TS
impur, et même dans la vie ordinaire d'un Parsis, une lumière doit être éleÎDte non avec la bouclie, mais arec un éventail. L'eau souillerait le feu sur lequel on la jetterait, et, pour éteindre les incendies, on se sert de terre ou de sable.
mAV
Fig. )8T. — Prttre Parri* (d'après une peintura de Regamef)
Les Parsis ont à Bombay un cimetière spécial, placé sur une colline ^i domine la c6te. Le haut de la colline est percé d'un trou large et profoud, divisé en trois compartiments : un pour tes hommes, un pour les femmes et un pour les enfants. Le corps du défunt , porté par des hom-
La tour du Silence, à Bombay (clmeUère des Parsii;. (D'après une peinture de Regamey).
nesvètusde robes blanches et voilés d'un capuchon assez analogue à celui it tira pénitents, et suivi d'une longue procession, où l'on marche deux i deux, chaque couple étant attaché par un mouchoir blanc, est déposé >ur un petit mur d'appui, où les vautours, nombreux en cet endroit, vien- Bent aussitôt les dévorer. Les parents se tiennent à distance en épiant
soigneusement quel œil sera arraché le premier, car on augure de là une destinée bonne ou mauvaise pour l'àme. Ensuite on précipite Jes ossements dans le puits, sorte de fosse commune où les corps se décomposent sans que la terre les recouvre jamais. Le cimetière des Parsis à Bombay a reçu le nom de tour du Silence {Rg. 388).
L'architecture et les arts. — Les monuments de l'Inde peuvent se rattacher à trois types principaux : les temples souterrains, les pagodes à formes pyramidales et les édifices à dômes multiples dérivant plus ou moins de l'arl musulman , Les temples souterrains se trouvent à peu près
FIg. M9. — Temph soatemln d'Ellon.
exclusivement dans les montagnes qui bordent la côte de Malabar. Les grottes d'Ëléphanta et celles d'Ellora sont les plus célèbres parmi ces constructions creusées dans le flanc des rochers, et auxquelles on n'est pas encore arrivé à donner une date Lien précise.
Éléphanta, ilôt rocheux situé en face de Bombay, doit son nom à un éléphant de pierre sculpté, dont la grandeur dépasse trois fois celle de l'animal vivant. Sur son dos est un autre animal qu'on croit avoir été un tigre, mais l'état de délabrement où esl aujourd'hui le monument ne permet guère d'en juger. Un sentier qui serpente sous d'épais ombrages mène à la célèbre caverne à laquelle l'ile d'Ëléphanta doit sa célébriié. L'énorme voûte qui s'enfonce dans le roc est flanquée de chaque côté de chapelles latérales dont l'entrée est décorée d'images colossales, t»
LiNDE.
grolte d'Eléphanta était consacrée à Siva, l'une des trois divinités de la Trimourti indoue.
Le système de conslruction employé dans les temples souterrains de rindostan présente, malgré les grandes différences de style, une certaine aoiilojrie avec celui qu'on trouve dans les hypogées de l'ancienne Egypte. Il n'ciiste pas dans ces monuments de pierres rapportées, mais la montagne elle-même a été évidée pour former les grottes dont les colonnes sont taillées à mtfmele rocher. Quelquefois de vastes constructions monolithes, appartenant également à la montagne, s'élèvent au-dessus de
Fig. 390. — Li pointe dn Deklian et l'll« de Ce;Un
terre, extérieurement aux souterrains. Tels sont par exemple les temples d'Ellora.
Toutes les parties du monument, travaillées de main d'homme, no forment qu'un seul et même bloc, bien qu'elles semblent avoir été construites pierre par pierre : c'est un rocher taillé en forme de temple. L'ornementation âne et délicate des détails ressemble à un travail d'orfèvrerie plutôt qu'à de la sculpture monumentale. Les parois des murailles sont couvertes de milliers de statues et de sujets relatifs à la mythologie indoue. Tous les souterrains d'Ellora (fig. 389) sont creusés dans la montagne et présentent une grande quantité de salles et de galeries taillées
dans le roc vif ; on y trouve des colonnes massives et de dimensions gigantesques qui sont d'un seul morceau avec leur entablement. Desélépbants de grandeur colossale servent de base à des quartiers de roches énormes, et tout dans l'aspect produit une impression étrange, quifrappe l'esprit de stupeur sans éveiller jamais l'idée de beauté telle que les Grecs l'ont conçue.
