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CHAPITRE III

Aspect du paya. — Les habilanls. —Art et industrie. — Les villes principales.

spectdu pays. — L'empire du Maroc esl situé dans le nord de l'Afrique, à l'ouest de l'Algérie. Il est coupé dans toute son étendue par la chaîne de l'Allas : tes cotes sont baignées par la mer Méditerranée et l'océan Atlantique.

C'est la chaîne de l'Atlas qui donne au Maroc sa physionomie : elle le dirise en deux régions distinctes : celle du Tell et celle du Sahara, la première excessivement fertile, la seconde aride et sablonneuse ; elle enfante des rivières qui por tent la fraîcheur et la fertilité dans la contrée ; elle abrite lus grandes villes du vent chaud du désert; enfin, elle porte les grands plateaux sur lesquels on récolte l'aZ/a, si employé aujourd'hui pour la fabrication des cordages et du papier.

Presque partout la terre ne demande qu'à produire ; malheurcu«>menl les habitants du Maroc ne paraissent pas très pressés de lui faire tenir ses promesses. La faute en revient surtout à la manière déplorable dont le pays est administré, si toutefois on peut appeler cela une administration. « On ne peut se faire une idée à quel état de misère sont réduits les habitants du Maroc, même ceux qui passent pour les plus riches, » disait M. Snider Pellegrini en 1837, et les choses n'ont guère changé depuis. « Tous, grands et petits, ajoutait-il, sont obligés de se montrer pauvres, afin de ne pas donner le moindre soupçon de fortune; car, aussitôt qu'il vient à Torcille de la cour qu'un individu a augmenté son bien-être, il devient suspect et il ne passe pas longtemps ^as

èlre saisi ; aussi chactm vit-il très misérablement. Un burnous, qui est

Fig, 199. — Chasse luz moufloDs dîna le Maroc (Tableau d'Horace VenietJ

le seul Tètement que porte un Marocain, passe de père en fils; dans les maisons point de meubles, on ne mange point de viande, on marche

sans chaussure, sauf de rares exceptions. Et cependant, tous ont de Targent, et beaucoup d'argent, car ils sont industrieux ; les produits de leurs manufactures de Fez, Méquinez et Rabat sont très recherchés pour le Soudan et pour Tombouctou, où ils se Tendent très cher. Tout l'argent produit par ce commerce, chacun a soin de le cacher sous terre, à des places très éloignées les unes des autres et connues seulement du propriétaire ; il y a certains Marocains, dont la fortune est enfouie en dix et quinze endroits différents, ce qu'ils ont fait dans la pensée que, si une partie venait à être découverte, ils pussent au moins compter sur les autres. »

Les habitants. — Le Maroc, comme toutes les contrées de l'Afrique septentrionale, est habité par des peuples de races différentes. Les Berbères, qu'on croit descendre des anciens habitants, occupent la région montagneuse qui s'étend le long de la Méditerranée. « Ils vivent généralement sous la tente, dit Malte-Brun, ou dans les cavernes situées dans des montagnes escarpées et presque inaccessibles. Ils n'ont pas une grande considération pour l'autorité de l'empereur et ils obéissent entièrement à des princes héréditaires ou aux magistrats qu'ils se sont choisis. Leur principale occupation est la chasse et l'élève des troupeaux. » On peut avoir une idée de leurs allures dans un tableau d'Horace Vernet (fig. 199) qui représente une chasse aux mouflons, dans les montagnes du Maroc.

Les Maures (fig. 200), qui habitent généralement les villes, se distinguent absolument des Arabes nomades ou des Berbères de la montagne. Voici ce qu'en dit Fromentin :

