TAMISAGE DU THÉ
rôtissage, les feuilles sont suffisamment desséchées ; leur couleur est bien fixée, elles ne risquent plus de devenir noires, et leur teinte, d’un vert un peu terne, s’avive avec le temps.
La seconde partie de l'opération consiste à vanner le thé, à le passer à des cribles de divers calibres, afin d’en chasser la poussière et les autres impuretés; puis à le diviser en sortes commerciales, telle que lHyson-skin, l'Hyson, l'Hyson jeune, le thé poudre-à-canon, formé de petites feuilles roulées en boule, le thé impérial roulé en boules plus grosses.
Thé noir. — Les feuilles apportées des plantations sont étendues sur des nattes ou claies de bambou et laissées assez longtemps dans cet état : douze heures environ.
Alors seulement les ouvriers prennent les feuilles à deux mains, les projettent en l'air et les laissent retomber sur la claie. On les agite longtemps de la sorte, en les battant ou les pressant légèrement. Enfin, lorsqu'elles sont devenues molles et flasques, on les rassemble par tas, qu’on abandonne à euxmêmes environ une heure ou un peu plus; après quoi elles ont subi un léger changement dans leur couleur et sont devenues humides.
On les jette ensuite dans une bassine de fer, on les y fait rôtir cinq minutes environ, puis on les roule sur la table de rotang.
Ainsi roulées, les feuilles sont répandues en couches minces sur des tamis et mises à sécher en plein air. Un échafaudage en bambou, destiné spécialement à cet usage, se voit d’ordinaire devant chaque maison rurale des collines théifères. On les laisse -exposées à peu près trois heures durant, pendant lesquelles les ouvriers vont successivement d’un tamis à l’autre, agitant les feuilles et les empêchant de s’agglutiner ensemble.
Le thé, dépouillé de la sorte de son plus grand excès d'humidité et grandement réduit de volume, est rentré en manufacture, projeté de nouveau pendant trois ou quatre minutes dans la bassine à rôtir et roulé comme la première fois.
Cela fait on allume les feux de charbon de terre. Une corbeille
LE THÉ. . 97 tubulaire, large aux deux bouts et retrécie dans le milieu, étant placée sur le feu, on y fait tomber en couches d’un pouce environ les feuilles que renferme un (amis. Après cinq ou six minutes, durant lesquelles on a soigneusement veillé sur ces feuilles, on les retire du feu pour les rouler une troisième fois. A mesure que les boules sortent des mains des rouleurs, on les rassemble en tas jusqu'à la fin de l’opération. Alors elles sont de rechef épandues sur les tamis et tenues encore un peu de temps sur le feu. Parfois la dernière opération, savoir le grillage et le roulage, se répète à quatre reprises ; le thé a pris dès lors une couleur sombre.
La masse entière des feuilles ayant subi ces préparations, on en remplit des corbeilles que l’on place encore au-dessus d’un feu de charbon bien couvert. Le thé yreste jusqu’à dessiccation parfaite et achève d’y prendre sa couleur noire. Les manipulations ultérieures, telles que le tamisage, le triage, le raffinage, se succèdent suivant la commodité du fabricant.
Lorsque les feuilles sont encore jeunes, leur face inférieure est couverte d’un duvet blanc argenté qui tranche sur la couleur noire de la face supérieure. Si elles appartiennent à la première récolte, si elles sont bien roulées en spirale dans le sens de la longueur et présentent des filets blanchâtres ou des parties blanches aux deux extrémités, elles donnent les thes pékoé ou thés pékao, qu’on désigne sous les noms de pékoë à pointes blanches, orange péhoé.
Les feuilles larges, minces, concassées, roulées dans le sens de la largeur, mais sans duvet blanchâtre, forment le {hé souchong.
Les feuilles minces, courtes, d’un noir grisâtre, qui paraissent être les premières feuilles ou les plusjeunes de la troisième récolte, forment le {hé congo.
Le thé chulan est un thé vert très recherché pour son odeur suave, qui lui a été communiquée par la fleur de l’Olea
fragrans. Les Chinois aromatisent d’autres thés avec diverses MONDE VÉGÉTAL. 7
fleurs odoriférantes, telles que celles du Jasmin Sambac et du Camellia sesangua.
On a fait de nombreux essais pour cultiver le thé au Brésil et en Europe, mais les produits obtenus ne peuvent être comparés à ceux de la Chine.
ali