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Fig. 267. — Les yiUes du Nil, de Ptoiémals à Phil».
portance sous la domination romaine, mais où il n'est pas resté de monuments, on arrive à Abydos, Cette antique ville égyptienne, autrefois très populeuse et célèbre par son sanctuaire d'Osiris, a conservé quel- ([ues ruines importantes par leur antiquité, mais extrêmement dégra- 4ées.
Tentyris (Denderah), a un temple d'une admirable conservation, qui
remonte à l'époque pharaonique, bien qu'il ait été réparé postérieurement. Ce temple a été complètement déblayé par M. Mariette, qui le considère comme un des monuments les plus précieux de l'ancienne Egypte.
Les restes grandioses de Thèbes, éparses sur les deux rives du Nil, se mêlent dans la vallée du Nil aux cabanes qui forment les quatre villages arabes deLouqsor, Karnak,Médînet-AbouetGournah (fig. 267). Thèbes, appelée par les Grecs Diospolis Magna, a été pendant quinze siècles la plus grande ville du monde. Homère l'appelle la ville aux cent portes, et tous les historiens anciens sont émerveillés de la grandeur imposante de ses monuments. L'obélisque qui décore aujourd'hui la place de la Concorde, à Paris, était placé en face du temple de Louqsor, à côté d'un autre qui lui faisait pendant à la porte du monument. Une grande avenue de sphinx conduit de Louqsor à Karnak, vaste ensemble de ruines comprenant des monuments élevés à diverses époques en l'honneur d'Ammon, la grande divinité de Thèbes. La partie la plus intéressante de cet immense édifice est la fameuse salle hypostyle qui contient cent trente-quatre colonnes de dimensions colossales. Les fûts de ces colonnes sont couverts, depuis le haut jusqu'en bas, de sculptures qui sont généralement en relief bas dans un creux peu profond et leurs chapiteaux s'épanouissent en fleurs de lotus. Ce qui est remarquable, c'est que cette salle gigantesque était entièrement couverte, en sorte que le jour ne pouvait y entrer que par les fenêtres grillagées dont on voit encore des parties sur un des côtés de la nef centrale. Toutes les salles de l'édifice étaient entièrement peintes, car les sculptures qui décorent les monuments égyptiens étaient toujours colorées.
Les ruines de Médinet-Abou forment un ensemble de constructions situées sur la rive gauche du Nil. Elles se composent de deux temples, et d'un palais, le seul monument de l'ancienne Egypte, auquel on ne prête pas une destination religieuse ou funéraire. Non loin de là on trouve, près du village arabe de Gournah, les restes d'un temple extrêmement ancien. Ce temple est situé à l'entrée de la gorge de Biban-el-Molouk^ où sont les tombeaux des rois, creusés des deux côtés dans le versant de la montagne Libyque. Quelques-unes de ces tombes sont extrêmement remarquables par leur décoration. Outre les tombeaux des rois, on trouve dans les environs une multitude d'hypogées qui étaient les cimetières de la population thébaine. Enfin c'est encore sur cette rive du Nil qu'on trouve, mais plus près de Médinet-Abou, les colosses connus sous le nom de statues de Memnon et qui sont des images du roi Aménophis, ce sont les uniques débris d'un temple immense qui fut détruit de fond en comble par des causes inconnues. Le goût du colossal est caractéristique dans l'art égyptien. Les colosses de Memnon ont eu dans l'antiquité une réputation immense. De nombreuses inscriptions
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grecques et latines allestent que l'un de ces colosses rendait des sons harmonieux dès qu'il était fra])pé par les premiers rayons du soleil. Un tremblement de terre l'avait fendu par le milieu : on attribuait à cette
Flg. 968. — Colonnei k Hermoatbii .
feole le bruit que rendait la statue quand la chaleur venait sécher aibitement l'humidité dont elle s'était imprégnée pendant la nuit. Mais fiés que Septimc-Sévère eut fait restaurer, au moyen de cinq assises de pierres sculptées, cette statue merveilleuse, elle devint muette, et depuis
ce temps, elle n'a plus fait entendre les sons qui la rendaient si célèbre.