« A l'inverse des Arabes, chez qui la fainéantise est le droit du mâle, ci c'est le mari qui travaille, je veux dire qui manie l'aiguille. Il prépare les laines, fabrique les étoffes, il coud, il fait non seulement ses propres habits, mais ceux des femmes et des enfants, leurs chaussures avec les siennes, leurs toilettes aussi bien que leurs bijoux. Lui seul a l'art des passementeries et des broderies ; il sait comment assortir les couleurs, comment la soie se croise avec les fils d'or ; il a ses métiers, ses dévidoirs, ses écheveaux, ses pelotons, ses bobines, ses ciseaux, tout un petit arsenal d'instruments qui paraît bizarre entre ses mains, et qui le rend méprisable aux yeux de ses voisins manieurs de sabre. Si la force lui manque, il hérite au moins des contraires de la force ; il a l'adresse, l'habileté des doigts, la délicatesse et la grâce. Il est intelligent, souple et docile ; il calcule, et si le commerce ne lui convient qu'à demi, loin de le déclarer indigne, il l'estime. Son activité d'ailleurs n'est jamais bien grande. Ausçi indolent à son établi qu'il est insouciant dans sa boutique^ aussi peu diligent à coudre qu'il est peu pressé de vendre ) il considère le commerce aussi bien que l'industrie comme

Fig. 300. -- Hiure de Tinger. (Aquarelle de Fortun;.}

des passe-temps, et lei travail est plutôt fait pour remplir ses loisirs que pour occuper sa vie. »

« Les Maures n'ont aucun style ; cela tient beaucoup à leurs personnes, beaucoup aussi au milieu dans lequel on les voit. Tout autour d'eux est petit et contribue à les diminuer; leurs rues étroites, leurs boutiques à peine habitables, leur vie sédentaire, et leurs habitudes d'être assis à la turque plutôt qu'étendus à Tarabe. Leur costume les habille avec grâce et ne les drape pas; il est étroit, il manque d'abondance et de plis, n'ajoute rien à l'importance de l'homme, et amoindrit au contraire celle qu'on lui suppose. Un vêtement plus ample fait, je ne sais pourquoi, présumer des passions plus fortes, une âme plus grande. C'est un préjugé d'ordre artistique^ si tu veux; mais ici, bien entendu, je parle en artiste. Avec leur veste collant à la taille, leur culotte en forme de jupe, et leur ceinture, que beaucoup portent lâche, il est aussi difficile aux vieillards de paraître majestueux, qu'aux jeunes gens de ne pas avoir l'air efféminé. »

Fromentin parle ici des Maures de l'Algérie, qui du reste ne diffèrent en rien de ceux qu'on voit au Maroc. Eugène Delacroix avait reçu une impression tout autre en arrivant à Tanger. Il avait été attaché à une légation française, et ce voyage a exercé sur son talent une influence décisive. Ce qui est curieux, c'est que l'impression qu'il éprouve en arrivant n'est pas du tout celle qu'on pouvait attendre du fougueux coloriste : en lisant ses lettres, on croirait entendre un disciple du Poussin. « Imagine-toi, écrit-il en arrivant, ce que c'est que de voir couchés au soleil, se promenant dans les rues, ou raccommodant leurs savates, des personnages consulaires, des bustes de Caton, auxquels il ne manque pas même l'air dédaigneux que devaient avoir les maîtres du monde. Ces gens-ci ne possèdent qu'une couverture dans laquelle ils marchent, ils dorment, et où ils seront un jour enterrés. Ils ont l'air aussi satisfaits que Cicéron pouvait l'être sur sa chaise curule. Je te le dis, vous ne pourrez jamais croire à ce que je vous rapporterai, et cependant ce sera bien loin de la vérité, de la noblesse de ces natures. L'antique n'a rien de plus beau. »

Aucun des tableaux que le Maroc a inspirés à Eugène Delacroix ne traduit même de loin les émotions dont témoignent ses lettres. Ils sont superbes par l'intensité de la vie, du mouvement et de la couleur, mais on y chercherait vainement l'apparence de Romains sur leurs chaises curules. Un des plus curieux assurément est celui que l'artiste intitulait les ConvuUionnistes de Tanger.

