‹ Le monde végétalChapitre 94 sur 97 · CURARE · texte numérisé non relu

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comparée à celle de cantharides préalablement marinées dans de l’acide sulfurique. »

Les Indiens sont très jaloux du secret de ce poison. M. Paul Marcoy eut toutes les peines du monde à obtenir qu'ils en fabriquassent devant lui. Il fallut que le missionnaire qui gouvernait la peuplade au milieu de laquelle il se trouvait alors, employät toute son influence, et l’appât de trois couteaux, richesse énorme aux yeux de ces hommes primitifs, pour qu'ils préparassent le poison devant l'étranger.

Le curare agit, comme les venins, d’une manière beaucoup plus active lorsqu'il pénètre directement dans le sang, que lorsqu'il est introduit, même à une dose assez considérable, par les voies digestives.

Les symptômes de la mort par le curare présentent un aspect caractéristique sur lequel s'accordent tous les observateurs : l'animal empoisonné ne semble pas ressentir la moindre douleur, il paraît seulement accablé par le sommeil; il est incapable de mouvement : il conserve toute son intelligence, mais tous les organes qui le devaient servir cessent d’obéir à sa volonté : il est paralysé.

Ce poison a été tout particulièrement étudié par Claude Bernard, et ses expériences lui ont permis de rendre manifeste l’existence de ces trois systèmes différents : système nerveux sensitif, système nerveux moteur, système musculaire. Nous ne pouvons entrer là-dessus dans aucun développement ; mais ce qu’il importe de savoir, c’est que, les nerfs du mouvement élant paralysés, non seulement l’animal ne pourra plus se mouvoir, mais encore cessera de respirer; les muscles extenseurs de la poitrine ne fonctionneront plus... « En résumé, c’est doncle manque d'oxygène ou l’asphyxie qui amène la mort dans l’empoisonnement par le curare. S'il en est ainsi, c’est l’oxygène qu’il faut rendre pour rappeler à la vie, et le contrepoison sera simplement la respiration artificielle, c’est-à-dire un soufflet qui, remplaçant les mouvements respi-

LES STRYCHNOS. 219 ratoires éteints, introduira, graduellement et avec les précautions convenables, de l'air pur dans les poumons...

« … En 1815, Watterton et Brodie inoculèrent du curare à une ânesse, qui mourut en dix minutes. On lui fit alors une incision à la trachée artère et on lui gonfla régulièrement les poumons pendant deux heures avec un soufflet. La vie suspendue revint; l’ânesse leva la tête et regarda autour d'elle; mais l'introduction de lair ayant été. interrompue, elle retomba dans la mort apparente. On recommença aussitôt la respira-

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