‹ Le monde vu par les artistesChapitre 29 sur 59 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

DÎTisioDS du pays. — Les habitants. — Monuments khmers. — Les vDles

principales.

ivisions du pays. — L'Indo-Chine a un nom qui exprime admirablement sa position géographique ; elle sert de trait d'union entre Tlnde et la Chine. Le système montagneux qui lui donne son relief et qui détermine, à son extrémité sud, la pointe énorme qu'elle pousse dans la mer par la presqu'île de Malacca, la divise en trois régions distinctes. La côte occidentale , que les chaînes de montagnes du centre de rindo-Chine forcent à regarder le golfe du Bengale, se ressent de sa situation qui la rattache au pays du Gange; aussi les Anglais se sont-ils emparés de presque toute cette côte. La presqu'île de Malacca s'élance à la rencontre de l'archipel Malais et participe de la manière d'être de cet archipel. La côte orientale voit les pays qui la couvrent, le royaume de Siam, l'Annam et le Cambodge, descendre par leurs fleuves vers la mer de Chine. Us tournent le dos aux pays occidentaux (fig. 344).

Entre les montagnes de Flndo-Chine s'étendent de belles vallées formées par les bassins de fleuves énormes dont les plus importants sont : Hrouaddy, le Salouen, le Ménam et le Mékong. Les embouchures de presque tous ces fleuves sont situées au sein de terres basses, humides et malsaines. L'intérieur du pays est encore peu connu et l'on est réduit, pour l'étudier, aux données les plus générales.

En dehors des possessions anglaises qui embrassent presque toute la côte occidentale, et des possessions françaises qui s'étendent sur la côte

orientale, l'Indo-Chine comprend plusieurs États, doot la limite n'esl pas bien rigoureusement fixée, et dont les principaux sont l'empire 6ir> man et le royaume de Siam, du c6té qui regarde la mer des Indes, l'empire d'Annam et la Cochinchine, du côté qui regarde les mers de la Chine.

Les habitants. — La population présente un mélange de races qui répond bien à la situation géographique de la contrée. Dans la partie

Fig. 344. — lodo-Uiine.

orientale, les habitants ont de grands rapports avec les Chinois, et daos la partie occidentale avec les Indous : les provinces du sud et surtout la presqu'île de Malaccasont rorlement mêlées d'éléments malais. La physionomie des Indo-Chinois se rattache en général au type Mongol : le visage carré, le teint jaunâtre, les yeux bridés etuo peu relevés vers les

L'INDO-CHINB. «»

tempes, les cheveux raides et très noirs. L'art et l'industrie du pays ont UQ caractère mixte qui rappelle tantôt la Chine, tantôt l'Indostaii, et où il est difficile de trouver une ori^nalité bien accusée. 11 s'agît ici bien entendu des productions contemporaines, car les monuments Khmers sont au contraire empreints d'une véritable puissance créatrice, qui dissimule ses emprunts en donnant à ses conceptions une tournure toute particulière. Seulement comme l'histoire de ce pays est encore peu connue, il est difficile de savoir s'ils ont été élevés par les aîeus directs de la population actuelle, ou si celle-ci appartient à une race conquérante qui se serait substituée & l'ancienne.

Uonoments Kbmers. — C'est au nord de la grande nappe lacustre du Tonlé Sap que se trouvent presque tous les monuments Kbmers.

Fig. 9ii. — Pyramide de Da-Phaum [rccoostitulioa de H. Deltparte).

C'est là aussi qu'est Angkor, l'ancienne capitale du pays. Ce sont.à profusion : des palais, des temples prodigieux, des ponts d'une solidité ù l'épreuve des siècles, des chaussées interminables pour parer aux. inondations fréquentes au Cambodge, des réservoirs en vue de sécheresses, aussi habituelles, enfin des fortifications et des pyramides. Tous ces monuments s'éloignent complètement par le style des grandes œuvres élastiques du bassin de la Méditerranée, o Ce sont, dit le lieutenant de

vaisseau Delaporte, des formes laborieuses, complexes, tourmentées; superpositions, retraits multiples, labyrinthes, galeries basses à jour, tours dentelées, pyramides à étages et à flèches innombrables; une profusion extrême d'ornements et de sculptures, des effets constants de clair et de sombre qui enrichissent les ensembles sans en altérer la majesté, et s'harmonisent merveilleusement avec la lumière intense et la végétation luxuriante des zones tropicales. »