« Si nous n'avions nous-même vu, dit Théophile Gautier, lesAïssaouas se livrer à leurs étranges exercices, se rouler sur la braise, manger des serpents, broyer du verre, mâcher du feu, se taillader le corps, et, renversés par terre, tressaillir dans leurs spasmes intermittents comme des grenouilles galvanisées, nous pourrions peut-être taxer d'exagération les

Convulsiomiisies de Tancer. Rien n*est plus vrai que cette rue bordée de maisons à terrasses, découpant leurs angles lumineux sur un ciel d'un azur yif, fourmillante d'une foule dont les groupes s'écartent pour laisser passer le torrent furieux des Aïssaouas, tordus par les convulsions de l'épilepsie sacrée ; les fanatiques, hurlant, écumant, trépignant, balançant leur corps, enfonçant leurs dents dans leurs chairs sanglantes, montrant leurs crânes bleus que le turban a quittés, ou flagellant leurs joues des mèches d'une chevelure inculte, se démenant hideusement, suivis de quelques chiaoux imperturbables qui protègent leur frénésie. Des enfants regardent ces bétes fauves avec la placidité orientale ; des femmes, que leurs haîcks blancs font ressemblera des spectres revenant en plein midi, sont debout sur la crête des murailles et encouragent les convulsionnistes par ce long cri grêle et strident qu'on ne croirait pas pouvoir jaillir dune poitrine humaine, et qui nous fit tressaillir malgré nous, quand nous l'entendîmes à Blidah, dans une occasion pareille, — un glapissement de chacal blessé ou de hibou plumé vif. »

Un charmant tableau^ qui pas plus que le précédent ne fait songer à Caton ou à Cicéron, mais qui peint un côté assez piquant des mœurs marocaines, c'est la Noce juive à Tanger (fig. 201). Delacroix a laissé des notes écrites qui sont comme un commentaire de son tableau. ^< Comme cette danse consiste, dit-il, en postures et en contorsions que Ton prend presque sans que les pieds changent de place, on concevra qu il soit possible de s'y livrer dans un lieu aussi encombré qu'était cette cour ainsi remplie de curieux. Il ne faut donc qu'un très petit espace pour les danseuses, qui ne paraissent qu'une à une. Quand chacune a fini cette courte représentation qu'elle varie selon son goût et son art particulier, les personnes de l'assistance qui veulent lui marquer de l'intérêt cherchent dans leur poche quelque argent destiné a récompenser les musiciens. Mais il est d'usage, avant de déposer son offrande dans un plat qui est disposé à cet effet, d'aller toucher de la pièce de monnaie l'épaule de la danseuse qu'on préfère. J'ai vu de ces assistants importants donner jusqu'à des pièces d'or avec certaine ostentation, et sans

doute pour être remarqués de nous autres chrétiens. » «On se ferait

difficilement une idée du vacarme que faisaient les musiciens avec leurs voix et leurs instruments. Ils raclaient impitoyablement d'une espèce de Tiolon à deux cordes, qui est particulier à ce pays, et qui ne rend que du bruit plutôt que du son. Us avaient aussi la guitare mauresque, qui est un instrument très gracieux par sa forme, et dont les sons ressemblent à ceux de la mandoline. Ajoutez à cela le tambour de basque qui accompagne tous les chants. Mais ces chants, dont le mérite semble consister à être criés, sont la partie vraiment assourdissante du concert; leur monotonie contribue aussi à les rendre fatigants.... » Nous venons de voir une noce juive. Les juifs sont extrêmement nom*

breux au Maroc, comme en Algérie. La description qu'en donne Fromentin peut également s'appliquer à ces deux pays.