Nous n'entreprendrons pas de décrire en détail ces immenses cods-
Fig. 391. — Pagode du □
tructions d'ËUora ; toute une montagne est métamorphosée en demeures mystérieures pendant un espace de près de deux lieues. C'est un dédale de temples, de corridors, de chapelles, dont toutes les surfaces sont couvertes de bas-reliefs et de rondes-bosses.
C'est dans la pointe du Dekhan et dans l'île de Ceylan (fig. 390), que le style des pagodes à forme pyramidale a pris son plus grand développement. Les monuments qui s'y rattachent ne se rencontrent qu'exceptionnellement dans l'Indostan septentrional et dans la vallée du Gange. Ces édifices, qui ne sont pas, comme les précédents, creusés dans la montagne, mais qui sont composés de matériaux rapportés, sont
souvenl des forteresses en même temps que des pagodes. Les pagodes complètes se composent de plusieurs corps de bùtiments. Le temple
proprement dit est un édifice rectangulaire surmonté par une pyramide à un ou plusieurs étages, et contenant le sanctuaire où est placée
l'image du dieu. La base présente la forme d'un cube et la partie supérieure de la pyramide se termine en général par une petite coupole. Cette disposition est très visible sur la pagode du mont Kumpy représentée sur la figure 391. C'est ici la forme la plus simple et probablement la plus primitive des pagodes, mais cette décoration rectiligne de la pyramide est extrêmement rare, et elle est beaucoup plus souvenl
Fig. 393. — PorUil à Serlnghon
surchargée de statues et de bas-reliefs dont l'ensemble produit presque toujours une assez grande confusion. Quelquefois aussi c'est une galerie, au lieu d'une coupole, qui forme le couronnement de la pyramide, dont la base est percée d'une porte assez élevée. La pagode de Tiroulinar (fig. 392) peut donner une idée de ce genre de pagodes, dan^ lequel la grande porte de la pyramide fait (ace à une grande cour qui rappelle celles de nos cloîtres.
Ces tours pyramidales, qui sont souvent très élevées, puisque quelquesunes ont douze et quatorze étages, forment le trait distinctif de l'archi-
teclure indoue. H y en a quelquefois plusieurs dans la même enceinte, surgissant au milieu des bâtiments divers, des galeries, des salles, des cours, des étangs, des jardins, et de tous les accessoires qui constituent en Inde un édifice religieux. Un autre trait qu'il ne faut pas oublier, c'est le portail, qui précède la pagode, à Tentrée des avenues, et semble une sorte d'arc de triomphe (fig. 393). Nous avons vu en Chine et au Japon des portes du même genre, bien qu'elles soient d'un style décoratif différent. Les colonnes que nous voyons ici sont assez élancées, tandis que celles que nous avons vues dans les souterrains d'Ellora avaient au contraire une forme trapue très caractérisée.