'< La pyramide à hase carrée (flg. 345] et à étages, le sanctuaire hindou primitif, dit encore M. Delaporte, telles ont été les formes simples d'où est issue l'architecture au Cambodge. Mais les Khmers, avec leur génie d'appropriation, en ont si bien modifie l'harmonie et les procédés d'ornementation, qu'ils en ont tiré les effets meriieilleux que nous connaissons. L'art indou n'a été pour eux qu'un point de départ. S'emparant en maîtres du canevas que leur avaient livré leurs voisins, ils l'ont ouvragé d'après leur goût propre. »

Dans cette architecture les murs sontcomposés de blocs rectangulaires ou cubiquesà joints régulièrement alternés ; les voûtes sont construites en encorbellement, et les colonnes qui les supportent sont généralement carrées. La base des colonnes est habituellement décorée par un système

Klg. 3le. — Dase de pili

le lemplo de Prôa-klian).

ornemental (fig. 346) qui se reproduit exactement sur le chapiteau. Les colonnes rondes ne jouent qu'un rôle secondaire dans la construction et servent comme motifs d'ornementation plutôt que comme support.

Les frises décoratives (fig. 347) participent à la fois du style indou et du style chinois, sans se rattacher directement à l'un plutôt qu'à l'autre. On y trouve même quelquefois des formes ornementales qui ne sont pas très éloignées du style arabe.

Les grands motifs de décorations de l'architecture khmer révèlent une logique permanente dans leur mode d'emploi. Aux bases d'édifices, aux

étages inférieurs sont réservés les énormes poilrails d'éléphants, de la béte monstrueuse qui symbolise si bien la force. Le corps interminable du serpent se déroule tout naturellement en parapets et en rampes de foutes sortes. Les griffons fantastiques s'élancent le bec en avant aux

Pig. St7. — Frise auiiérii

d'un piédetUd à Phnom -Boe.

coins des monuments, déployant leurs ailes sur les murs qui font angle. Enfin, les lions et les géants défendent les entrées, tandis que la quadruple face de Brahma domino tout rédifice et porte ses regards sur

Moulure d'enublomcnt du temple de l>râa-Kban.

les points les plus opposés de l'horizon. Le dieu de la pensée plane sur les forces physiques.

Les monuments khmcrs sont répandus sur la plus grande partie de rindo-Chine, mais les plus importants sont dans le Cambodge ou le royaume de Siam. Plus de quatre-vingts ruines ont été explorées par des savants et des voyageurs français, et plusieurs d'entre elles sont grandes comme des villes. Nous nous contenterons de citer celles qui sont considérées comme les plus importantes.

Les ruines de Préa-Khan (fig. 348) couvrent un espace de près d'une

demi-lieue. Elles présentenl de très beaux morceaux d'archileclure et de sculpture khmer. Quoique cet édilice soit excessivement délabré, oa j reaconlre des chambres admirablement décorées, des murs couverts de profondes sculptures, des parapets formés par d'interminables serpents à sept têtes et des géants couverts de bijoux.

On a retrouvé dans ces ruines, une gande tête de Bouddha (ûg, 349],

Fig. U9. — Tète de Buaddba, provenaot des ruines de Pontëgy-Prét-kban [Uasée Uuner;

qui est peut-être le morceau le plus remarquable de la sculpture des Rhmers. Les tètes de Bouddha ont dans l'art Kbmer un type spécial en rapport avec les qualités particulières de l'être divin qu'elles représentent. Tandis qu'en général les statues cambodgiennes affectent des caractères de force physique bien plus que morale, ces dernières se signalent par leur expression de douceur, leur attitude pleine de noblesse el leur calme inaltérable. « J'ai, dit une inscription bouddhique, les quatre beautés du roi des Nagas ; les épaules larges, la taille mince, la fi-

Fig 350 — L UD des gardieus du temple de Préii Tcol

gupe semblable à la pleine lune, le corps sans aucune des imperfeclions dont le nain difforme est affligé. » C'est de ces quelques lignes quelei

Hg. Sal. — Une batuttrado do Prdaut Prén-Tcol. (Huaâe Klimer.)

arlistes du pays semblent s'être inspirés. Avec les figures de Bouddha nous nageons en plein mysticisme. Les facultés actives se sont fondues dans une extase suprême qui enveloppe tout du charme du rêve et qui affine avant d'anéantir.