(c Beaucoup plus tolérants que les Arabes, dit-il, les juifs et les nègres permettent à leurs femmes de sortir sans yoiles. Les juiyes sont belles ; à Tinyerse des Mauresques, on les Yoit partout, aux fontaines, sur le seuil des portes, devant les boutiques, ou réunies autour des boulangeries banales à Theure où les galettes sont tirées du four. Elles s'en Tont alors, soit avec leur cruche remplie, soit avec leur planche au pain, traînant leurs pieds nus dans des sandales, leur long corps serré dans des fourreaux de soie de couleur sombre, et portant toutes, comme des veuves, un bandeau noir sur leurs cheveux nattés. Elles marchent le visage au vent, et ces femmes en robe collante, aux joues découvertes, aux yeux fixes, accoutumées aux hardiesses du regard, semblent toutes singulières dans ce monde universellement voilé. Grandes et bien faites, elles ont le port languissant, les traits réguliers, peut-être un peu fades, les bras gras et rouges ; assez propres d'ailleurs, mais avec des talons sales, il faut bien que leurs admirateurs, qui sont nombreux, pardonnent quelque chose à cette infirmité des juifs du bas peuple, heureux encore quand leur malpropreté n'apparait qu'au talon, comme l'humanité d'Achille. De petites filles mal tenues, dans des accoutrements plus somptueux que choisis, accompagnent ces matrones aux corps minces, qu'on prendrait pour leurs sœurs aînées. »

Nous avons vu l'impression que le Maroc a produite sur Delacroix et sur Fromentin. Voici maintenant ce qu'écrit Henri Regnault le 19 janvier 1870, au moment où il vient de s'installer à Tanger.

« Je suis établi dans un quartier assez central et pourtant assez retiré, ce qui est de la plus haute importance, car les Marocains sont très fanatiques et pour rien au monde ne voudraient être vus entrant chez un chrétien. A plus forte raison les femmes ! Une femme rencontrée parlant à un chrétien, ou sortant de sa maison, serait empoignée, conduite à la Casba, et régalée de deux ou trois cents coups de bâton. Grâce à la position heureuse de notre entrée, dissimulée dans un cul-de-sac donnant d'une manière indirecte, avec coudes, dans une rue exclusivement fréquentée parles Juifs (c'est la rue des Synagogues), nous avons, de temps en temps, des Mauresques chez nous, blanches et noires, et nous en aurons tant que nous voudrons. Je prévois qu'il sera plus facile de travailler d'après les femmes que d'après les hommes. Leur costume dans leur intérieur (car dehors toutes, riches ou pauvres, sont revêtues du même haïck de laine) offre des ajustements ravissants dont je compte tirer un grand parti ; puis, elles sont plus coulantes en matière de religion, et ne demandent qu'à être soustraites le plus souvent possible à l'existence pénible et renfermée qu'on leur impose. »

Il ajoute un peu plus loin :

« Je n'ai pas fait encore d'étude de bonshommes d'après nature, m la

grande difficulté d'avoir des modèles. Les Maures du Maroc sont les plus fanatiques de tous les Musulmans ; ils observent leur religion avec beau-

coup plus de sévérité qu'en aucun autre lieu. Nul œil chrétien ou juif ne peut pénétrer dans leurs mosquées ou dans leurs maisons ; quand on prend un croquis dans la rue, les gens qui se croient regardés se sauvent comme s'ils avaient la peste à leurs trousses. Peu à peu (à condition de rester longtemps dans le pays et d^étre installés dans un lieu écarté où nul ne puisse les voir entrer dans la maison chrétienne) nous pourrons en apprivoiser quelques-uns. »

