CHAPITRE V
CoDformatioD du pays. — Les habitants. — Le culte. — L'arcWlecture et les arts. - Les villes principales.
onformatlon du pays. — Le relief du sol de l'Inde divise la contrée en trois régions bien distinctes:
la première comprenant le bassin de rindus; la seconde, formée par la yallée du Gange ; lu dernière se composant du Dckhan. auquel vient se joindre comme anne\e l'ile de Ceylan. Les frontières de l'Inde sont très nettement indiquées. Les monts Soliman , l'Himalaya et le Brahmapoutre, les circonscrivent au nord-ouest, au nord et au nordest. Au sud, la contrée s'avance, en une pointe triangulaire, dans la mer qui lui sert partout de ceinture. Ses côtes sont longées par deux chaînes montagneuses, qui se réunissent à la pointe du triangle, située vers le cap Comorin. Elles laissent entre elles un immense plateau qui leur emprunte sa forme et qui va s'appuyer aux monts Vindhya, monts formant la base du triangle {fig. 362).
« L'Inde, dit Maltebrun, doit en grande partie la ferlilité de son sol k la quantité de fleuves, de rivières et de torrents qui l'arrosent. Les sn- ■ciens et les modernes ont été frappés de leur aspect imposant. Tous les phénomènes que peut offrir le cours d'un fleuve, se présentent ici sur ■une très grande échelle. D'abord, se précipitant d'une hauteur immense, Jiourrics de toutes tes neiges de l'Asie centrale, les rivières de l'Iode
resaemblenl déjà, par leur volume d'eau, à nos plus grands fleuves, aux U«ui mêmes où elles conservent encore la marche impétueuse de nos torrenls de montagnes. »
Les plus grands fleuves de l'Inde sont l'Indus, le Brahmapoutre et le
Fig. 86!. — C«rte de l'Inde.
^nge, L'Indus prend sa source sur le versant septentrional du gigantesque Himalaya, arrose le Pendjab et se jette dans !a mer des Indes, à 'ouest de rindoustan. Le Brahmapoutre, qui esrt situé à l'est, reçoit plus de soixante rivières, presque toutes navigables, et se jointau Gange «Q arrivant dans le golfe dn Bengale.
Le Gange est le fleuve sacré des Indous : ses eaux sont considérées comme saintes. Cet immense fleuve, qui à Bénarès n'a pas moins de sept kilomètres de largeur, à l'époque deseaiix moyennes, déborde vers le mois de septembre et transforme le Bengale en une espèce de lac. 11 forme à son embouchure un vaste delta marécageux, sillonné par de nombreuses branches dont la principale et la plus occidentale est TOugly. Le Gange se forme par une multitude de torrents qui desceadent des gorges de la montagne, mais la source du fleuve sacré prend dans
Fig, 363. — La source mytUquo du Gange (d'tpria une reprâienution iodoue).
les traditions de l'Inde un caractère mythologique que l'art a représenté.
La figure 363 montre la source mystique du Gange qui s'échappe du mont Mérou. Sur une fleur de lotus, placée au sommet de la montagne, est représentée l'union mystique de Siva et de Parvati, symbole de l'alliance du feu et de l'eau : un tigre est à côté de Siva et un boeuf à côté de Parvati.
L'Inde ne connaît que deux saisons, la saison sèche et la saison pluvieuse. Le climat est très chaud partout et humide dans beaucoup d'endroits, et notamment dans le Bengale, ce qui rend la contrée malsaine. La population, trèsagglomérée, est généralement assez misérable, malgré l'opulence exceptionnelle de quelques personnages. La majeure partie de l'Inde est sous la domination réelle ou nominale des Anglais. Les Français et les Portugais y ont conservé quelques établissements.
Les habitants. — Le costume des habitants de l'Indoustan varie Dalurellement selon la condition de celui qui le porto. Pour les hommes du peuple, il se compose de deux, longues pièces de colonnade blanche : l'une se pose sur les épaules, ou se roule autour de la tête, qui n'est jamais autrement couverte ; l'autre entoure les reins, passe entre les jambes et retombe au-dessous du genou. Les gens riches ont une tu-
Fig. iiiV. — Inde, Boulior i pointe relerde,
QÎque de soie que retient une ceinture de mousseline de couleur. Une écharpe passée sur l'épaule et un turban complètent leur vêtement. Le costume des femmes est à peu près le même que celui des hommes. En habits de fête, on porte quelquefois une longue robe de mousseline presque transparente. Les hommes ont toujours les cheveux rasés et laissent seulement une mèche sur te sommet de la tête.
On se rappelle la magnifique collection de chaussures indiennes qui figurait à l'exposition du costume, organisée par l'Union centrale des
beaux-arts appliqués à l'industrie. Nos figures pourront donner une idéedelaricbesse, et de la variété de ces chaussures ; les Indous en effet, attachent à cette partie du costume une importance toute particulière.
F\%. 3T0. — Sandale de Poridlclidry
Les pantoufles brodées à pointes recourbées (fig. 364, 365, 366 et 367]se portent pour sortir dans les palanquins et pour les visites de cérémonie. Dans l'iatérieur des appartements, on se sert également de sandales en bois ou en cuir, qui ne sont pas moins ornées (fig. 368, 369 et 370).