Préa-Tcol a laissé des ruines qui se trouvent aux environs de Préa-

Khan. Comme architecture, l'édiûce ne présente que bien peu de mor-

ceauï intacts, mais les sculptures qui décorent ce monument sont

V\g. Zhi. — CrËte des galeries du temple de Héléi.

exlrèmement intéressantes. Deux géants, sortes d'Hercules trapus, gardaient l'entrée de l'édifice : l'un d'eux a été apporté en France (fig. 350).

- Dayadère sacrée. Unis le lemple de Méléa.

On voit aussi, dans la tour de Préa-Tcol, des groupes d'adoraleurs.'des Mormes masques d'éléphants, des oiseaux sacrés et des griffons aux 'onnes les plus fantastiques, des faces de divinités, des anges sous la 'orme de femmes nues et des reptiles ù plusieurs tètes, comme la

figure 351, représentant une balustrade du préasat y nous en montre un exemple. On voit combien les Cambodgiens avaient su donner à ces bétes fabuleuses des formes décoratives.

Les ruines de Méléa se composent d'un édifice important, entouré d'une vaste enceinte et de plusieurs bâtiments de moindres dimensions. Ces ruines sont situées auprès d'un lac sacré. Les galeries du temple sont décorées extérieurement d'une crête dont la forme est assez caractéristique (fig. 352).

Ces galeries sont ornées de portes superbes, et les murs sont décorés de sculptures représentant des animaux de toutes sortes, des démons, des divinités, des enfants jouant avec des oiseaux, des scènes de guerre et des danses de bayadères.

Sur les pilastres du temple, les figures se mêlent aux arabesques, comme on le voit sur la figure 353, où une ornementation très compliquée, composée d'enroulements de feuillages peu saillants, s'ouvre pour pour faire place à une niche supportée par deux colonnettes, entre lesquelles est placée une bayadère (fig. 354).

Aux environs de Méléa sont les restes du temple de Phnom-Boc^ situés sur le sommet d'une colline, et où l'on a trouvé un monument extrêmement curieux , qui a été apporté en France. C'est une tête à quadruple face (fig. 355); cette sculpture prouve que les sculpteurs khmers étaient quelquefois doués d'un sentiment artistique, qui a fait souvent défaut à leurs initiateurs les Indous. Ils ont su tirer d'une donnée antiplastique une œuvre dont la silhouette n'a rien de désagréable pour l'œil.

Angkor-Vath, la Pagode royale^ est celui des monuments khmere qui a le mieux résisté aux ravages du temps. On trouve d'abord une gigantesque chaussée décorée de lions fabuleux et de prodigieux dragons à neuf têtes ; cette chaussée s'avance au milieu de jardins situés en contrebas, et avec lesquels elle communique par de larges escaliers. Aux extrémités de leurs rampes de pierres, les monstres se dressent impassibles et étranges comme une hallucination, accablant tout de leur puissante immobilité. Maintenant la chaussée franchit une vaste étendue d'eau entourée par des quais. Ses animaux de pierre se mirent gravement dans la nappe liquide ou y descendent, s'étageant en procession interminable le long des escaliers qui conduisent au bassin comme ils menaient aux jardins. Au fond, devant vous, se dressent les immenses tours coniques du temple. Toutes ces richesses architecturales s'élèvent du sein d'une végétation luxuriante qui semble livrer un assaut acharné à l'œuvre prodigieuse des hommes. L'ensemble du temple découpe sur l'horizon une silhouette pyramidale. Il est divisé en trois étages ; le premier est décoré par une immense galerie à colonnes, le second et le troisième ont des fenêtres à balustres. Des galeries étagées (fig. 356)

L'ISDO-CfllNE. 4i9

conduisent du premier au second étage. Ces galeries sont décorées avec ime richesse inouïe, et leurs toits grimpant les uns sur les autres, s'élan-

Fig. m. — Pilastre da tempto de Méida.

