‹ Le monde végétalChapitre 50 sur 97 · LE MELON · texte numérisé non relu

LE MELON

de leur niveau, et répandent sur toute leur surface de la boue qu'ils puisent au fond du marais et qui, en s’insinuant entre les tiges et les feuilles entrelacées de toutes ces plantes, sert à les lier entre elles et à en former une nappe homogène qu’on solidifie encore en la couvrant d’un lit de conferves. Il s’agit ensuite de fixer ces îles artificielles ; les cultivateurs y réussis-

sent en y enfonçant de distance en distance des pieux de saule, qui pénètrent assez profondément dans la terre pour que les vents ne puissent rien déranger : disposition qui permet cependant à cette masse flottante de s'élever et de s’abaisser avec les eaux du lac. Avec de nouvelles herbes, ils forment sur toute la longueur des radeaux deux rangs de tas conoïdes hauts de 0",60, larges d’autant à la base, et creusés au sommet en une sorte de nid de poule qu’ils remplissent avec de la boue prise au fond du lac et à laquelle ils mêlent ordinairement des cendres de bois. C’est alors que commence la plantation. Le cultivateur tient tout prêls de jeunes plants de Melons et de Concombres; il en met trois sur chaque tas et les abandonne ensuite à eux-mêmes.

Les voyageurs anglais qui ont examiné ces radeaux, assurent n'avoir jamais vu en Europe de plantations de Melons et de Concombres aussi productives et aussi vigoureuses. La récolte se fait, comme la plantation, au moyen de barques avec lesquelles on circule autour des couches. Ces dernières sont en général assez fortes pour supporter le poids de l’homme chargé de cueillir les fruits.

Du reste,ce mode de culture n’est point limité au Cachmire; on le retrouve en Chine. Dans ce pays, chaque cultivateur possède son radeau numéroté, qu’il amarre au rivage et qu’il lance au milieu des lacs ou des étangs après y avoir déposé ses jeunes plants de Melons ou de Pastèques, qu’il soigne et qu’il recueille en retirant sur le rivage les petits îlots flottants qui les portent.

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