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FEUILLE DE NÉPENTHÈS

Le docteur Turner, ayant eu l’occasion d'analyser l’eau contenue dans l’urne d’un Népenthès du jardin botanique d’Édimbourg, urne non encore ouverte, remarqua qu’en bouillant elle émettait une odeur de pommes cuites provenant d’une petite quantité de matière végétale, et qu’en refroidissant, par la simple évaporation, elle déposait de petits cristaux de sel d’oseille.

Les savants ne sont pas d'accord non plus sur le mouvement de l’opercule des ascidies, mouvement qui est également affirmé et nié, Il serait causé par le phénomène ordinaire du

jour et de la nuit. Ainsi, dit-on, l’ascidie, pendant la nuit, est fermée par son couvercle : c’est alors qu’elle Semplit de liquide; pendant le Jour, le couvercle s'ouvre, et l’ascidie se vide en tout ou en partie.

Des insectes nombreux trouvés dans ce liquide ont fait penser que le Népenthés est une plante carnivore.

Des plantes aussi extraordinaires devaient attirer même l'attention des sauvages indigènes des lieux où elles croissent. Aussi les connaïssent-ils fort bien, en y attachant naturellement des idées superstitieuses. Lorsque, par exemple, ils désirent de la pluie, ils coupent les urnes des Népenthès et en renversent l’eau sur le’sol, persuadés ‘qu'ils sont que leurs champs seront arrosés dans la journée. Dans l'Inde (et nous ne disons pas qu’ils ont tort), les médecins regardent la racine de ces plantes comme astringente, et en distillent une liqueur qu'ils emploient par absorption contre certaines fièvres'et en liniments contre les inflammations de la peau.

Rien ne fait mieux dans une serre qu'un Népenthès. Malheureusement, il est rare d’yv voir cette plante végéter avec vigueur. Elle est presque toujours chétive, rachitique; Pextrémité de ses feuilles périssant sans avoir développéVascidie: Ce n’est pourtant pas à la difficulté de la culture ‘que doit être attribué ce fâcheux inconvénient, mais bién aw défaut de soins appropriés et de précautions convenables.! Voici, d’après M: Louis Van Houtte les règles à suivre pour obtenir de plus heureux résultats :

« Tout d’abord l’essentiel est de combiner, dans des proportions convenables, les trois agents de toute végétation factice : la chaleur, l'humidité et l’aérification, sans le concours immédiat desquelles le succès est impossible. Sans aération (ou ventilation, si l’on veut), une plante suffisamment chauffée et humidifiée s’allonge, s’étiole et n’émet que des organes avortés. L’aération sans chaleur et sans humidité suffisantes s’oppose à toute végétation. Il est inutile de conti-

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nuer ce parallèle, mais cherchons à le mettre en pratique,

« Une serre basse, chaude et humide, une serre à orchidées, par exemple, convient parfaitement à la culture des Népenthès.

« On les plante assez largement dans une terre franche mêlée de mousse et de fragments de briques finement concassés; le vase doit plonger dans une terrine assez profonde remplie de mousse toujours mouillée, afin que le fond contienne sans cesse ‘une petite quantité d’eau à l’état libre. Il est mieux encore de se servir de doubles vases dont l’extérieur, beaucoup plus grand, dépasse un peu l’intérieur ; l’intervalle est rempli également de mousse sans cesse humidifiée. Au fur et à mesure que la plante grandit, comme elle ne se soutient qu’à l’aide de ses cirrhes, on attache au vase des cercles en fil de fer, ou mieux en baguettes très fines, peintes en vert, que l’on soutient par trois ou quatre autres baguettes longitudinalement placées.

« La plante ainsi préparée doit être placée dans l'endroit le plus chaud, le-mieux ombragé (artificieliement) de la serre, et là où puissent lui arriver la lumière solaire tamisée par des ombrages de verdure de préférence et, autant que possible, un courant d’air pur et chaud. Dans cette situation, en été, une fois par jour, deux fois et trois fois au besoin (c’est-à-dire enproportionnantles arrosages à la rapidité de l’évaporation), l’on arrosera abondamment les feuilles et la mousse. On diminuera peu à peu les arrosages, on cessera d’humidifier la surface des vases et la mousse contenue soit entre eux, soit dans le terrain, en même temps que la belle saison décroitra, pour, en hiver, laisser l'appareil sinon entièrement see, du moins beaucoup moins humide comparativement. »

A la suite de ces conseils si précieux et si bien exposés, Van Houtte ajoute qu’en les mettant en pratique il a cultivé des Nepenthes distillatoria qui n'avaient pas moins de vingt pieds de hauteur, « et s’enorgueillissaient de tout l'éclat d’une

végétation tropicale ».

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