u En examinant les monuments de Tlndoustan, dit Batissier, dans son Histoire de l'Art monumental^ on remarque que, malgré la variété de leur décoration, ils ont entre eux la plus grande affinité, et qu'ils ont un caractère d'originalité tout à fait national. Dans les proportions que comportent les ordres de l'architecture indoue, il y en a qui sont à peu près les mêmes que celles qu'on retrouve dans les ordres grecs ou romains; cette analogie est même si frappante, qu'on pourrait la regarder comme n'étant pas seulement l'effet du hasard, s'il n'y avait pas chez les Indous d'espèces de colonnes, les unes plus trapues que le toscan, les autres plus élancées que le composite. La forme des colonnes est toujours ronde chez les Grecs ; elle est souvent carrée et à pans coupés chez les Indous. Les premières ne peuvent être décorées que de cannelures, les secondes sont quelquefois surchargées d'ornements, à ce point même que la colonne offre des sculptures gigantesques en rondebosse, représentant des personnages ou des figures symboliques. Il ne faut pas perdre de vue, non plus, que, si la loi des entre-colonnements est à peu près identique chez les deux peuples, les rapports qui existent entre les diamètres inférieur et supérieur des fûts ne sont pas du tout établis d'après la même loi. On connaît la forme des chapiteaux grecs et romains. Dans les temples de l'Inde, les chapiteaux sont en général si surcharges de figures, de bas-reliefs, qu'ils semblent des œuvres de pure fantaisie. Enfin l'entablement, dans les monuments de l'antiquité occidentale, varie suivant les ordres et est beaucoup moins riche que celui des Indous, qui est à peu près le même dans tous les édifices. »
La pagode de Soubramanyer, à Tanjour, offre un joli spécimen de colonnes : cet édifice est considéré comme une des merveilles de Tarchitecture indoue. Tanjour, aujourd'hui déchue, a été une des places les plus importantes de Tlnde : le temple dont la figure 394 reproduit un fragment est dédié à Vichnou, dont l'image vénérée apparaît dans une niche à côté de l'oiseau Garouda. Une énorme gargouille se détache de l'édifice au-dessous de la statue : elle sert à conduire dans un réservoir l'huile ou l'eau employée pour oindre l'idole.
Lie fragment de la pagode de Sarputhra représenté sur la figure 395
montre un de ces autels extérieurs que les Indous répandent à profusion dans leurs édifices religieux. C'est une architecture toute de pla-
cage, dont la décoration étrange est quelquefois gracieuse, mais jamais logique. Des statuettes d'applique, ou des idoles portées sur des colon-
nelU's, qui oruent la construction sans la faire comprendio, font tous les frais de cette ornementation, qui ne semble pas former une partie indispensable du monument, mais qui le pare d'une façon assez riche.
Nous avons un curieux spécimen de l'arcliîtecture militaire des Indous, dans l'antique ville de Gwalior, dont la fondation, seloû les traditions de l'Inde, serait antérieure de plusieurs siècles à Jésus-Cbrist.
C'est une forteresse importante en niùnie temps qu'un des points les plus intéressants pour l'étude des anciens monuments. Élevée sur un roc escarpé, qui de tous les côtés forme des falaises à pic, elle était deslÎDée, par sa situation, à devenir une des grandes stations militaires des Anglais, qui s'en sont emparés en 1857. Autrefois les trésors et les pnsons d'Etat des empereurs mongols étaient sur ce plateau, qui n'offre plus aujourd'hui qu'un amas de décombres, où se dressent pourtant encore de superbes édifices qu'on détruit tous les jours pour élever des casernes. Les habitants l'ont d'ailleurs abandonnée et ont
été fonder dans la plaine, au pied de Fancienne Gwalior, une ville tiouyelle qui porte le même nom.
Sous le rapport de Tarcbitecture ciyile, Oudeipour passe pour une des merveilles de Tlnde. Une longue suite de forts, de palais, de pagodes, de jardins au bord d'un lac, un amas fantastique de tours, de clochetons, de maisons étagées en terrasses et un immense palais de marbre blanc qui domine le tout, donnent à cette 'ville, située au bord d*un lac, un aspect féerique.
Le besoin de fraîcheur, sous le climat brûlant de Tlnde, a introduit dans les palais des opulents personnages, Tusage des étangs d*eau dormante, où se mirent les bouquets d'arbres et la silhouette des dômes. Comme tout en Inde prend un caractère religieux, Tétang est établi en vue des ablutions pieuses, et une pagode s'élève au milieu, comme le montre la figure 396 qui représente un étang d'ablutions à Negapatam.
