‹ Le monde végétalChapitre 58 sur 97 · UN DES PLUS GROS ARBRES GÉANTS DU CGALAVÉRAS (GALIFORNIE · texte numérisé non relu

UN DES PLUS GROS ARBRES GÉANTS DU CGALAVÉRAS (GALIFORNIE

L'Asie possède les plus beaux Cèdres : ceux du Liban et ceux de l'Himalaya. Leur bois, que les Hébreux regardaient comme incorruptible, est encore très estimé.

Les Araucaria étalent leurs vastes sommets sur les montagnes du Brésil et du Chili.

Quant aux Sequoia, ce sont les plus grands des végétaux, et ils méritent à ce titre quelques détails.

Le Sequoia gigantea est une des merveilles de la végétation. C’est à G. Douglas qu'est due sa découverte. Il le,vit en Californie, dans la Sierra Nevada, et en parla avec enthousiasme. « I donne à ces montagnes, écrivait-il, un aspect extraordinaire, je dirai presque formidable. J’ai à plusieurs reprises mesuré des individus de cet arbre ayant 270 pieds (82°,26) de hauteur et 32 pieds (9°75) de circonférence à un mètre du sol. Quelques-uns atteignent 300 pieds (91,40), mais sans dépasser la erosseur que je viens d'indiquer. »

I ya peu d'années, on signala la découverte d’une immense forêt de Sequoia gigantea dans les comtés californiens de Tulare et de Fresuo. Le Sequoia sempervirens, proche allié du S. gigantea, S'y voit aussi sur un rivage d’une longueur de plusieurs centaines de milles et d’une largeur variable, et que recouvre la brume maritime.

Dans le lieu où le Séquoïa fut découvert, on comptait il y à vingt ans une centaine de ces arbres gigantesques dans un espace de vingt-cinq ou trente hectares. Leur tronc était orné de nombreux parasites, mousses, lichens, etc.

Les anfractuosités que laissent entre elles les amarres des racines au collet de larbre, sont souvent d’une telle dimension, que des familles d’Indiens s'y abritent pendant la mauvaise saison.

Ces majestueux Conifères appartenaient à un Américain qui s’en faisait le cicerone et qui guidait les voyageurs dans leur visite aux grands arbres. Chacun d’eux avait un nom particulier, en rapport avec sa forme ou sa taille. Aïnsi il y avait les

LES ARBRES DES FORÊTS. 187 Trois sœurs : trois Sequoias semblant sortir d’une même souche; le Family group se composait de vingt-six arbres rapprochés, parmi lesquels se distinguaient le père, la mère et les vingtquatre enfants. Le père, renversé déjà depuis plusieurs années, mesurait à sa base 110 pieds de circonférence, et comme il s’était brisé dans sa chute, on estimait qu’il avait dù dépasser de beaucoup 400 pieds, puisqu'il avait à l'endroit de sa brisure, qui était à 300 pieds de haut, encore 40 pieds de circonférence. Un autre Séquoïas’appelait le Big tree (gros arbre). On lPabattit, et pour cette besogne il fallut cinq hommes pendant vingt-cinq jours. La chute fut épouvantable. La décortication du tronc demanda trois semaines.

Le Muséum de Paris possède des fragments de cette écorce ayant de 30 à 40 centimètres d'épaisseur, d’une grande légèreté, brune et composée d'éléments qui se tiennent comme ceux d’un feutre; les couches nouvelles qui se déposent annuellement s'ajoutent aux anciennes, sans qu’il y ait jamais d’exfoliation des couches anciennement formées. De sorte que, théoriquement, l'écorce pourrait être aussi vieille que l’arbre, si des agents extérieurs ne venaient pas l’endommager.