Arts et industrie. — L'Afrique septentrionale renferme quelques monuments intéressants se rattachant par le style à l'architecture dite arabe. Batissier, dans son histoire monumentale, dit à propos des édifices du Maroc : «Edris-ben-Edris fonda en 806 la ville de Fez ; Zéia-det- AUah, en 837, la grande mosquée de Kairouan, dont la coupole fut refaite au milieu du dixième siècle. Un siècle plus tard, Yousouf-ben- Taschfyn construisit la ville de Maroc. Sous le gouvernement des Almohades, le Mâhgreb fut très florissant ; Abd-el-Moumen dote Fez de palais et de mosquées magnifiques ; El-Mansour fonde la ville de Rabat, décore Maroc d'un alcazar et d'édifices sacrés; Mohammed enrichit Fez d'un djami et de la Kassabah ou forteresse carrée de la ville. Sous ces princes l'architecture mauresque prend un grand développement en Afrique ; leurs monuments étaient dans un style analogue à ceux des Arabes d'Espagne, et paraissaient avoir été l'ouvrage, comme nous l'avons dit, d'artistes venus d'Andalousie. Ce style s'y est perpétué jusque dans les temps modernes. On y trouve employées des arcades cintrées et en ogive, soit outre-passée, soit en forme d'accolade. Les archivoltesde ces arcades sont souvent faites avec des claveaux de différentes couleurs. Si d'un côté les plus anciens édifices ressemblent à ceux du Caire, d'un autre côté les palais et les mosquées qui remontent au treizième et au quatorzième siècle ont le même système de décoration que le palais de l'Alhambra. Les maisons dans le Mâhgreb présentent la même disposition qu'en Espagne. Elles offrent toujours une ou plusieurs cours carrées, entourées d'un ou de deux étages de galeries à arcades. Les chambres, longues et étroites, s'ouvrent sous ces galeries. Les plus riches habitations sont pavées en briques émaillées ou en marbres de diverses couleurs, et sont rehaussées de peintures. Elles sont toutes couvertes en terrasses. La principale mosquée de Tanger, et celle d'El-Karoubin^ à Fez, rappellent, par leur plan, les anciennes djamis du Caire ; elles sont précédées d'un parvis ou sahn à arcades, et leur plafond s'appuie sur de nombreuses colonnes. La mosquée de Muley-Edris^ à Fez, et celle de Sidi'Belabbès^ à Maroc, offrent, au contraire, une vaste salle carrée sans colonnade, surmontée d'une coupole octogone. Les plus belles mosquées du Maroc sont celles de BeniouSj El-Koutoubia et El- Mouezzin, »

Les villes principales. — Le Maroc est un pays que les Européens Tisitent difficilement : mais si Ton ne peut guère parcourir avec sécurité rintérieur du pays, une protection sérieuse due à la vigilance de nos consuls a permis à une petite colonie d'artistes de s'établir à Tanger, ville marocaine située sur le détroit de Gibraltar, en face de la côte d'Espagne. C'est là qu'Henri Regnault a exécuté sa dernière toile, qui représente une exécution sommaire. Fortuny a également habité cette Yille, et Benjamin Constant, qui y a une installation, nous a déjà plusieurs fois montré de petites scènes de mœurs marocaines, entre autres, son tableau du Salon de 1879, intitulé le Soir sur les terrasses, Tanger, par son heureuse position, par sa proximité relative et par sa physionomie tout orientale, offre un grand attrait aux artistes qui Teulent étudier le pays.

Les villes les plus importantes de l'empire sont Fez et Maroc. Fez (90,000 hab.) est une ville industrieuse et qui jouissait autrefois d'une certaine réputation littéraire. On y trouve encore une assez importante bibliothèque et des écoles estimées en Afrique. Fez est divisée en vieille et en nouvelle ville. La ville basse, qui est aussi la vieille ville, est la plus peuplée ; mais elle est mal construite : ses rues sont étroites, tristes, mal bâties. La ville haute, la ville nouvelle, renferme les édifices, le palais de l'empereur. Là aussi se trouve le quartier des Juifs et un assez vaste bazar. En dehors du bazar les diverses industries se groupent instincti- Tement chacune dans une rue spéciale. Fez a eu jadis son temps de splendeur, on s'y rendait en pèlerinage.

Maroc (50,000 hab.) est une ville déchue, bâtie au sein d'une plaine fertile et bien arrosée. La ville apparaît entourée de bouquets d'orangers qui lui donnent un air frais et riant. Ses vieilles murailles de dix mètres de hauteur, flanquées de tours de distance en distance, projettent une masse pâle au-dessus du feuillage sombre des arbres. Le palais impérial est situé hors des murs. Maroc possède un grand nombre de mosquées dont une est célèbre par sa tour haute de 67 mètres, construite à la même époque et sur le même plan que la Giralda de Séville. L'eau est apportée dans les divers quartiers de la ville par un aqueduc souterrain qui vient de Tensift. Les rues sont étroites et mal entretenues.

Mequinez (40,000 hab.) est la résidence habituelle de l'empereur ; enfin il faut encore citer Afogador, ville située sur l'océan Atlantique et regardée comme la première place maritime de l'empire.

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