Voici le texte de quelques inscriptions antiques qu'on a pu lire de nos jours sur le cobsse de Memnon :
« Canibyse m'a brisée, moi cette pierre que voici, représentant l'image d'un roi de l'Orient. Jadis je possédais une voix plaintive qui déplorait les malheurs de Memnon. Depuis longtemps Cambyse me Ta enlevée. Maintenant mes plaintes ne sont plus que des sons inarticulés et dénués de sens, triste reste de ma fortune passée. »
« Moi, Marcius Hermogène, j'ai entendu la grande voix de Memnon, saluant avec respect sa mère à son lever. »
« Moi, Panion de Sydé , j'avais appris auparavant, mais je sais maintenant pour en avoir été le témoin, ô Memnon, que tu es doué d'une voix. »
« Grands di^ux ! quel prodige étonnant frappent mes regards I C'est quelque dieu, l'un de ceux qui habitent le vaste ciel, qui, enfermé dans cette statue, vient de faire entendre sa voix, et retient tout le peuple assemblé. En effet, jamais mortel ne pourrait produire de tels prodiges. »
Le première localité digne d'intérêt que l'on rencontre après avoir quitté Thèbes est Erment (Hermonthis) dont le sol est jonché de débris et où il reste encore quelques colonnes debout (fig. 268). Esneh^ une des villes relativement les plus importantes de la haute Egypte, paraît répondre à l'ancienne Latopolis. On y voyait les restes de deux temples anciens dont les ruines ont été détruites récemment.
El'Kab^ sur l'emplacement d'Elethya, est une localité très importante par ses hypogées de l'époque phaaronique. Les très nombreux bas-reliefs peints qui en décorent les parois, sont extrêmement précieux par les renseignements qu'ils fournissent sur la vie privée des Égyptiens. On y voit notamment des scènes de la vie agricole, qui sont probablement les plus anciennes représentations connues sur la vie des champs.
Edfou^ gros village arabe, dont les maisons sont bâties sur remplacement d'ApoUinopolis Magna, montre des ruines très importantes par leur conservation. Le temple principal, bien que de style phaaronique, a été élevé sous les Ptolémées.
Gébel'Silsileh^ dont les vastes carrières, exploitées par les anciens Egyptiens, ont servi à la construction de nombreux monuments, a conservé quelques excavations avec des bas-reliefs et des inscriptions.
Ombos^ dont les débris occupent une assez vaste étendue, possède un temple dont l'origine doit être fort ancienne, mais qui a été en partie rebâti par les Ptolémées.
Assouan ou Syène, où les géographes anciens prenaient le point de départ des méridiens avec lesquels ils mesuraient la terre, n*a pas laissé de monuments du passé.
Èléphanline avait encore au temps de l'expédition d'Egypte plusieurs temples qui n'existent plus. On y trouTe pourtant encore un quai de
Fig. 169. — Pjilones dans les ruines de Phile.
l'époque romaine, ainsi qu'un escalier qui servait à mesurer la croissance du Nil.
PhilsB, île très vénérée des sectateurs d'Isis, qui y trouvèrent un refuge contre le chrisUanisme envahissant, possède deux beaux temples d'une excellente conservation ; quoique bâtis dans le style pharaonique,
ils né remontent pas plus haut que les Ptolémées (fig. 269). On y Toit également un arc de triomphe éleyé sous Dioclétien.
. La Nubie. — La civilisation antique s'est ayancée assez profondément dans Fintérieur de T Afrique, puisqu'on en trouve des traces Jusqu'en Abyssinie. Les temples d'Ibsamboul sont les monuments les plus importants qu'on ait trouvés en Ethiopie. Les deux temples élerés par Ramsès II sont creusés dans le rocher et décorés de colosses adossés à sa surface. L'intérieur se compose de plusieurs salles ornées de sculptures : les bas-reliefs de la grande salle retracent les expéditions du Pharaon.
Sur l'emplacement de l'ancienne Méroe, qui fut capitale de l'Ethiopie, on a retrouvé les traces d'environ quatre-vingts pyramides, beaucoup moins grandes que celles de Memphis. Elles se distinguent par uq appendice en forme de pylône qui est placé devant l'entrée. On signale aussi des ruines importantes à Saga, à Soleb et à Wadi-Seboua, mais c'est seulement à partir de Philœ que l'on entre dans l'Egypte proprement dite.