D.U POLLEN

du Pourpier, au moment de la pollinisation. Amici vit alors que le grain de pollen germe sur le tissu du stigmate comme une spore (ou cellule reproductrice simple) du Champignon, germe sur uneplante dont il est parasite. Il décrivit le filament (tube pollinique) rempli de protoplasma, qui se forme

Fie. 6. — Figure du Mémoire de Rrongniart, représentant la germination d'un grain de pollen dont le tube se renfle dans les tissus du stigmate. L'auteur supposait que le renflement projetait son contenu dans les cellules (grossi 150 fois).

alors, pénétrant dans les papilles stigmaliques, vivant en parasite dans les tissus du stigmate et du style; et il supposa que ce filament allait jusqu’au contact de l’ovule pour le transformer en graine.

Le botaniste français Adolphe Brongniart, à propos du mémoire d’Amici, examina en 1827 la germination du pollen chez un grand nombre d’espèces et constata que, dans tous les cas, le

HISTOIRE DE I.A FLEUR

tube pollinique pénètre profondément dans les tissus du stigmate. Mais Brongniart était si fort imbu de la théorie de Needham et de Bernard de Jussieu qu’il passa à côté de la découverte du phénomène. 11 avait observé assez souvent de ces germinations de pollen incomplètes, dans lesquelles le filament se renfle parfois à l’extrémité en s’arrêtant dans son développement (fig. 6). Aussi, sans chercher plus loin, Brongniart admit d’une manière générale que le tube pollinique s’enfonce plus ou moins dans le tissu stigmatique, se renfle à son

extrémité et, de là, projette la fovilla à travers les tissus dans la direction des ovules. C’était un faible progrès sur ce qu’on admettait avant lui, et le passage de cette fovilla, c’est-à-dire du protoplasma vivant de la cellule pollinique, à travers les tissus, demeurait tout aussi invraisemblable et incompréhensible.

Amici reprit ces mêmes études en 1830 et F'L7; .T-? ,'°nl d’u „ -pistil’ parvint à montrer (fig. 7 j

montrant le trajet du tube pollinique f v ° '

ip, tp , depuis les papilles stigma- ln continuité du tube

tiques ps jusque dans l'ovule, où il pollinique , depuis SOI1 pénètre par 1 ouverture m (grossi 1 . . , ,, ,

10 fois). origine dans 1 enveloppe

du grain de pollen jusqu’à l’ovule dans lequel il pénètre par le micropyle (m, fig. 7), petite ouverture que laissent au sommet les téguments de l’ovule.

(fcBRMINA'WON DU POLLEN

Ces faits ayant été vérifiés par de nombreux savants dans les (leurs les plus différentes, il semblait qu’aucun doute ne pouvait plus subsister sur la sexualité de la (leur, lorsque l’existence de toute fécondation se trouva niée d’une autre manière encore par l’école allemande de Schleiden.

Les théories contribuent souvent au développement de la science; parfois, au contraire, les idées préconçues ne servent qu’à retarder tout progrès ; c’est ce qui arriva dans le cas actuel. Un style clair, une méthode parfaite d’exposition, un grand talent dans l’exécution des dessins, une parole éloquente, toutes ces qualités qui donnèrent à Schleiden une intluence incontestée, ne furent guère utilisées par lui que pour soutenir des erreurs manifestes.

Schleiden, qui avait essayé d’introduire tant d’idées fausses en anatomie, imagina que le pollen possédait dans sa fo vil la tous les éléments du futur embryon, et que, par conséquent, il n’existait aucune sexualité dans la fleur.

D’après l’auteur allemand, la germination du pollen sur le stigmate, la production du tube pollinique arrivant jusque dans l’ovule par le micropyle, tout cela ne servirait à la plante qu’à transporter la future plantule, déjà contenue en puissance dans le grain de pollen, au milieu de tissus favorables à sa formation première.

Schleiden n’admettail pas l’existence d’une fusion entre deux éléments différents. Pour lui, il n’y avait ni cellules mâles ni cellules femelles.

C’est cette doctrine que soutenait encore Sehacht en 1850, ainsi que je l’ai dit plus haut.

HISTOIRE DE LA FLEUR

Page 1