A l'exposition deSan-Francisco,un cylindre d’écorce de vingtquatre pieds, tout d’une pièce, figura comme une des curiosités les plus étonnantes du pays. Placé debout, ce cylindre faisait une chambre circulaire meublée à la manière d’un salon, avec des sièges pour quarante personnes ; et un jour on y fit entrer, sans qu’ils y fussent gênés, jusqu’à cent quarante enfants à la fois. Il y a quelques années, le journal la Nature reproduisit une curieuse gravure américaine représentant un bal donné en californie sur le vaste plancher massif formé par la section du tronc abattu d’un Sequoia. L'arbre avait été scié à l’aide d’un mécanisme spécial, et quand il fut tombé, quelques excursionnistes organisèrent un orchestre et dansèrent sur la coupe du vaste tronc.

Le bois de Sequoïa est d’excellente qualité. ILest homogène,

quels que soient la taille et l’âge de larbre, léger, élastique, rougeâtre et susceptible d’un beau poli.

Les dimensions des Sequoïas leur ont fait attribuer un nombre considérable de siècles.

On a été jusqu’à leur donner trois mille ans d’existence, et un botaniste transporté s’écria un Jour : « Quelle fabuleuse antiquité ! Voilà un arbre dont l’enfance remonte à l’époque où Sanson assommait les Philistins, où Pâris courait les mers avec

la belle Hélène, où le pieux Enée emportait le père Anchise sur ses filiales épaules, etc. »

Depuis, on a reconnu qu'il fallait quelque peu rabattre de ces durées.

L’If commun se trouve dans l'Europe centrale et méditerranéenne. C’est un arbre à feuilles rapprochées, linéaires, aiguës. Sa longévité dépasse celle de tous les autres végétaux. II formait autrefois des forêts dans quelques contrées de l’Europe.

Le Cyprès, originaire du Levant, est répandu dans le midi de l’Europe, où il fait des haies très serrées et très hautes qui servent d’abri aux jardins. Son bois est dur, rougeâtre et presque incorruptüble. C’est un bel arbre, de haute taille; la variété pyramidale est consacrée aux tombeaux.

Les Cycadées sont des arbres ou arbustes élégants, d’une orande longévité, et que les anciens botanistes avaient rapprochés, d’après leur aspect, soit des Palmiers, soit des Fougères arborescentes. La tige, en effet, ordinairement simple, est couverte, par les bases persistantes des pétioles ou marquée de cicatrices annulaires ; les feuilles sont de deux sortes : les unes courtes, dures, squamiformes, appliquées sur le bourgeon terminal ; les autres normales, couronnant le sommet du cône, comme dans les Palmiers. |

Les Cycas habitent surtout l'Inde, Madagascar et les parties équatoriales de l'Australie.

Nous ajouterons à cette énumération quelques mots sur un

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arbre connu depuis assez peu de temps en Europe : l’'Eucalyptus. C'est une essence gigantesque de l’Australie, et que les botanistes placent dans la nombreuse famille des Myrtucées, tribu des Leptospermées.

L’Eucalyptus est pour les sauvages de son pays comme le Cyprès pour les peuples d'Europe; ils vont enterrer leurs morts sous son ombrage, au milieu des bois.

On l’acclimate dans les régions malsaines, car il parait bien démontré qu'il est un excellent purificateur des localités insalubres; bien plus, sans doute, en asséchant les sols marécageux par la puissante succion de ses racines que par les émanations aromatiques de ses feuilles, qui cependant pourraient bien ne pas être sans efficacité. Sa croissance merveilleusement rapide et les qualités de son bois, justement appréciées dans un temps où les bois de construction tendent à devenir de plus en plus rares et chers, ont été également dans les raisons qui l'ont fait accueillir avec tant d’empressement. On le trouve maintenant presque partout dans la basse Provence, où déjà quelques échantillons arrivent à la taille d'arbres de haute futaie, et c’est par centaines de mille, peut-être par millions, qu'on l’a planté, dans ces dernières années, en Algérie, en Jtalie, en Espagne et en Corse. Dans ce dernier pays, tout fait espérer que les plages basses, alternativement noyées et desséchées, et impossibles à cultiver à cause de leurs miasmes, seront bientôt couvertes de forèls d’Eucalyptus.

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