Une grande partie des palais de l'Indostan sont menacés d'une ruine assez prochaine parce qu'ils ne sont pas entretenus. Quelques-uns ont été tout à fait abandonnés par les rajahs qui y avaient autrefois leur résidence, et le respect religieux qu'ont les pauvres gens pour tout ce qui a appartenu à leurs souverains, les empêche de s'y établir, en sorte qu'on voit une multitude de huttes misérables groupées autour d'un palais que personne n'habite. Les animaux, qui n'ont pas les mêmes idées que nous sur les convenances, sont quelquefois moins gênés. C'est ce qui est arrivé au palais d'Amber, tout décoré de fresques et de mosaïques superbes. Ce palais, qui servait autrefois de logement aux femmes des anciens rois, aujourd'hui ne contient plus que des singes, très inoffensifs, il est vrai, mais dont la malpropreté forme un contraste choquant avec la splendeur de l'édifice.
Nous empruntons à M. Rousselet la description du Tadj à Agra :
« Le Tadj se dresse sur les bords de la Jumna, élevant son croissant doré à deux cent soixante-dix pieds au-dessus du fleuve; le jardin^qui le précède est entouré de hautes murailles crénelées, avec d'élégants pavillons aux angles. L'entrée principale est une porte monumentale en ogive, contenant plusieurs salles et couronnée d'un cordon de kiosques ; la façade en grès rose est rehaussée par des bandes de marbre blanc ; les tympans de l'arche centrale sont ornementés de mosaïques en agates et onyx. Un beau cloître entoure la cour d'entrée et forme un caravansérail pour les voyageurs. »
« Franchissant le portail, on se trouve soudainement en face du Tadj, qui apparaît dans une éclatante blancheur à l'extrémité d'une large allée pavée et bordée de hauts cyprès. Cette première vue est saisissante; cette resplendissante montagne de marbre blanc se dresse, surnaturelle, au-dessus de la sombre et puissante végétation qui remplit le jardin. -«< Le mausolée du Tadj s'élève du centre d'une plate-forme en grès
roupe, dont un des côtés baigne dans la Jumna, l'autre n'avaul que quelques pieds au-dessus du niveau du jardin. Une superbe terrasse de
Fig. 397. — Uimitnra Indoae.
marbre blanc, haute de cinq mètres et mesurant95 mètres sur les côtés, lui sert de piédestal. De chaque ang-le de la terrasse s'élance un minaret de marbre supportant une légère coupole, à 150 pieds au-dessus des
dalles. Le mausolée lui-même est sur le plan d'un octogone irrégulier, dont les plus grands côtés mesurent 40 mètres; le sommet en terrasse porte quatre paviUons placés aux angles et un dôme majestueux s'élevant du centre ; les façades sont percées chacune d'une haute porte sarrasine, flanquée de deux étages de niches.
«... L'édifice entier, de la base au sommet, est en marbre blanc, incrusté de mosaïques, formant des bandes d'inscriptions, des arabesques, des ornements, et disposées avec tant de goût, que, malgré leur nombre, elles ornent leur monument sans l'écraser. 11 n'est pas une partie de l'extérieur, à Texception de la calotte même du dôme, qui ne soit ornée de ces merveilleuses incrustations. ... L'intérieur surpasse encore en magnificence l'extérieur : la voûte, les parois, les pierres tumulaires ne sont que mosaïques, bouquets, fruits, oiseaux, exécutés en pierres précieuses. Les tombes de l'impératrice et de Shah Jehan sont au centre de la salle, entourées d'une grille de marbre. Une douce lumière pénètre à travers les fenêtres fermées par des grillages de pierre. ... Selon la règle musulmane, chaque mausolée doit avoir près de lui un lieu de prière ; Isa Mahomed construisit donc à l'extrémité occidentale de la plate-forme une superbe mosquée de grès rouge, surmontée de trois dômes, dont la couleur et les proportions font encore mieux ressortir la blancheur du Tadj. Sa mosquée finie, Isa trouva sa plate-forme boiteuse : le cadre n'était pas complet; pour y remédier, il éleva à l'est un édifice semblable à la mosquée, mais qui, à cause de sa position, ne pouvait être utilisé comme mosquée ; il l'appela Jawâb, ou RéponsCy c'est-à-dire la réponse à la mosquée de l'autre extrémité. Que dire d'un architecte construisant, comme cadre accessoire, un édifice qui ferait l'orgueil de Constantinople ou du Caire? »
La peinture compte à peine dans l'art des Indous. Dans la représentation des sujets religieux, elle est purement symbolique et n'aborde ni l'expression ni la beauté. Il faut pourtant citer les miniatures dont quelques-unes sont d'une grande délicatesse d'exécution. On y remarque en général une influence persane très prononcée (fig. 397).
