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LES BRUYÈRES ET LES RHODODENDRONS

Caractères des Éricinées. — La Bruyère cendrée. — Vertus attribuées à la Bruyère par les anciens. — Culture des Bruyères. — Les Rhododendrons. — Nombre immense de leurs variétés.

Les Bruyères et les Rhododendrons font partie de la famille des Éricinées, laquelle a pour les botanistes des affinités avec celle des Gamelliacées. Les Éricinées sont dispersées sur toute la surface du globe ; mais les Bruyères sont bannies de l’Amérique, de l'Asie et de l'Australie, où les Épacridées les remplacent. Les Rhododendrons appartiennent à la tribu des Rhodoracées, où se trouvent aussi les splendides Azalées ; les Bruyères se placent dans celle des Éricées.

Les Ericinées sont des arbrisseaux ou des sous-arbrisseaux, à feuilles généralement alternes. Chezles Bruyères la corolle est persistante. « Parler des Bruyères, dit un botaniste, c’est parler de ce que le règne végétal nous offre de plus mignard, de plus élégant, de plus délicat. A l’exception de l'odeur, qu’elle semble leur avoir entièrement refusée, la nature s’est montrée bien prodigue à leur égard : feuillage persistant, tellement ténu qu’il ressemble à certaines plumes; fleurs extrêmement nombreuses, de toutes dimensions, de toutes formes, de tous coloris, sauf le bleu; forme d'arbres et en mème temps taille naine, quoique élancée ou touffue: tels sont à première vue les avantages dont les Bruyères sont douées. »

Elles font un des plus charmants ornements des forêts des

environs de Paris, de la Normandie et de la Bretagne. En automne, d'immenses nappes pourprées, composées des milliers de clochettes de l'espèce appelée Caluna vulgaris, ou encore Bruyère cendrée, égavent l'œil par le contraste heureux qu’elles font avec la verdure. La culture s’est emparée de ce genre Erica, el grâce à ses efforts on en compte aujourd'hui plus de six cents espèces ou variétés, la plupart fort distinctes entre elles. Une des plus jolies porte le nom d'Erica neillii. C’est une plante de serre froide ou d'appartement.

Les anciens attribuaient aux Bruyères une action contre la morsure des serpents, et, sans doule à cause de son étymologie, qui fait venir erica d’un mot grec qui veut dire 7e broie, les physiciens du moyen âge lui attribuaient des vertus contre la pierre. Aujourd’hui la Bruyère doit se contenter de figurer parmi les plantes d'ornement. Voici quelques conseils sur sa culture : |

Dans les journées chaudes, il faut l’arroser abondamment et de manière que le feuillage soit saturé d'humidité. Dans les temps humides, on se contente de mouiller les pots dont la terre a un peu séché, en veillant avec soin à ce qu’elle n'arrive jamais à un état de sécheresse complet, qui serait mortel à la plante. Les rempotages en terre de bruyère pure, sablonneuse, non passée au crible, doivent être fréquents, les racines souffrant beaucoup de se tortiller au fond des pots.

En hiver, la chaleur n’est aucunement nécessaire aux Bruyères. Le seul soin consiste à les protéger contre l’humidité, au moyen d’une aération abondante.

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