MARCHAND DE CANNES A
€ Le travail d’une sucrerie est l’un des plus curieux que l’on puisse voir. Les chauffeurs à moitié nus, dégouttants de sueur, sont devant leurs chaudières, qu’ils nourrissent avec usure et qui dévorent la bagasse avec une insatiable ardeur. Ceux-ci écument les sirops, ceux-là les décantent. Les uns veillent aux turbines, les autres au moulin et à la machine à vapeur. Le bruit métallique des cylindres, la ronde étourdissante des toupies se mêlent aux cris et aux chants des ouvriers. Au dehors, les cheminées de l’usine vomissent une fuméenoire et épaisse, et devant l'établissement les mules du Poitou, attelées à leurs charrettes qu’on décharge, ouvrent bruyamment leurs naseaux pour respirer à pleins poumons l’odeur agréable qui se dégage de la sucrerie. »
C’est de la mélasse, liquide sirupeux resté après la cristallisation du sucre, que l’on obtient le rhum par distillation.
L'Europe cultive pour son sucre une plante appartenant à une famille bien éloignée de celle des graminées : une Chénopodée, la Betterave, dont les racines charnues, jaunes, blanches ou rouges, contiennent une grande quantité de sucre cristallisable identique au sucre de Canne. La fabrication du sucre de Betterave est pour notre pays l’objet d’une immense industrie. On cullive en outre la Betterave comme plante fourragère pour la nourriture des bestiaux.