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LES ROSIERS

trois semaines. Il faut qu’elles soient cueillies le matin et distillées le Jour même, pour ne rien perdre de leur parfum. On les distille pendant deux heures dans l’eau, puis on les retire, et l’on soumet à une nouvelle distillation l’eau recueillie et déjà très parfumée. Bientôt l'essence, plus légère, se sépare et apparaît à la surface du liquide. On la recueille avec une cuiller.

I faut 26 kilogrammes de roses, c’est-à-dire 130 000 fleurs, pour produire 50 grammes d’essence. Quand on sait que la vallée de Kasanlik produit environ 2000 kilogrammes d'essence par an, on peut se faire une idée du nombre prodigieux de rosiers qui y croissent.

Un kilogramme d’essence de roses vaut, en moyenne, 1000 francs.

Pour le travail de la cueillette et de la distillation, on emploie surtout des femmes et des enfants, dont le salaire est de 50 centimes par Jour.

C’est vers le 15 juin que les essences nouvelles arrivent sur le marché et sont expédiées dans les ports voisins. [faut ajouter que les négociants chargés de vendre ce parfum précieux le falsifient par le mélange d’essences beaucoup plus communes. Une des fraudes les plus fréquentes consiste à ajouter à l’essence de rose un tiers ou un cinquième d'essence de Géranium d’Anatolie. Cette faisification, maintenant passée en usage, est acceptée par le commerce.

Mais, revenant de ces pays lointains, nous allons donner sur la culture des Rosiers des renseignements pratiques, puisés dans la Flore des serres et des jardins de l'Europe.

En général,les Rosiers exigent un bon sol, une terre franche, un peu d'humidité, et peuvent braver les intempéries de nos elimats à l’air libre. Un peu d’engrais (le terreau de couches) donné chaque année les fait végéter avec vigueur et produire des fleurs et plus belles et plus abondantes. On se contente

d’enterrer ce terreau à l’entour de la souche, en ayant soin de MONDE VÉGÉTAL. 10

ne point endommager les racines. Un arrose abondamment pendant les chaleurs.

Les amateurs soigneux visitent chaque jour leurs Rosiers pour en extirper les chenilles et les autres larves d'insectes qui en attaquent les feuilles ou en dévorent les jeunes boutons. Un bouton attaqué est une fleur mort-née. Aussi une chasse attentive est-elle de la plus grande importance. Toute feuille roulée doit être ouverte avec précaution ; tout bouton penché et autour duquel les jeunes feuilles paraissent appliquées, a besoin d’être exploré.

Tenu en buisson, longtemps avant que les bourgeons se développent, le Rosier sera rabattu chaque année, afin de prendre une belle apparence et donner plus de fleurs. On supprime toutes les branches mortes, inutiles ou disgracieuses, on rabat les gourmandes, c’est-à-dire les plus longues, jusque près de la base. On ne peut guère prescrire de règles pour la taille du Rosier en buisson, pour laquelle il ne faut que du goût et de l'expérience.

L'opération de la taille doit avoir lieu en février ou en mars, par un temps doux ou pluvieux, mais elle doit être différée un peu pour les espèces qui craignent la gelée.

Certains Rosiers, les Banks, les Multiflores, les Sempervirens et quelques autres, gagnent une grande quantité de fleurs à être abandonnés à eux-mêmes. Les soins à leur donner se bornent à les débarrasser des insectes et du bois mort. Pour le greffage, on se sert d’Églantiers qu’on va chercher dans les bois et qu’on a soin de choisir droits et vigoureux.

Les Rosiers se multiplient facilement de boutures qui se font sur couche et sous cloche.

Deux sortes de greffages sont usités: le grelfage en fente et le greffage en écusson.

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