‹ Le monde végétalChapitre 56 sur 97 · GENT · texte numérisé non relu

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CHATAIÏIGNIER DES

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« Cet arbre sivanté et d’un diamètre si considérable est entitrement creux, car le Châtaignier est comme le saule : il subsiste par son écorce; 1l perd en vieillissant ses parlies intérieures, et ne s’en couronne pas moins de verdure. La cavité de celui-c1 étant immense, des gens du pays y ont construit une maison où est un four pour sécher des châtaignes, des noisettes, des amandes et autres fruits que l’on veut conserver. Souvent, quand ils ont besoin de bois, ils prennent une hache et ils en coupent à l'arbre même qui entoure leur maison ; aussi ce Chàtaignier est dans un grand état de destruction. »

Le Charme (Carpinus betulus) appartient à la famille des Corylacées, voisine des Cupulifères, et qui ne s’en distingue que par la structure de ses fleurs mâles,

Le Charme est remarquable par son feuillage élégant. On en fait des palissades qu’on appelle des charmilles. Son bois, blane, très fin, très serré, acquiertune grande dureté par la dessiccation. On l’emploie pour les ouvrages de charronnage, pour des roues de moulin, des vis de pressoir, des manches d'outils. C’est de plus un très bon bois de chauffage.

Le Coudrier ou Noisetier (Corylus avellana) est un arbrisseau dont la graine bien connue — c’est la noisette — est agréable au goût et fournit une huile douce.

Ces deux essences habitent l’Europe et le nord de l’Asie.

Une autre famille qui a de grandes affinilés avec les précédentes, c’est celle des Bétulinées, qui nous donne le Bouleau (Betula) et l'Aulne (A !nus). Elle est répandue dans les parties froides et dans les parties tempérées de l'hémisphère nord. Les Bouleaux forment des bois ou de vastes forêts dans l’Europe, Asie et l'Amérique méridionale. On en voit, même à l’état d’arbustes, des espèces rabougries dans les régions polaires et à la limite des neiges éternelles. Le Bouleau blanc est l'arbre qui s’avance le plus près du pôle. C'est une espèce fort utile, bien qu’on ne l'emploie pas pour les constructions ; 1! fait un excellent combustible, et son charbon est recherché pour les

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forges. De ses rameaux on fabrique des balais ; et son écorce imperméable à l’eau est utilisée dans le Nord à la fabrication de divers ustensiles, de chaussures, de cordes et même de canots. La partie cellulaire de cette écorce renferme une fécule que mangent les Samoyèdes. Les charrons et les menuisiers estiment le bois à cause de sa ténacité.

L’Aulne est un arbre presque aquatique, dont les troncs font d'excellents pilotis. C’est le charbon d’Aulne qui est le plus employé dans la fabrication de la poudre à canon.

Nous ne pouvons, parmi ces beaux arbres, que nommer le Frêne (Fraxinus excelsior), qui est de la mème famille que Olivier et qui peut atteindre 90 mètres de hauteur et 8 mètres de circonférence; les Tilleuls (Tilia platyphylla et T. sylvestris), qu'on trouve dans les bois des environs de Paris et dans les bois de plaine ; lePeuplier-tremble (Populus tremula), de la famille des Salicinées ; l'Orme commun ou Orme champêtre (Ulmus campestris), qui donne son nom aux Ulmacées, croit dans les bois de montagne et donne le meilleur bois de chauffage. Il nous faut en passer bien d’autres sous-silence, mais nous ne pouvons faire autrement que d'accorder une mention toute spéciale à la pittoresque et vaste famille des Conifères.

« Les Conifères, disent MM. Decaisne et Le Maout, qui ont joué un rôle si considérable à toutes les époques géologiques de notre planète, sont encore aujourd’hui une des familles les plus nombreuses et les plus répandues à la surface de la terre. Elles forment une classe plutôt qu’une famille, et leurs tribus peuvent être considérées comme autant de familles distinctes, susceptibles elles-mêmes de subdivisions. »

Ces tribus sont :

1° Les À biétinées, ayant pour principaux genres le Sapin (Abies), l'Épicéa (Picea), le Pin (Pinus), le Mélèze (Larix), le Cèdre (Cedrus), le Sequoïa, lAuracaria, etc.

2° Les Cupressinées, avec le Cyprès (Cupressus).

3° Les Taxinées, que nous représenterons par l’If (Taæus).

4° Les Cycadées, qui tirent leur nom des Gycas.

Pour caractériser les Abiétinées, nous prendrons quelquesuns des traits du Pin. C'est un arbre à feuilles persistantes, alternes, simples, raides, allongées et réunies en fascicules ceints à leur base d’une gaine scarieuse.

Le même individu porte des fleurs mâles et des fleurs femelles. Dans les fleurs mâles, les étamines, en nombre considérable, sont insérées sur un axe floral. Les fleurs femelles, disposées en chaton, se composent d’un ovaire élalé en façon d’écaille. Le fruit, fait des écailles devenues dures, ligneuses et épaissies à leur sommet, porte le nom de cône.

Les Sapins, très voisins des Pins, n’en diffèrent que par les feuilles, qui ne sont pas réunies par faisceaux dans les gaines, et par les cônes, dont les écailles sont amincies, etarrondies au somme .

Les Mélèzes, par leurs feuilles, tiennent le milieu entre les pins el les sapins; ces feuilles, en effet, naissent fasciculées, puis se séparent, par suite de l’allongement du bourgeon; elles persistent pendant un hiver.

Celles du Cèdre demeurent plusieurs années après l’allongement du bourgeon.

Ces quatre essences couvrent de vastes contrées dans l’hémisphère Nord; elles vivent en société sur les montagnes des régions tempérées, et descendent vers les plaines à mesure qu’elles s’approchent du pôle. Les Pins et les Mélèzes qui habitent les Alpes y marquent la limite de la végétation arborescente.

Parmi les nombreuses espèces da Pin, nous citerons :

Le Pin sylvestre, un très bel arbre que l’on trouve abondamment en Suisse, en Savoie, dans les Pyrénées, les Vosges et en Auvergne. Son bois est fort blanc et sert à fabriquer des seaux, des baquets, et beaucoup d'ouvrages de menuiserie et de charpente. Les Lapons et les Esquimaux, qui ne possèdent

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