çant de tous les côtés en torsades, en flammes et en végétations de pierre des plus bizarres, se hérissant de monstres invraisemblables, produisent

une confusion extraordinaire, mais bien en rapport avec les paysages prodigieus qui les entourent ; Us s'y fondent naturellement, enfantant un ensemble harmonieux et logique qui a frappé tous les voyageurs.

Des tours semblables à celles que nous reproduisons ligure 337, s'élèvent aux angles du second étage. La troisième galerie est dominée par les tours du sanctuaire.

L'entablement de la porte d' Angkor-Vath , que nous montre la

Fig. 3.i!>. — T6le de Bralima Irouïéo dans les fouilles du temple de Plmaiii-Boc[Musé« Khnicr;.

figure 338, nous permet de nous faire un peu une idée du génie décoratif des artistes khmers. On voit qu'ils mariaienf, dans leurs ornements, les produits do tous les règnes de l'bistoire naturelle. La figure humaine s'y joue dans toutes les positions au milieu de lianes, de feuilles et de fleurs de toutes sortes, avec lesquelles elle ne semble faire qu'un, tellement qu'il en résulte parfois une certaine confusion . Quelquefois, la bayadère, que nous voyons se livrer à ses danses au sein des enroulements d'une végétation luxuriante, semble être la fleur natU' relie de la plante qui la porte. Ailleurs, les feuillages se développent

en berceau autour d'un être divin, lui forment un lit ou un trône. Le serpent à plusieurs têtes fait son apparition parmi les branches et vient so

Il du premier au second étage d'Angkor-VsIb.

poser en diadème sur le front de la figure couchée. Le règne minéral n'a pas été oublié. Il se présente sous la forme de cascades de bijoux, de mer de pierreries courant sur des moulures, formant colliers autour des

colonnes, se mariant aux feuilles brillaminenl découpées, en enfaDlsnl elles-mêmes par leurs bizarres combinaisons. Les sculpteurs ont dc-

Fig. 3S7. — Tour d'angle de II seconde galerie d'Aogkor-Yjili.

mandé à la pierre de tout reproduire, d'incarner toutes les rantaifia d'tine imagination étrange (fig. 359).

i L'ASIE.

LcH murs du sanctuaire d'Angkor sont célèbres par leurs sculptures.

Fig. 350. — FrUe à Angkor-Vatli.

Ou y voit représentés, dans des bas-reliefs contenant des milliers de personnages, les épisodes importants du Ramavana.

Fig, 3U0. — Armée en mirche [bss-relior de It gderie d'Angkor-Vïtli),

Ici, ce sont des luttes homériques où pullulent les guerriers et les chars, des mêlées immenses, un carnage effroyable, une tuerie unÏYerselle. Tout cela est doué d'une vie intense, pleine de confusion el de colère. Les héros combattent contre des monstres ou des divinités malfaisantes aux traits horribles et à la taille gigantesque. D'autres divinités prennent part à la lutte, montées sur des éléphants ou traînées par des dragons.

L'INDO-GHINE. «5

B L'un frappe l'autre, qui frappe celui-ci, renverse celui-là au même

iûsfant qu'il est renversé ; celui-là prend celui-ci qui veut prendre, et

tel mord tel autre qui veut mordre. »

La figure 360 nous montre une armée en marche. 11 y a dans cette

composition un élan extraordinaire. On y sent l'écoulement de tout un

peuple conquérant vers des contrées qu'il rêve d'asservir. C'est une de ces puissantes migrations armées comme l'Asie nous en offre seule l'exemple et qui peuvent seules aussi nous expliquer les bouleversements prodigieux dont cette partie du monde a été si souvent le thé&tre.

Ailleurs, comme nous le montre la figure 36i , nous voyons la mort du roi des singes, qu'une flèche a frappé à la poitrine. La guenon, son épouse, lui soutient la tête, tandis que le plus jeune de ses enfants s'approche pour embrasser ses genoux. Les singes courtisans entourent de toutes parts leur roi qui semble exprimer ses dernières volontés.