De même que la peinture, la statuaire est presque exclusivement symbolique, et les très nombreuses représentations de divinités que nous connaissons se distinguent entre elles par la différence de leurs emblèmes, mais pèchent en général par l'anatomie des formes et par le sentiment des grandes lignes.
La divinité patronale de Parenthalagendy (fig. 398) est un groupe gigantesque qui caractérise très bien le style employé pour la sculpture colossale. Le personnage à moustaches retroussées qui occupe le centre de la composition est un héros sectateur de Siva, et les chevaux caparaçonnés qui l'accompagnent paraissent faire allusion à quelque incarnation divine. Suivant les traditions locales, ce monument ne serait
VINDE. 489
(pie la reproduction d'un édifice monolithe, détruit par les bouddhistes vers le huitième ou le neuvième siècle de notre ère.
Les villes principales. — Llnde, qui compte environ 180 millions d'habitants, possède un assez grand nombre de villes importantes. « La plupart de ces villes, dit M. Levasseur, dont le chiffre de population, imparfaitement connu, est d'ailleurs très variable, ne se composent guère, à part quelques beaux monuments, que d'un amas confus de cabanes en bambou ou en pisé, tantôt agglomérées le long de rues étroites et infectes, tantôt s'espaçant sur une étendue immense, au milieu des ruines et des tombeaux. Aussi sont-elles moins, à proprement parler, des villes que de grands villages. »
CALCiTTA (1 ,000,000 d'hab.), capitale de l'Inde Anglaise, est située sur la rive gauche de l'Hougly, le bras le plus occidental du Gange. Cette ville, malgré l'immensité de son commerce et l'opulence de ses habitants, n'offre qu'un médiocre intérêt pour l'artiste. Elle se compose de deux parties: le quartier des indigènes, d'une extrême malpropreté, renferme quelques chétives pagodes, et une énorme quantité de huttes ea paille ou en roseaux, entassées les unes sur les autres. Un quai en briques, aux bords duquel sont amarrés des vaisseaux de tous les pays, el que défend un fort, annonce le quartier européen, remarquable par ses constructions italiennes aux toits à terrasses, ses galeries soutenues par de légères colonnes, ses grandes pelouses de gazons, et les riches villas qui les bordent. Calcutta possède un musée très riche en antiquités deTIndoustan, et quelques édifices modernes bâtis avec un grand luxe, mais dont l'architecture n'offre rien de bien saillant. A 35 kilomètres de Calculla, on trouve Chandernagor^ possession française, dont la population, presque toute indienne, est d'environ 22,000 âmes.
