CHAPITRE II
Caractères. — Dattier, dattes et vin. — Cocotier : récolte du {oddy. — Le Cocotier des Séchelles. — Cocos australis. — Arec cachou. — Palmiers à cire. — Avoira. — Ivoire végétal. — Carludovica palmata. — Les chapeaux de panama,
Ainsi que les graminées, les Palmiers appartiennent à la classe des Monocotylédones. Ce sont des végétaux vivaces, lioneux, à port élégant, dont la racine primaire se détruit de bonne heure pour être remplacée par de nombreuses racines adventives. Ges racines se développent à la base du stipe en formant une masse compacte conique, souvent très volumineuse. Le tronc ou stipe est extrêmement élancé dans certains genres (où il va jusqu’à 80 mètres), raccourci en bulbe chez d’autres, Les feuilles émanent du bourgeon terminal et sont alternes, à pétale engainant et à limbe profondément divisé par déchirure.
Les fleurs sont petites, généralement dioïques et souvent prodigieusement nombreuses : on en a compté jusqu’à 12 000 dans une spathe de Dattier. Le calice a trois sépales et la corolle trois pétales. Les étamines se présentent ordinairement au nombre de six, les carpelles au nombre de trois. Il y a des espèces dont le fruit est une baie; il est drupe chez les autres
Les Palmiers sont les plus riches productions des pays chauds. Ils ne dépassent pas le 44° degré de latitude septentrionale, ni le 39° de latitude australe, et ceux qui vont jusqu’à
ces limites sont en très petit nombre. Les espèces se montrent d'autant plus abondantes, qu’à un climat plus chaud se joint une plus grande humidité; aussi fourmillent-elles dans l'Amérique équatoriale ; on en voit beaucoup dans l'Inde et dans son archipel. Le Dattier est propre à l'Arabie et au nord de l'Afrique. Certains Palmiers vivent en société et occupent seuls d’immenses espaces de terrain; les uns croissent dans les savanes inondées, les autres au milieu des sables arides.
« La famille des Palmiers, disent MM. Decaisne et Le Maout, dont on connaît aujourd'hui près d’un millier d'espèces, va immédiatement après celle des Graminées, relativement à l'utilité générale. Il n’y a peut-être pas une seule de ses espèces qui ne puisse trouver un emploi dans l’économie domestique ou dans l’industrie. Toutes peuvent fournir des fibres textiles, propres surtout à laconfection du papier ; leurs erandes feuilles servent à couvrir les habitations, et, découpées en lanières, elles entrent dans la fabrication de cordes, de natles, de paniers, de chapeaux et de divers ustensiles. Le bois de beaucoup de Palmiers arborescents fournit des solives employées à de nombreux usages. Quelques-uns contiennent dans leur stipe une fécule alibile, d’autres ont une sève sucrée et fermentescible; certaines espèces sont surtout utiles par leur fruit; certaines autres par l’huile contenue dans leur graine ou dans leur péricarpe. Chez beaucoup de Palmiers, le bourgeon central est, dans le jeune âge, un légume fort recherché. »
C’est ce que nous allons développer par quelques exemples.
Le Dattier, dont les fruits nourrissentles nègres et les Arabes qui vivent en Arabie et dans le Belad-el-Djerid, ou pays des dattes, situé au sud de l’Atlas et s'étendant du Maroc à la régence de Tunis, le Dattier fait le charme et la ressource des oasis. Son stipe droit s'élève jusqu’à vingt-cinq ou trente mètres; et il est couronné par une splendide touffe de quarante à cinquante feuilles qui atteignent trois et quatre mètres.
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