Les villes principales. — Llndo-Ghine, extrêmement peuplée sur certains points, à peine habitée dans d'autres, contient quelques villes importantes, mais dont un très petit nombre sont fréquentées par les Européens.

Saïgon (82,000 hab.), chef-lieu de la Cochinchine française, se divise en ville française, remontant à une époque assez peu éloignée, et en ville cochinchinoise. Le quartier cochinchinois est formé par une réunion de bâtisses légères semées au hasard, que les naturels ont construites autour du centre européen. Saigon, grâce à sa position sur un fleuve profond et à son peu de distance de la mer, a une grande importance maritime.

Hué (100,000 hab.), capitale du royaume d'Annam, passe pour une des places les plus fortes de l'Asie orientale. Les arsenaux, les casernes et les magasins s'élèvent sur un canal qui traverse la ville. Le palais Royal, d'une construction massive, occupe un espace très vaste et comprend plusieurs corps de bâtiment. Six temples environnés d'une enceinte sont consacrés aux guerriers qui se sont distingués sous les derniers rois de la Cochinchine.

Kecho (60,000 hab.), dans le Tonkin, est une ville beaucoup plus considérable que sa population ne semblerait l'indiquer. D'immenses jardins, quelques édifices, bâtis généralement en briques, des cabanes quelquefois agglomérées et dans d'autres endroits disséminées parmi des cultures, donne une physionomie toute particulière à cette ville qui est peu fréquentée par les Européens.

Phenom-Peiih (15,000 hab.), sur le Mékong, a succédé comme capitale du Cambodge à Oudong^ ancienne résidence royale, ville aujourd'hui déchue et située à peu de distance des ruines d'Angkor.

Singapore^ ville anglaise située au débouché du détroit de Malacca, à l'entrée des mers de l'extrême Orient, est le centre d'un commerceimmense et est habitée par des gens de toutes les nations.

« Les rues, où s'agite la population la plus hétéroclite, présentent un spectacle extraordinaire. Outre les Chinois qui dominent, vous y voyez des Indous au buste de bronze, aux longs cheveux flottants ; des femmes malabares au nez orné de pendeloques, aux doigts des pieds garnis d'anneaux d'argent; des Cingalais marchands de bijoux, à la figure efféminée, le grand peigne d'écaillc dans les cheveux ; des Arabes lents et

LINDO-CHINE. «7

majestueux dans leurs robes flottantes, et la Chinoise, naine boufTonne, trottinant effarée dans sa robe de lustrine noire. Quelles couleurs et quels contrastes ! Boutiques malaises, magasins chinois, comptoirs européens; pagodes, templesindous, églises clirétienncs;Brahma, Bouddha, Confucius et le Christ se côtoient, se mêlent et se confondent. Le soir, Tersquatre heures, c'est la promenade sur la place de l'Europe, où délilent CD équipages divers les riches négociants de la colonie, pendant que, sur la place même, déjeunes Anglais se livrent, inconscients d'une chaleur de quarante degrés, au jeu national du cricket. » (Désiré Charnay, Voyagea Java.)

Bahkok (environ 400,000 hab.) est, depuis 1766, la capitale du royaume de Siam. La ville est admirablement située au point de vue des transactions commerciales, aussi est-elle !e débouché d'un grand nombre de produits de l'Asie orientale. Le Mé-Nam, sur les bords duquel la cité est bâtie quand elle n'empiète pas sur le cours même du fleuve qu'elle couvre de ses radeau<( et de ses maisons élevées sur pilotis, présente un port de plus d'un kilomètre de largeur. Bankok a un aspect étrange et bien particulier avec ses pagodes, ses palais semés au milieu de pauvres cabanes construites en bambous, surtout avec ses quartiers baignés ou flottants. Dans les campagnes autour de Bankok, les canaux enfantés par le Mé-Nam sont les seules voies de communication employées.

Siam, l'ancienne capitale du royaume, est située dans une île du Hé-Nam au-dessus de Bankok. Sa réputation de belle ville était autrefois générale. Elle passait pour une des plus admirables cités de l'Orient.

ifanrfa/e (90,000 hab.) est aujourd'hui la capitale de l'empire birman. Amerapotira et Ava sont des villes saintes, toutes remplies de pagodes vénérées, mais sans relations avec l'Europe.

Page 1