j^Tj Bénarès (186,000 hab.), la ville sacrée des brahmanes, ne jHP' contient pas d'Européens. Nous empruntons à la géogra- HBT^ phie de Malte-Brun la description de cette cité sainte. « La ^ ville est située à la partie convexe de la courbe que le Gange y forme. Son aspect général diffère de celui de la plupart des villes de l'Inde. Le plus grand nombre des maisons sont bâties en pierre, à trois, quatre, cinq et même six étages; aucune n'en a moins de deux. Les toits, fortement inclinés, sont soutenus par des tasseaux gracieusement sculptés, et les façades ornées de balcons et de galeries. La plupart sont enrichies de camaïeux peints des couleurs vives de la tuile, et représentant des hommes, des femmes et des animaux de toute
CLnULOI
espèce, et les dieux du pays avec leurs formes et leurs attributs divers. L'aspect des maisons est exlrémement varié par la profusioD d'ornements ciselés sur le bois ou la pierre de leurs façades. On rencontre presque à chaque pas des temples, en général petits et disposés comme des niches aux angles des rues et à l'abri des toits. La plupart sont couverts de sculptures de fleurs et d'animaux exécutées avec une perfection qu'on ne saurait assez admirer. Des taureaux apprivoisés et coasacrés à Siva circulent libremeat dans les rues, et des myriades de snges parcourent les habitations, courent sur les loits et font une guerre At tous les instants aux marchands de fruits et de confitures, qui, malgré toutes les précautions, ne peuvent toujours soustraire leurs friandises à ces hôtes incommodes. La haute réputation de sainteté dont Bénarès jouit dans l'Inde de temps immémorial attire dans son enceinte une population flottante de pèlerins et de mendiants qui semblent en avoir fait leur rendez-vous général. »
Agra (125,000 bab.), principale ville de l'empire Mogol au xvi' siècle, est célèbre par la beauté de ses monuments: le Tadj, dont nous avons déjà parlé, le mausolée d'Akbar, etc. Delhi (160,000 hab.), ancienne résidence des Grands Mogols, possède aussi de splendides restes de son passé: mais le palais impérial, transformé en caserne par les Anglais, a perdu son caractère primitif. Luknow (300,000 hab.), capitale de l'ancien royaume d'Oude, n'offre pas le même intérêt pour l'artiste, mais est beaucoup plus importante par son commerce et son industrie. Patna, sur le Gange, Cachemire, dans une haute vallée de l'Hymalaya, Bayderabad, ancienne capitale du Nysam, Lahore, capitale du Pendjab, sont les principaux centres de population de l'Inde septentrionale.
Bombât (650,000 hab.) est la ville la plus importante de la câte de Malabar. Elle est située dans une île séparée du continent par un petit bras de mer qui forme en cet endroit une belle rade. Sa population se compose d'Indous, de Mabométans, de Parsis ou Guèbres, de Juifs, d'Arméniens et d'Européens. Ce mélange de races et de mœurs ditlérentes donne à la ville un aspect tout particulier; la bigarrure des costumes, la variété des types, l'allure très dilFéreale des passants qui se croisent
comme dans une fourmilière, saisissent tout d'abord l'étranger qui
arrive en Inde.
Le quartier européen avec ses grands hôtels, ses manufactures et ses
magasins, n'a rien qui puisse attirer l'attention. Mais, dès qu'on entre
dans les rues des quartiers indigènes, on est frappé parles habitations
qui sont légères comme des cages, par les vastes étangs bordés d'escaliers de pierre où les Indous descendent pour se purifier, par la profusion de petits temples qui abritent une sainte image et près desquels les fakirs montrent leurs ongles longs et crochus et leurs visages décharnés. Les rues, étroites et sales sont encombrées d'hommes à demi vêtus de blanc et à la peau couleur de bronze, de femmes étrangement accoutrées de gaze rouge, blanche ou violette, avec des guirlandes de fleurs aromatiques dans leurs cheveux noirs, et une profusion d'anneaux et d'ornements de métal qui couvrent les mains, les bras, les pieds, le cou, les oreilles et même le nez.
Madras (427,000 hab.), centre industriel et commercial très important, est divisé en deux parties distinctes, la ville Blanche et la ville Noire. On dirait l'Europe et l'Asie séparées par une esplanade. D'un côté d'élégantes habitations avec des toits en terrasse, des avenues ombragées, des jardins verdoyants; de l'autre un amoncellement de cabanes, avec une population bronzée qui se presse autour des pagodes. Madras est de beaucoup la ville la plus importante de l'Inde méridionale et de la côte de Coromandel.
PoNDicHÉRT (133,000 hab.), chef-lieu des établissements français de l'Inde, et Karikal^ sont les seuls points qui nous soient restés sur la côte de Coromandel. Colombo et Pointe^ de-GalleSj où relâchent les navires qui vont dans l'Asie orientale, sont les deux points principaux à signaler dans l'ile de Ceylan.